‹ Histoire de France, Volume 2Chapitre 10 sur 11 · TOME, XXyiU Dg,t,zedbyQS>jQgIe · texte numérisé non relu

TOME, XXyiU Dg,t,zedbyQS>jQgIe

exiger de ses nouveaux peuples des tributs que refusa leur humeur indépendante ; ilt rendirent ]s^ couronne à Giilde'ric.

Il parait qu'E^dius , en cessant d'être roi des Francs , resta leur ami , car depuis on le vit constamment secondé }>ar Childéric dans ses guerres contre les ennemis des Armoriques. Au reste , autour de lui tous Içs débris de la Gaule tom« baient rapidement sous le fer des barbares.

Les Francs ripuaires se rendirent définitivement maîtres de Cologne et de Trêves : Les Yisigoths s^çpfip^rèrent de Narbonne ; Egidius les contraignit à lever le siège d'Arles. Enfin,daus Tannée 463, ces mémesV isigoths,commandés par FrédeVic , frère de Théodoric, se joignirent aux Alains établis depuis cinquante ans sur les bords de la Loire. Ces deux peuples , secondés par Adoacre , roi des Saxons , descendu sur les c6tes de TOcéan , s'avancèrent jusqu'aux portes d'Orléans. Egidius et Childéric leur livrèrent bataille et les défirent complètement. Frédéric périt dans ce combat dont Id^ce et Grégoire de Tours nous ont conseryé la mémoire.

f^idius survécut peu de temps à ce der«

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nier triomphe. Syagrius son (îli hérita de son pouvoir , de sa fortune , de son arabi* tion , et non de sa renommée. Dans ce même temps Ricimer , ensanglantant et déshonorant Kome à son gré , empoisonna Sévëre, sa créature, et donna sa couronne , de concert avec l'empereur d*Orient, k un général romain nommé Anthéme. Ce nouvel empereur crut s'affermir sur ce tf Ane chancelant en prenant pour gendre Ricimer , dont l'ingratitude ne trompa que trop son espérance.

Ce fut à la mémeépoque queXhéodoric, roi des Y isigoths , mourut. Éuric son frëre, qui lui succéda , montra pour les Ariens un sële fanatique , et les persécutions qu'il fit éprouver aux catholiques disposèrent les peuples mécontens k la révolution qui , peu d'années ap*'ës , fonda la domination des Francs dans les Gaules.

Euric , aussi belliqueux , aussi ambitieux que ses prédécesseurs « voulait envahir les Armoriqueset l'Auvergne. On voit par une lettre de Sidonius, alors devenu évéque de Clerraont , à quel point les peuples redoutaient le joug de ce prince persécuteur. Sidonius ^ en s'adressant à l'y

ée ses pareils, Avitus , qui jouissait d'une ^nde fortune et d'un grand crédit , lui parle en ces termes : « Vos possessions en » Auvergnedevraient vous y attirer; venez M les voir , les connaître et les défendre :

>» les Visigoths brûlent de s'en emparer.

» Cette province , ruinée par la guerre , » désolée par les invasions , est cependant » encore le but de leur ambition : pour la » posséder , pour l'opprimer, ils abandon- » neraient volontiers leur Septimanie.Puis- » sent le secours du ciel et votre médiai> tion protéger la république et désarmer » les barbares! Depuis long-temps, dépas- » sant les limites des possessions que leur » ont concédées les empereurs , leur au- » dace envahit tout ; ils écrasent tout par M leurs masses; l'influence de votre sa- » gesse les engagera peut-être à la mode* M ration et Rome à la fermeté. »

' L'empereur An thème ne pouvait envoyer des Romains à la défense de la Gaule; mais comme alors les Saxons dévastaient la Grande-Bretagne , un roi breton , Riotame,vint avec douze mille hommes chercher un asile dans les Gaules. Au thème , croyant pouvoir se servir utilement de

fl09 kurs armei , lei établit dans le Berri , ob , si Ton croit Sidonius , iU causërent plus de désordre qu'ils n'y apportèrent de secours.

