TOME XXVlf. rÉinolp
l83 h9 fi#r Ait»)« recala iêv^^ lui e^ tourna ses fureurs contre VOtciéenti ii y é^ûi #ppçU pitf les soUtckalioM du rot des Vancûlas , H toui semUAtt offinr à ses armes, 4ffn# )# &wle démembrée et âaos Plti^ iparvpwpiie , itfitf proie facile.
Clojioii Tewfldt alors de terminer sa ne ; ^p]( ^ri«ioesFnBiMBe sedtspujiaieiit so»tr6»e. L'un d'ew eo«inii ia»plorer IJappui du rm 4es {tu»s ; Tartre I nommé Méroiwe , sol- K^iU jd i^rotectioa des Romains.
AUila t'avanç^a vers le Rhin : k son ap«yiv0fcl)e, le désordre qui fondait son espé* mAoe ^inm ; les qucreUei «e suspendirent; ie» in^^ i9ffQsés se rapprochèrent : Ro»
fla»a««A9 QM»l««e j Yisigetlis , Botirgui^|Bons, ioiis ae péiinirent pour s'opposer 4 ce meiial;re sanguinaire , à ce cdMpjwrant féjnoce , à ce flsau de Dieu , qui n'attachait de gloire qu'à la 'destruction, et qui « yon- » lai| , dtsait^il , ^ne jamais moisson ne m rep ouflo A t dans ke lieux eia son chevai » aunait passé. « Cette guerre était ceHe de la barbarie contis la civilisatioii* Attila, vainqueur, aurait plongé r£nrope dans l^état sauvage oii ment encore les peuples âuThihaleftAsie, ou ceinL qui parcourent
)85 !•• tristéi iêéerU de rA.fr^u« i bturvuM»
ment ce torrent «WrétA Âins h Oaule ; eiati nous verrone iévuk foie la Gaiik SMvel' le monde oivilk^. Aëtiuf , g^tfral roauiHi Thtfodorio , •ttcceiaeur de WaIIm et ri*^ gntnt «ton iiur les Vitif^he , edit Ui* rovtfe à la tête des Francs > rejetèrent au^ delà du Rhin ces Huns deslrncteisrt , àpvbé •Toir c#ttvert les champs gauloie de leiM^s cadavres. Par un semblable triomphe ^ trois aibcles après, ChArlésMartelf àêmà lamlÉie Gaule, extermina les Musalmans p et pré»
serve l'Europe des malhéuts et de retda^ vage sous les|iiet gémissent encore la Grkoo et l'Asie.
Ce fut dans Tannëe 4Si ^ue les Huns franchirent le Rhin. La politiqne astu«* cieuie d'Attila avait retarda la i^nnion dee Romains et des Visigoths \ d'akerd il ne rencontra pas d'obstacles » Meti, après une faible défense , fut saccage , et i'armrfe barbare, composée, selon Sidôkiius^ de Huns , de Ruges, deG^lons, de G^pides, de Bastarnes, de Thuringiens, et Éiéme de quelques Bourguignons et do quelt|ues Bructhres forotfs de la suivre , arriva sanà combattre aux portes d'OrMauh La f
rear prëcëclait Attila ; la ruine àe plusieurs villes qu'il avait détruites pour les punir de leur résistance épouvantait les autres ; elles lui ouvraient leurs portes ; les femmes, les vieillards, les enfans espéraient éviter la mort en se précipitant dans la servitude, et la jeunesse gauloise indignée cherchait dans les camps un asile que ne lui offraient plus des remparts qu'on ne lui permettait pas de défendre.
Cependant^ avant qu'Aêtiùs, Théodoric et Méravée se Sussent réunis , le courage d'un pontife et la fermeté d'une femme arrêtèrent la marche dû conquérant sauvage; Geneviève, que ses vertus firent placer au nombre des saintes, jouissait sur les. rives de la Seine de cette influence que de tout temps les femmes, regardées comme inspirées,exerçaient sur les Gaulois. La vierge de Nanterre , par ses prières , par ses discours , par ses promesses , par ses menaces, au nom d'un Dieu protecteur , ranima la confiance des Parisiens , fit renaître l'espoir dans Lutèce ; les Gaulois crurent , et les Huns redoutèrent ses oracles. Le fier Attila détourna ses coups et les fit tomber Hur Orléans ; mais, arrivé sous les murs de
i85 la ville d'Aurëlien , il en trouva le» portes fermées , le peuple en armes , et les remparts couverts de défenseurs intrépides.
