GALONNE ET NECKER
comptait tirer quelque avance à l’occasion ‘. Il battit monnaie avec des créations d’offices dans les finances, rétablit tous ces officiers alternatifs, tous ces doubles emplois qui avaient disparu sous Turgot et sous Necker, et fit un énorme cadeau, toujours aux dépens de l’état, aux receveurs-généraux qu’il venait de reporter du nombre de douze à celui de quarante-huit. Il cireulait encore pour 32 millions de ces rescriptions dont le paiement avait été autrefois suspendu par Terrai. Au lieu de faire racheter par la caisse d’amortissement ces effets dépréciés, Calonne laissa opérer ce rachat, à bas prix, par les receveurs-généraux et leur en tint compte au pair.
Le premier emprunt de Calonne et les fruits de ses expédients étaient consommés. Il fallait de nouvelles masses d’or, et déjà, cependant, le public se désillusionnait. Une publication trèsinopportune pour le contrôleur-général eut lieu sur ces entrefaites (fin 1784); ce fut Le Livre de Necker sur l'Administration des finances?, œuvre des loisirs d’un ministre déchu ct fort désireux de se relever et d’en démontrer la nécessité au public. Ce livre, loin de pécher par l'excès de hardiesse, indiquait ur esprit déjà dépassé par le mouvement des choses : Necker en était encore aux réformes partielles et compatibles avec le maintien des priviléges; néanmoins le bon sens et la moralité qui caractérisent ses vues offraient, avec ce qui se passait au contrôle-général, un contraste qui ne pouvait échapper à personne?. Ses plans sur la modification du fonds et de la perception des impôts furent très-bien accueillis de cette opinion publique à laquelle il avait coutume de faire appel, et l’on fut indulgent pour la personnalité outrée qui rend l'introduction de son ouvrage presque nauséabonde. Le roi, au contraire, fut fort mécontent que Necker eût imprimé et répandu son livre sans autorisation : une lettre d’envoi très-respectueuse ne le réconcilia pas avec l’auteur, et il fut un moment question de signifier à Necker qu’il eût à quitter la
L. Le commerce de l'Inde, si déchu, avait remonté de 8 millions à 20 millions depuis la suppression du monopole,