Les Francs seuls défendaient alors avec «ne apparente sécurité la Gaule romain« et la (raule indépendante, c'est-à-dire les Armoriques ; leur but réel était d'empé** cher ou lesVisigothsou les Bourguignons de parvenir , par le progrès de leurs armes , à une prépondérance qui aurait bientôt rendu l'un ou l'autre de ces peuples mat-^ tre de toutes les contrées situées entrt FOcéan , le Rhin , les Alpes et les Pyrénées.

Les (Gaulois voyaient encore à leur t^te, à cette époque , un chef digne de les-commander ; c'était le comte Paulus , mattrt de la milice. Ghildéric seconda tes efforts.

Tous deux battirent plusieurs fois les Vi»

sigoths ; raais,peu de temps aprës,PauluS| marchant contre les Saxons qui avaient remonté la Loire et s'étaient emparés d'Angers , fut défait et tué par eux.

Childéric » arrivant trop tard pour le secourir , ne put que le venger. Les Francv-

UillërêiiA èti pitces leis Saxons et le» chaê" sërént de TAnjoik.

Pendant ce ilemps le trône dés OÂMirà en Italie , livre aux barbares , aux i«c* tions et au mef^ , tétait successitement <iccupé par uoe foule d'oihbres inqpérialet qm ne faisaient qoe paraklH^ etdis(>arattre sur cette scëné autrefois si maîeSUieasc.

Ricimer eàleva à sdn bèto-f)ere Ad* thème la ceéronae et la Vie ; il lui donna pour successeur Oljbriué qui Inourut la même année. Rtciinerlai-^méHie dlfscendit an tond^eau pen de jouri après. €e fut alots que les Bourguignon^ ^ p6ur la pre* jniëre fois , tentèrent de disposer d'un trône doAt les barbares se disputaient les débris (k). Gondebant, leur roi , avait été ■o^mé Patrke et gouveraenr des Gaules parOlybrius ; il donna la {lourpre à Glyeéliiis ; mais ce fantôme d'e*ipertottr Ait bi^Hôt forcé d'abdiquer et de se éanver en Dalmatie.

Le sénat romain , obéisstrtit aux ordres

(i)Qiiatre oest tvhninte-qtittorze ans sprcs

su de Zenon qui gouvernait alors TOrient , djécora du titre d'Auguste Julius Nëpos.

La Gaule et TEspagne i loin de respecter et de reconnaître tous ces empereurs aussitÂt déposes que couronnas i avaient à peine le temps d'apprendre leurs noms qu'une prompte chute faisait bieutôt oublier.

Tandis que la puJHance romaine expirait ) celle det Yiiigoths prenait un accroissement rapide. Euric s'était rendu mattre de toute TEspagne ; il ravagea la Portugal et s'empara ensuite, dansia Gade, d'Arles et do Marseille. De leur cdtë les Bourguignons conquirent la première Lyonnaise , sous les ordres d'un de leurs princes ^ Chilpëric , qui prenait alors h titre de maître de la milice romaine.

L'Auvergne , froissée entre ces deux peuples , leur opposait un konorable mais inutilecourage. » Telle est, disait Sidonius, » notre déplorable situation ; deux na- » tions barbares nous pressent , nous en- >« tourent et nous regardent comme une *» barrière importune qu'elles s'efforcent >» à l'envi de renverser. Nous serons ir » failliUement la proie de l'une d'eK

ai2 » Notre résistance irrite lefe Visigoths ; les w Bourguignons se fient peu à notre aln liance ; ils nous défendent , mais nous M les redoutons autant que les Visigoths M qui nous attaquent. »

L'événement justifia bientôt les craintes et les prédictions de Sidonius. En 47^ i Népos céda l'Auvergne aux Yisigoths ainsi que le reste de la Gaule : il se déterminait à cet abandon dans Tespoir qu'£urie le défendrait contre Glycérius , et maintiendrait en Italie son pouvoir chancelant. Quelle dislance de ce temps à celui des Flaminîus et des PopUius !

' Saint Épiphane , chargé par Népos de cette triste négociation , porta dans Bordeaux, au pied du trône d'un roi barbare , non les ordres , non les demandes , mais les supplications de l'empereur romain.

