‹ Histoire De France Volume 16Chapitre 166 sur 346 · TÜURGOT ET LE PARLEMENT · texte numérisé non relu

TÜURGOT ET LE PARLEMENT

pairies et des grandes charges de la maison du roi jusqu'aux gardes des métiers et aux titulaires des maîtrises, s’agita comme une ruche, ou, plutôt, comme un immense essaim de frelons troublé dans son domaine. La Guerre des Farines avait échoué. On prépara une résistance désespérée sur un autre terrain. Déjà l’opposition s'était manifestée dans le conseil même. Maurepas n'avait rien dit, mais le garde des sceaux, Miromesnil, l’homme de Maurepas, n’avait pas eu honte de défendre la corvée, cette odieuse imitation des abus féodaux, par laquelle la monarchie du xvr® siècle avait achevé d’écraser les taillables des campagnes : il avait combattu, au nom des priviléges nécessaires de la noblesse, l'établissement d’un impôt sur Les propriétaires pour la confection et l'entretien des routes. Turgot répondit à Miromesnil avec sa vivacité ordinaire : « M. le garde des sceaux semble adopter le « principe que, par la constitution de l’état, la noblesse doit être « exempte de toute imposition. Cette idée paraîtra un paradoxe « à la plus grande partie de la nation. Les roturiers sont certai- «nement le plus grand nombre, et nous ne sommes plus au « temps où leurs voix n'étaient pas comptées'. » Le roi se prononça pour Turgot, et signa les édits ?.

L'opposition se concentra dans le parlement, devenu, comme Turgot l'avait bien prévu, le quartier-général de tous les intérêts stationnaires ou rétrogrades. Le parlement prit l'offensive dès le 30 janvier. Un jeune conseiller, d'Éprémesnil, qu’attendait une tumultueuse renommée , dénonça à la compagnie, en présence des princes et des pairs, une brochure anonyme contre la corvée, et, à cette occasion, déclama dans les termes les plus virulents contre la secte des économistes et contre Turgot, désigné aussi clairement que s’il eût été nommé. L’avocat-général Séguier le prit de haut avec le pamphlet dénoncé, écrit futile, « plus digne de mépris que de censure. » Le parlement supprima l’écrit, qui n’était rien moins que l’œuvre de Voltaire. Trois brochures

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