D'abord la multitude effrayée avait voulu forcer les braves k se rendre ou à fuir; mais Tévéque Aignan monte en chaire, parleaunomdelapatrieetdu ciel, triomphe de la peur par les armes de ta religion , an« nonce des secours , promet des miracles , et ordonne le combat. A sa voix , les guerriers courent aux armes, et pour la première fois les efforts puissans d'Attila se brisent contre les murs d'un ennemi.
Cependafnt les Huns renouvelaient leurs assauts ; Orléans semblait près de succomber sous la foule des barbares qui l'assiégeaient ; déjà les mobiles Gaulois découragés doutaient des promesses de leur pontile y lorsque, du haut des remparts, ils voient briller dans ia plaine une forêt do lances. Le patrice romain , le roi des Yisigolhs et celui des Francs s'avancent ; Attila surpris abandonne sa proie , lève le siège et se retire dans le dessein de se joindre à la partie do son armée qu'il avait laissée derrière lui. L'armée confédérée le poursuit vivement) et l'atteint enfin dans
DgitizedbyG(30gIe
les plaines ie Châloâs , daoi ces cbampd catalauniques , oii sa défaite |eta sur la Gaule un éternel rayon de gloire.
L'historien des Gotbs y J amandes, nous a transmis quelques détails s«r cette célèbre bataille. Un vaste plateau qui, dea deux côtés , s'abaissait en talo^ sur la plaine, séparait les deux armées ; l'occupation de ce poste avantageux fut l'objet de leurs premiers combats ; elles se le dispiOëreni avec acbamement. Le roi des Yisigoths commandait la droite des confédérés; AëtiiH la gauche ; un corps d'Alains formait la centre ; les Francs combattaient en a^ant de la ligne.
Après un choc long et sanglant , Attila est repoussé 9 et les deux armées se préparent à une action décisive. Attila range sa troupe en bataille : irrité d'un premier échec , il harangue avec furenr tfes tripes; son regard brûle ; sa voix tonne f « £h !
» quoi , soldats , dit-il , après tant de vicn toires , le courage vous abandonne. Qaels » sont donc ces ennemis qui vous arrêtent » et qai vous effraient? Ce sont des gner* >» riers amollis, énervés, à demi vaincus , M dès qu'on les force de aortir des muraillea
rô7
I» qui les rtsturèiit : vbyez avec quel eSrot n ils se iMsardent en rase eampé^ne] re-* M gardeà avec quelle icràitite active ils crea^ •• sent des foss pour s'y cacheri au dëfam » de reflupaHi ; la {mtillaaiiHit^ des Ko^ » matas àigénéris vous etsi connue ^ charn ges-tos hàrdimem aU «ailieu d<» kure » manœuvt'es , dont Hètrè audace BEiéprisè » la science ( croyezHnoî , la pouteiere de H vos coursiers sufirb ae«ile pieur lùettre » ces lâches en fotie: mais^ quedis-jel ait » lieu difsies combattre y il Arat les in^- »> priser. Attaquons dés elmemU di^^es de M tiou8,.ehar|;eons tes V^igeibs > redtver* » sons les Alains , enfonçons les t<*raBCs i » quaéd icei braves leront vaincus , lea »» Romains dtspai«i(troét, l^r force sera » anéantie ; car , lorsqu'une foià les nerfs w sotit coupés ^ les menibres ne peuteat » prtus agir. >»
A la voilfi courroue^é de te <chef tertiblei tout frémit , tout s'agîle ; les plus hardis espëvent la victoire , les autres se rési^gAent k la mort. Le ffîgnal est deuné , là m^We commence ; la terre est inondée de sang. Théedoric toaibe perèé èe coups ; ta mdrt, loia de décourager le» Visrgotbs , les excite
* la Tengeance, el change leur vaillance en fureur. Thorisnaond/ son fils, jure de le tenger ; il se précipite sur les Huns , les tourne , les enfonce ; les Francs et toute Farmée d'Aëtius ^ profitant de ce désordre , portent l'éponyante et la mort dans les rangs désunis des barbares , ils ftiient en déroute ; la cavalerie gauloise les ponrsurt et en fait un horrible carnage. Attila cherche vainement à les rallier; la peur brave ses menaces et méprise ses ordres ; enfin , entraîné lui-même par la foule des fuyards , il se réfugie dans son camp. »
L'impétueux '^horismond voulait Tat* laquer encore , forcer les retranchemens , et compléter sa défaite ; mais le prudent Aêtius l'en dissuada : il importait à sa politique qu'Attila ne fût pas totalement détruit , et que le jeune roi des Visigoths ne restât pas sans rival , et l'empire sans danger. Il fitcraindre àThorismond que , pendant son éloignement , quelques factieux ne lui disputassent le sceptre , et il lui persuada de retourner à Toulouse pour y prendre possession de sa couronne.