<c Julius Népos Auguste , lui dit-il , que •» Dieu a placé «ur le trône de Rome , vous » propose une paix qui terminera nos dis- » sensions et rétablira la concorde entre la » Gaule et l'Italie. Possédez l'une et con- •» servez-lui l'autre ; respectez tous deux les * limites naturelles qui séparent ces deux « contrées ; que ce partage qui doit vous

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i> satisfaire tous deux forme entre Vem« h pereur et le roi des Visigothi un lien u indissoluble. Terminezde grâce la guerre » et acceptes le traite que nous vous of-- » frons , afin qu'un empereur romain qui » désire la paix , mais qui ne craint point M la giifrre , puisse se dire avec honneur »• votre ami. »

— « Les traits de Tëloquence romaine , M rc^pondit Euric .<)ans doute ironiquement, » ont atteint mon cœur , malgré le bou- I) clier que je porte et la cuirane qui me » couvre ; j'accepte la paix ; je signe la » traité ; je ne veux que la parole de Népoi » et je le dispense de tout serment. »

Plusieurs ëvé({ues avaient 'secondé les démarches d'Épiphane dans le dessein de soustraire leur diocèse à ta fureur des Visigoths. Les pontifes inspiraient seuls alors quelque respect aux barbares ; les Gaulois abandonnés ne trouvaient plus d*appui qu'en eux : ainsi la lâcheté des gouvernemens , la mollesse des peuples et le courage des év4ques fondèrent dans l'Europe la puissance temporelle du clergé.

Cependant , si toute troce de l'énergie romaine avait disjAru dans l'Italie 9 la

Gaulé en faisait encore briller quelques éclairs , et , malgré le lâche abandon de Népos , Décius , fils de l'empereur Avitiis , continua courageusement de défendre sa jMirie contre les barbares^.

On croit encore entendre le cri de l'indignation des Gaulois , en écoutant cette exclamation de Sidonius : « Enfin ftome » avilie achète un bonteux repos aux dé- » pens de la liberté gauloise,! Les Arveru niens , descendus de Troie comme les M Komains, sont condamnés à l'esclavage !

n- Le bouclier de la Gaule e»t brisé ! Ces n fier» Gaulois, qui aimaient mieiix se M nourrir de l'herbe croissant dans les cre- » Vâsses de leurs niurailles que dé les » rendre aux barbares , se livraient encore >» derrière leurs remparts à l'espoir de la n liberté , et répandaient souvent l'effroi A dans les camps de l'ennemi ; et voilà ceux » qu'un lâche empereur livre aux Yisi— » goths r Son autorité nous abat au lieu » de nous protéger ; il ne commande à la » Gaule que pour l'avilir; il nous défend » de combattre , e t ne veut pas même noua ^ çeraàettre de mourir armés. »

Népôs rei^ut bientàf le prix de sa puMU

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ianîmiU. Un barbare , le patrice Oreite , le déposa , et fit proclamer empereur ion propre fils Augustule. Le itfnat dëcora la deroi^ des Gdsari dei noms d*Augusta et de Homulus , comme si le destin eAt touIu parer cette victime , et sacrifier avec tllf au ressentiment du monde, si loog-tampa opprime , les deux ombres illustres dea deux fondateurs de Rome et de l'empire.

(i) I/apparition d*Au|[U8tute fut courte.

Un Hërule , Odoacre , rassetnble tous les barbares , leur partage les terres des Romains , attaque Oreste , le défait , le tue « et commande à son fils d'abdiquer s ainsi tomba Tempire d'Occident

Zenon refusa d'abord , par orgueil « de reconnaître la nouvelle «utorilëd'Odoacre, mais bientôt il y consentit par crainte.

Les Ostrof oths attaquaient et dévastaient alors Tempire d'Orient ; un célèbre guerrier , Théodoric , leur roi , force le foiblt Zenon de se soumettre k son pouvoir et de lui confier le commandement de tea armées vaincues. Théodoric , dédaignant de détrôner Zenon et de régner à Byiance ,

(i) Qutttre otnt soitauu-ieiit sns iprès IHi,

ai6 tourna ses armes contre rOccident , fran«cbit les Alpes , combattit Odoacre , le défit , et fonda en Italie le royaume des Ostrogoths.

