‹ Histoire De France Volume 16Chapitre 244 sur 346 · COMPTE RENDU · texte numérisé non relu

COMPTE RENDU

qu’avaient pensé les personnes peu familiarisées avec les questions de finances, c’est-à-dire presque tout le monde. Ce n’était nullement l'exposé exact de la totalité des recettes et des dépenses, de l'actif et du passif de l’État. Premièrement, les charges extraordinaires de la guerre et les dispositions financières du service des armées n'y sont point indiquées, omission qui se peut excuser par des motifs assez plausibles. Il n’y a rien non plus sur la dette flottante ou arriéré exigible. Secondement, le tableau détaillé des finances ne comprend pas le revenu total, montant à environ 430 millions, mais seulement les 264 millions versés et payés par le Trésor; les 166 millions restants étant versés dans diverses caisses, dont le ministre lui-même connaît mal les opérations. Ce n’était pas la faute de Necker : il avait au contraire, comme nous l'avons montré, pris les mesures nécessaires pour changer cet état de choses, et ces mesures étaient en cours d’exécution. Troisièmement, pour la part de l'impôt versée directement au Trésor, le Compte rendu n'offre pas même le bilan spécial de l’année 1781, où l’on entre. Il ne donne qu’une espèce de moyenne abstraite des revenus et des dépenses ordinaires, ne s'appliquant en particulier à aucune année et faisant abstraction des circonstances particulières à l'exercice courant; par exemple, de 119 millions versés au Trésor par les receveurs-généraux, dans l’année normale, Necker ne déduit pas 11 millions qui, en 1781, n’arriveront pas au Trésor et seront appliqués à des dépenses extraordinaires; de même, il ne déduit pas de certains fonds consommés d'avance et qu’on ne touchera pas cette année. Son état de recettes dépassant les dépenses était ainsi purement fictif et ne se rapportait qu'à une situation normale qui pouvait ne pas revenir et qui ne revint point, à la vérité par le fait d'autrui. « En dernier résultat, le Compte rendu était un travail fort ingénieux, qui paraissait prouver beaucoup et qui ne prouvait rien‘. »

Ce ne furent pas toutefois les inexactitudes ou les illusions du Compte rendu qui perdirent Necker : ce furent les vérités que renfermait ce travail et les projets utiles qu’il annonçait.

Au début, Necker n’avait eu contre lui que le clergé et Les éco-

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