Le lendemain Attila continua sa retraite.
AëUus et Alerovée le harcelèrent plus qu'ils
ne le combattirent jusqu'aux rivei du Rhin.
L'annëe suivante ( i ) Attila tourna lef armes contre Tltalie. Les Alpes ne purent Tarréter i Aquilëe seule résista; les autres villes lui ouvrirent un libre* passage. Partout le roi des Huns cherchait les Romains sans les rencontrer; aucun soldat n'écoutait la voix d'Aëtius ; aucun obstacle ne séparait plus Rome des barbares; l'empire allait tomber sous les coups d'un Tartare. Dans cette extrémité , Aètius voulait que l'empereur Valentinien abandonnit la molle Italie et se réfugiât dans les Gaules , seul pays oii l'empire comptait encore des bras et des courages. Enfin , tout espoir semblait perdu , lorsque ce vainqueur farouche , que l'univers nommait le fléau de Dieu , se laissa tout à coup désarmer par les prières et par l'aspect vénérable du pape saintLéon, qui sauva Rome, comme Geneviève avait sauvé Paris.
Ce torrent , qui dévastait tout , s'écoula aussi rapidemen tqu'il s'était formé et grossi. Le roi des Huns retourna dans ses états
(0 Qustro cent oioqusnte - deux «ns sprès J.-C.
igo
et périt bîentÀt tous le poî|;iHirâ d'aire femme captive qu'il atait contrainte à l'e« pouser;9aehuleentrataacelle(]esoneD9pir«; sa monarchie Ait démemlMTée, et,. depuis, cei Huns si redoutables ^ qui sous lui demi* naient le monde ^ furent à peine comptés dans la foule des^ tnbus hmhwres.
Le jeune roi des Yisigoths , Thôrismond, jouit peu de temps de sa gloire « il fut as-isassiné. ( i ) Théodoric II , son firëre ^ hri succéda ; ce prince bahile afferaût son tr6tie , éclaira son peuple ^ le soumit au joug des lois , lui donna un eode , étendit ses limites , inspira Une juste crainte aux Romains , ann Bourguignons^ et conduit même l'estînie des Gaulois.
Sidonius Apollinaris fit de ce monarque un portrait que le temps nons a con^ serve. Le tableau qu'il trace de la cour êè Théodoric dorine lieu de croire que dans ce temps, les chefs de ces peuplet, vain^ queurs de Rome et méprisés par elle , ne méritaient plus le liohi de barbares qu'on leur donnait. Depuis long-teinps, en effet, les princes bourguignons et francs , ainsi
(0 Quatra ccotcinquaaie-t rois ans après J.-C.
*9^ qut c«uK dei Cothi oecu)Mint I01 giHintlei digniUi de l'trapirt , parlant la langue romaÎMe , correiponJant lani cerne aveo les periMnagei lei plui diitingurfë de la tir^e et de Tltalie , avaient oeiij d*étre tftrangeri à la eiviliiatioii ; lei mmuri groi- •iireide lem peuplée les forçaient encore à se «lontrer pour euK faroupbei , durs »
souvent nAnàe cruels ; ils n'auraient pu eans force diriger la liberië sauvage de ces bordes guerrières qui regardaient leur prince ptutdt comme un compagnon d'armes i|ue comme un roi ; mais ces mêmes chefs et les grands i]ui les entouraient se montraient sous un «utre jour aux Gaulois et aux Romains ; ils adoptaient leurs lois ^ professaient leur cuite , imiieient leur»
mesure ; enfin on peut dire que , par un singulier contraste , on voyait chef euit à la fois , un peu{>le , une armtfe à demi sauvage , et une cour presque romaine.
