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du consentement de ceux qui sont gouvernés ; que, quand un gouvernement ne tend point à ces fins, le peuple est en droit de le changer ou de l’abolir et d’en établir un nouveau, fondé sur les principes qui lui paraîtront les plus convenables à sa sûreté et à sa félicité. »
Suit l'exposé des griefs qui réduisent les colonies d'Amérique à la nécessité d’user de ce droit suprème.
« En conséquence, nous les représentants des États-Unis de l'Amérique, assemblés en congrès, prenons à témoin de la droiture de nos intentions le Juge suprême de l'Univers, publions et déclarons solennellement, au nom et par l'autorité du bon peuple de ces colonies, que ces provinces unies sont et ont droit d’être des états libres et indépendants ; qu’elles sont absoutes de la fidélité qu’elles devaient à Sa Majesté Britannique ; que toute liaison entre elles et la Grande-Bretagne est et doit être rompue ; et que, comme états indépendants, elles ont pouvoir de déclarer la guerre et de faire la paix, de former des alliances, d'établir un commerce, en un mot, de faire tout ce que les autres états indépendants ont droit de faire; et, pour le soutien de cette Déclaration, comptant d’ailleurs sur la protection de la divine Providence, nous engageons mutuellement nos vies, nos biens et notre honneur sacré. »
Tel fut l'acte de naissance de la plus libre, et l’on dira bientôt de la plus vaste société qui ait jamais été dans le monde. Le mariage du christianisme protestant et de la philosophie du xvue siècle avait engendré cette grande progéniture. Deux hommes de premier ordre devaient être les sauveurs et les guides de son enfance, et chacun d’eux représentait plus particulièrement une des deux origines : Washington, la tradition, mais progressive et transformée, le protestantisme éclairé et tolérant ; Franklin, l'esprit du siècle, le mouvement de Locke à Rousseau,
a philosophie, mais religieuse.
1. L'acte d'union entre les treize états fut publié trois mois après la Déclaration d'indépendance (4 octobre 1776}. Chaque état restait maître de sa constitution et de son administration intérieure. Au congrès général appartenaient le droit de guerre et de paix, et toutes les relations extérieures, la monnaie, les poids et mesures, les
postes, la quotité et l'emploi des impôts nationaux, enfin tout ce qui regardait les armées de terre et de mer.