RUPTURE DES CABINETS
nommé l’Espérance, qui bien qu'armé en flûte et portant seulement vingt-quatre canons, se défendit héroïquement cinq heures contre un vaisseau de soixante-quatorze, que soutenait toute une escadre (11 novembre).
Le 21 décembre, le ministre des affaires étrangères, Rouillé, signifia au cabinet anglais que « Sa Majesté Très-Chrétienne, avant de se livrer aux effets de son ressentiment, demandait au roi d'Angleterre satisfaction de toutes les saisies faites par la marine anglaise, ainsi que la restitution de tous les vaisseaux, tant de guerre que de commerce, pris sur les Français, déclarant qu’elle regarderait le refus qui en serait fait comme une déclaration de guerre authentique. » Le parlement anglais, un peu ébranlé par le cri d’indignation qui s’était élevé dans toute l’Europe contre l’éclatante violation du droit des gens, n'avait osé prendre la responsabilité de requérir le roi George II de déclarer les prises légitimes. Le cabinet de Saint-James ne trancha pas non plus la question de droit, mais refusa de relâcher ies vaisseaux enlevés, préalablement à la réouverture des négociations (13 janvier 1756). Le cabinet de Versailles se résigna enfin à mettre lembargo sur les bâtiments anglais dans nos ports (23 janvier) et à accepter comme un fait la guerre qu’on lui faisait depuis un an".
1. Flassan, t, VI, p, 36. — Journal de Louis XV, t. II, p. 108-119,