Le GauloisÀvilus, né en Auvergne, qu'il illustra par ms exploits , avait instruit le jeune liiéodoric dans les lettres grecques et latines. Depuis, l'afection de ce prince rélev« ppnr son matbeur au trAne de, Rome.
Sidonius parle des taleos et des vertus de Théodoric avec un enthousiasme qu'il est pourtant difficile de croire exempt d'exagération « Ce prince , dit-il , force » l'en vie même à l'admiration ; sa taille est » ordinaire et bien prise , sa tête ornée par » une belle et longue chevelure ; ses sour- » cils sont épais et arqués ; ses yeux grands » et ouverts ; leurs cils prolongés s'éten- » dent jusque sur ses joues ; plusieurs ». nattes de cheveux couvrent ses oreilles ; » son nez aquilin donne beaucoup de w majesté à sa figure qu'embellissent des » lèvres vermeilles , une houche agréable » et des dents d'ivoire.
» Théodoric , ajoute Sidonius , se lève » tous les jours avec le soleil , assiste à la » prière dans l'église ariène, et de là se >» rend à son tribunal. Un officier porte » ses armes près de lui ; ses gardes, arm^ » dehachesetcouvertsde fourrures,entrent » à sa suite dans le prétoire , n'y restent >» que peu d'instans et se tiennent après » dans une pièce éloignée. Le roi donne >» audience aux députés des communes et » des nations : les affaires sont prompte— » ment expédiées; ses réponses sont courtes
> et cloires. Après le conseil , il visite soo » trésor , se rend dans ses écuries et part
> pour la chasse ; il n'y porte point d'ar-
> mes : si un animal passe à sa portée , un de ses veneurs lui présente l'arc qu'il tend lui-mémo ; et rarement sa flèche manque le but.
» Sa table est bien servie sans être somptueuse ; sa vaisselle offre plus d'élégance que de richesse ; ses meubles , couverts de pourpre , brillent plus par la propreté que par la magnificence. En tout , dans ses repas , ce qu'on admire le plus ) c'est la gravité des discours du prince. Dans les grandes solennités, il est servi avec le goût des Grecs, la profusion des Gaulois , la ponctualité des Romains. Le grand nombre des convives vous rappelle que vous êtes à un festin, l'ordre qu'on y voit régner et le peu de bruit qu'on entend vous font croire que vous assistez à un repas d'amis , mais le respect seul voug fait sentir que vous êtes à la table d'un roi. La magnificence et le luxe sont réservés pour les jours de fêtes. .
w Apres le dîner et une courte méri- TOME XXVII. Dwzedbfiioogle
» dienne , Thëodoric se livre quelques ins* :> i^ns aiix plaisirs du jeu : il Faime viven ment ; mais , touj^ours mattre de lui , il n'y M montre jamais aucune émotion : cepen* » dant ou dit que des courtisans habiles •> ont dà de grandes fortunes à la bonne hun meur oii le mettait le gain. Il invite ses » convives et ceux qui jouent avec lui, aune u familiaritë qui n'existe ordinairement » qu'entre égaux.
» A trois heures , Théodoric reprend M de nouveau son travail ; un grand nom— » bre de supplians affluent dans son palais, N et la foule ne s^éclaircit qu'a l'heure du » souper : alors chacun , suivant l'usage ^ » se rend chez son patron , qui reste en- «* touré de ses cliens jusqu'au moment où a il se couche. T«e roi , pendant son sou— » per, Tait venir des musiciens , des ifdwfis^ M des farceurs ; mais il ne leur permet » ni airs lascifs ni paroles satiriques.
1 Dès que le prince sort de sa table , il se w rend au lit , et sa garde prend autour » du palais les postes qu'elle doit qccu- » per. »
Ces détails sont curieux ; i)s ^^eujirent , au défaut d'autres ^çcumens ^ noui don--
ner u»o aiM k juite id^ cU la vie et He$ moniiri des rois de ce lempi. Tout porte k croire qu'il exiiuit peu de difJifreiice entre la cour de Clovi» et celle dê'TlMJodorlc.
