LE PARLEMENT ET LA COUR
dans les cours du Palais, chansonnaier.t tout haut Madame Déficit. Madame Déficit préparait Madame Veto ! L'irritation contre Marie- Antoinette était arrivée à tel point que, sur l’avis du lieutenant de police, Louis XVI interdit expressément à la reine de se montrer dans Paris'.
Le parlement avait ajourné au 13 août la délibération sur les moyens d'assurer l'exécution de son arrêté du 7. Le duc de Nivernais, pair de France et ministre d’état sans portefeuille?, essaya de calmer les magistrats en leur représentant la nécessité de montrer la France unie et l’état armé de ressources suffisantes, dans un moment où les affaires de Hollande menaçaient de ramener la guerre. D'Éprémesnil le réfuta vivement, et, à la majorité de quatre-vingts voix contre quarante, la Compagnie persista dans ses arrêtés, déclara les édits du 6 août incapables de priver la nation de ses droits et d'autoriser une perception contraire à tous les principes, et ordonna l’envoi du présent arrêté à tous les bailliages et sénéchaussées de son ressort. Des cris d'enthousiasme accueillirent au dehors la nouvelle de cette décision. D’Éprémesnil fut porté en triomphe. Le peuple ignorait que, dans le préambule de l'arrêté, le parlement eût déclaré qu’on ne pouvait, sans violer les constitutions primitives de la nation, soumettre le clergé et la noblesse à la subvention territoriale, et que ces principes seraient ceux des États-Généraux. Quand on le sut, on en tint peu de compte. Un infaillible instinct avertissait la masse non privilégiée que les États-Généraux ne profiteraient qu’à elle seule?.
La cour répondit par l’exil du parlement à Troies (15 août). Les deux frères du roi furent chargés de faire enregistrer les édits, l’un à la chambre des comptes, l’autre à la cour des aides. Honsieur, qui passait pour exécuter, malgré lui, un ordre qu’il désapprouvait, fut applaudi par le peuple : le comte d'Artois fut sifflé et hué. La chambre des comptes et la cour des aides demandèrent le rappel du parlementet la convocation des États-Généraux. Chaque jour le Palais et les quartiers environnants étaient le