Lémontei, à Ier, p
dans le même but. Un homme d’une rare Intelligence et d’un caractère élevé, le grand-vizir Ibrahim, avait compris les causes des derniers revers de sa nation et voulait en prévenir le retour, non point par {e réveil du fanatisme musulman, désormais impuissant contre la discipline des chrétiens, mais par l'initiation de la Turquie aux arts de l'Occident et par son entrée dans le système de l'équilibre européen. La France était la seule grande puissance continentale dont les intérêts fussent conformes à ceux de l'empire otkoman, et la force des choses, malgré les préjugés réciproques, avait sans cesse rapproché les deux états depuis deux siècles. Ce fut donc à la France qu'Ibrahim s’adressa pour préparer les moyens de contenir l’Autriche et la Russie. Les usages orgucilleux de la Porte, qui recevait des ambassadeurs et n'en envoyait pas, avaient déjà fléchi devant les armes autrichiennes; Ibrahim les fit fléchir devant la France et dépêcha au régent une solennelle ambassade, qui apporta, comme avance courtoise, l’autorisation de réparer l’église jatine du Saint-Sépulcre tombée en ruine, autorisation sollicitée longtemps en vain par le Grand Roi (mars 1721). L'ambassadeur eût dû être reçu à bras ouverts : il fut accueilli avec une extrême froideur. Cette fois, ce n’était plus l’Angleterre seule, mais encore l’empereur et le pape, dont on avait à prévenir les ombrages; Dubois ne s'était pas contenté d’un seul maître étranger ; il s’en était donné d’autres, dans un intérêt personnel dont nous parlerons tout à l'heure. L’ambassadeur Othoman ne put pas même aborder le véritable objet de sa mission. Il fit une proposition qui honorait son gouvernement : c'était de mettre un terme à la double piraterie des Barbaresques contre les chrétiens et des chevaliers de Malte contre les musulmans. I] n'obtint rien : c’eût été blesser la cour de Rome, qui tenait à l’ordre de Malte comme à toutes les traditions du moyen âge !. Il n'obtint pas même la liberté d'esclaves turcs confondus sur les
à pirater et il y eut moins de protection que jamais contre eux, car l’ordre de Malte, n'ayant plus de butin à espérer, ne fit plus que des simulacres de course et perdit peu à peu ce qui lui restait d'esprit militaire, On sait dans quelle mollesse et