Tandii que Icf barbarei a* civilisaient peu k peu dam la Gaule , le tr6ne dei emptreurs, en Italie , s'écroulait journellement ; une seule colonhe le soutenait encoreavec force. Valentinien III la renversa»
•n poignardant Aëtius son lîWrateur.
Ce crime amionça «|ue Valehtinien allait marcher sur les pas des tynni i c'est une route funeste oU l'on ue ptout s'arrêter. Ce prince , livrtf avec etnporlement k tbus les vices , outrage la femme du sénateur Pétronius Maximui ; quelques jours aprks , le mari offrni<i fait ptfrir l'empei^eur par une main inconnue. Les Romains prbclamtnt Maxime empereur i sa femme iftait morte; pour c^npUter sa ven^eMice, il V»«« la veuve de Valentinien ; mai^ , •ussi indiscret que vindicatif, il avoue que c'est lui qisj a fait périr l'empereur. Eome •lors, nouvelle Argos, put croire qwe la famille des Atrides revivait datas les muri \ elle devint le théâtre des plus grands crimes et dei plus iioires tràhisoni. La veuve d<
Valentinien jure une haine éternelle au meurtrier de son premier époux , elle ap* pelle secrètement les Vandales en Italie ; ils accourent d'Afrique , la ville leur est livrée. Maximus perd la couronne et la vie ; Rome succombe ^ous les coups de Cartbageressuscitée; les richesses ^ amassées pendant douze siècles de conquêtes , sont la proie des Africains ; le peuple est massacré ; les patriciens tombent dans les fers; l'époque de destruction, annoncée, disaiton , au bout de douze cents ans , par les douze vautours de Romulus , est accomplie ; et les Vandales , abandonnant la reine du monde, ruinée , déserte et déshonorée , retournent dans la ville d'Annibal , dont Pombre irritée se console à la vue des dépouilles romaines.
Ce désastre du peuple-roi retentît au loin et détruit dans tout l'univers le dernier prestige de sa grandeur. De tous côtés les barbares agitent de nouveau leurs armes; les Saxons descendent en Armorique; les Francs s'emparent de Trêves ; ils en« vahissent les deux fielgiques ; les Visigotfas menacent la Provence. La Gaule succombait ; mais dans ce péril , un Gaulois , Tau-
'97 vergnat Avitus , charge r^cmment par Maxime du gouvernement de cette coq* trëe , relève sa patrie expirante ; ses armes contiennent les Bourguignons et repoussent les Saxons. Réveillant dans le cœur de Théodoric l'ancienne amitié qui les liait f il obtient de lui la paix ; le roi des Visigoths fait plus, il engage le peuple et Farmëe à proclamer Avitus empereur ; les •dëbris du sénat romain reconnaissent le nouvel Auguste ; l'empereur d'Orient confirme son élection , et Homo voit encore un Gaulois triomphant dans ses murs.
Avitus avait acquis uuo brillante renommée dans les camps et dans les académies de la Gaule , mais , h Rome , il n^existait plus de guerriers , d'orateurs , de savons; il n'y trouva que des courtisans , des esclaves , un peuple licencieux { la contagion des vices flétrit son caractère , et il perdit sur le trône la gloire qui le lui «vait mérité.
Sa chute fut jprompte, honteuse, et rendit ridicules les éloges pompeux que Sido»
nîus Apollinaris , son gendre , lui prodiguait à cette tribune aux harongues qui , depuis Iong*temps , ne faisait plus en-^
it>8 tendre aaiL Romains que le langage de la servitude et let accens d'une basse flatterie.
Les peuples , comme les hommes , conservent souvent leur vanité après avoir perdu leur fortune , leur puissance » leur courage et leur fierté. Rome, abaissée soua le glaive des barbares , dominée par les Yisigoths y ruinée par les Vandales , s'ir* riiait cependant encore de voir un Gaulois assis sur le trône d'Auguste. Un général suëve , Ricimer , commandait alors les légions romaines ; il venait , à leur tête , de vaincre les Vandales et de reconquérir sur eux la Corse. Ce guerrier ambitieux , hautain > impérieux , aigrît les ressentimens du peuple et fomenta l'esprit de sédition dans l'armée. Théodoric , le seul ap?
pui d'Avitus» ébit trop éloigné de l'Italie pour j maintenir le pouvoir de l'empe^r renr , son protégé. Le Suëve Ricimer conr traignit Avitus d'abdiquer; ce prince obéit ^ descendit du trône ^ partit pour retoumei?
dans la Gaule , et mourut près des Alpes.