Au bruit de la cbute de Rome , les Gaulois découragés laissèrent tomber leurs armes ; et probablement les fiers enfans de la Scandinavie , les descendans d'Hermanrick , les Ostrogotbs et les Yisigoths^ déjà maîtres de l'Italie , de l'Espagne et de la moitié de la Gaule , auraient hérité de la fortune de Rome et ressuscité son empire , si un jeune héros , né parmi les Francs , n'eût soudainement alors arrêté leurs armes et fait pâlir leup gloire.

Ayant que ce nouveau conquérant parut, £uric jouit quelque temps de sa prépondérance ; sa cour ressemblait alors à celle des anciens maîtres du monde. Sidonius peint sous de vives couleurs la joie que la chute de l'empire d'Occident y fit éclater : « On la voit , dit-il , briller dans les )> regards des vieux àSicambres captifs qui » laissent recroître leurs longs cheveux ; le » BoAirguignon colossal redoute la guerre , » il sollicite timidement la protection du )>>r»ides Yisigoths.; les fiers Hérulesflé-

ai7 n dussent le genou devant le trAne d*Eu« n rtc : enfin on voit une foule de Romaint » accourir sur les rives de la Garonne pour ^» y chercher un appui auprès du nouveau M Mars protecteur de ce nouveau Tibre. »•

Ainsi tout le monde romain pliait soui le joug des Goths ; TAuvergne s*,ëtait sou»

mise la dernière à leur pouvoir ; les Ar-* moriques seules gardaietit leurs armes , et combattaient encore pour leur indépendance. Euric , en 477» ^eur accorda une paix honorable, conquise par leur courage; mais un nouvel ennemi les menaça bientôt. Un corps nombreux d'Allemands, favorises probablement par los Bourgui-* gnons , pénétra dans la Gaule , et s'avança vers la Loire. Alors Childéric , alHé des Armoriques et de leur chef Syagrius , comte de Soissons , appelant à,son secourt les Saxons et leur roi Adoacre, combattit les Allemands , et remporta nur eux une victoire complète ; ce prince mourut en 481.

Clovis , son fils > &gé de quinze ans , lui succéda. A cette époque la Bourgogne était troublée par des factions et souillée par des crimes i Gondebaut , pour aSer-*

52l8 mit son trône , massacra deux de ses frères.

Dans le même temps £uric souillait sa renommée en persécutant les catholiques , et faisait naître , dans l'esprit des peuples et du clergé , le désir d^tre délivrés du joug des Yisigoths et des ariens ; il mourut peu d'années après. Alaric , son fils , proclamé â Toulouse y hérita d'une puissance plus étendue que consolidée ; car les Gaulois redoutaient moins alors le paganisme des Francs que l'arianisme persécuteur des Yisigoths.

Tel était l'état des Gaules , lorsque Clovis , donnant l'essor à son génie , franchit la Seine , et parut en armes dans les Armoriques. (i) Syagrius défendit encore vaillamment leur indépendance ; mais la fortune le trahit : défait près de Soissons par le roi des Francs , il se réfugia chez Alaric , qui , pour éviter la guerre , le livra lâchement k son vainqueur.

La soumission des Armoriques et les triomphes de Clovis terminent l'histoire de la Gaule , et commencent celle de la

(i) Qualie cc«) quatre- TiDgi-scpt aas après

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France. Cette Gaule , envahie , dëvasfée par cent nations barbares , n'avait pas cessé , depuis un siècle > cle les combattre. Son courage survécut k celui de Rome ; sa destinée était de ne fléchir que devant la gloire : elle succomba sous les armes de Clovis , comme elle avait cédé à cellet de César ; mais sa résistance jeta encore quelque éclat sur sa chute , puisqu'elle fut la dernière à poser les armes , et que , peu de momens encore avant de tomber , elle donna un empereur aux Romains et un jroi aui Francs, (i)

(i) Âviiut et Egidiufl.

YIS DK L HISTOIRE DES CAULES.

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