TRAITÉ DE SÉVILLE
dauphin de France (4 septembre 1729) dissipa les vagues espérances que Philippe V et sa femme avaient toujours gardées sur la couronne de Louis XIV ; Élisabeth se rattacha d'autant plus âprement à ses ambitions italiennes et, ne réussissant pas à séparer la France de l’Angleterre, elle accepta ce que ces deux alliées lui avaient offert ensemble. Au mois de novembre 1729, ces longues intrigues aboutirent à un traité signé à Séville entre la France, l'Angleterre et la Hollande, d’une part, et l'Espagne, de l’autre. Il ne fut pas question de Gibraltar. L’abolition des clauses du traité de Vienne contraires aux traités de commerce antérieurs, le rétablissement de l’état de choses qui existait avant 1725, article tout à l'avantage des Anglais, l'introduction de six mille Espagnols dans les places du Parmesan et de la Toscane, l’adhésion de l’Espagne aux poursuites des alliés de Hanovre relativement à l’abolition de la compagnie d’Ostende, telles furent les principales clauses du pacte qui brisa la fragile alliance de l'Espagne et de l'Autriche *.
L'empereur éclata en plaintes et en reproches, comme s’il eût agi avec toute la droiture imaginable : il s’efforça d’armer l’Empire en faveur de sa cause ; il invoqua les promesses de la Russie et de la Prusse; mais la diète germanique ne s’engagea pas dans la querelle : la Russie avait encore essuyé un changement de règne; Catherine, morte le 16 mai 1727, avait eu pour successeur l'enfant qu’elle avait écarté du trône, le petit-fils de Pierre le Grand, Pierre IL : la Russie ne bougea pas; le roi de Prusse, monarque très-militaire, mais très-peu guerrier, se garda bien de se compromettre. Charles VI, abandonné à ses propres forces, fit bonne contenance et rassembla des troupes nombreuses dans le Milanais, pour s'opposer à l’entrée des Espagnols dans l'Italie centrale. L'Espagne réclama le secours de ses nouveaux alliés et la guerre, au bout de laquelle elle voyait la recouvrance des Deux-Siciles. On négocia au lieu d'agir. Fleuri ne voulait de guerre avec personne. L’Angleterre ne voulait point de guerre avec l'Autriche. Une fois remise en possession des priviléges commerciaux que lui assuraient ses traités avec l'Espagne, elle visait maintenant à se