Dans ce teibps de honte pour Rome , les barbares disposaient de la pourpre imr périale et la dédaignaient. Ricimer fit élire
empereur Majorien i ancieii comptgtton d'armei d'Aëtiui. C'était alors le nul Ro« main dont Tép^e eût brilU daoa lea coinbatietqui rappelât quelque! leuïenirs dea Tertus antiquel. LÎtalie applaudit à ce choix; mail il irrita lei Gaulei, et Thtfo-^ doric chauffa leur mécoateulement.
Lé roi dei Visigothi , qui Tenait de reconquérir une partie de TEipagne pour Rome , repaaia lei Pyrénéei , et teumâ lei armei contre la Provence , tandii que lei Bourguignoni rftendaieot leur domina* lion dam lei deux Lyonnaiiea.
Majorien , reconnu et ioule*u pav Léon, empereur d*Orient » oppoia autant d'ac-* tivittf que de courage aux nonibreux en«nemii qui , de toutei parti , accabhietti Tempife ; il battit lea Yandalei , lei chaNa de l'Italie, et confia la défenie de la Gaule à un iliuitre Gauloii , le patrice Égidiui I il ne pouvait choiiir «n plui digne lieutenant. Ëgidiui , lurnommé Afraniui , et né à Lyon dam la famille Çyagria , honora la patrie par lei talem , la aoutint quelque temps dam la chute par |0n courage , et lut flMtriter k U f oii l'af*»
fiOO le«tioti de ses concitoyens et le respect ie tes ennemis.
' Les Visigoths redoutaient ses armes ; il atait contribue , par sa vaillance , aux défaites de Clodion , d'Attila ; et les Gaulois ne démentaient point alors les éloges poétiques de Sidonius , qui le comparait pour Factivité à Sylla , pour la prudence à Fabius , et pour les ruses à Camille : les évéques alors les plus révérés rendaient bommage à son caractère , et le disaient « plus illustre encore par ses vertus que M par ses talens. »
' Égidius défendit la province romaine contre les Visigoths, repoussa les Bourguignons , et contint les Fraiics. L'empereur vint le seconder dans ses travaux ; et après avoir pacifié momentanément la Gaule , étonnant son siècle par un vaste dessein digne des anciens temps , il rassembla une nombreuse armée , équipa une flotte redoutable , parcourut l'Espagne en vainqueur , et réunit toutes ses forces sur les cèles de l'Andalousie, pour s'embarquer et pour reconquérir l'Afrique. Le sort trabit son génie ; ses vaisseaux furent livrés aux
flammes par des traîtres ; l'or des Vaudales \ainquitRome que leur fer avait dépouillée.
Majorien se vit forcé de rentrer en Italie , et ses soldats révoltés le tuèrent : sa mort prouva que les Romains ne pouvaient plus •upporter un empereur digne de l'être.
Dès ce moment les Alpes devinrent les bornes de l'empire , et la Gaule en fut séparée : on n'y reconnut plus les empereurs que par une vaine formalité ; les Yisigoths, les Francs et les Bourguignons, prétendant chacun dominer exclusivement , continuèrent k en faire le théÂtre do leurs sanglans combats ; l'Auvergne seule resta fidèle au nom des Césars t mais ce qui , peut-être , méritait une admiration qu'un injuste dédain refuse k ces temps de désastres , c'est le courage que les Armoriques opposèrent alors k ces calamités.
Tandis que tout l'univers romain s'affaissait sous les coups des barbares , la Gaule celtique seule se tenait encore debout avec fierté ; isolée au milieu de tant de peuples . ennemis , elle défendait son indépendance avec ses propres milices , repoussait les brigandages des* Saxons
et &isait respecter par les barbares les rives de la Loire et de la Seioe .
Égtdius , ne pouvant plus défendre des empereurs , esclaves couronnés , quine savaient ni régner ni combattre , forma le noble dessein et conçut l'espoir dé sauver la Gaule , de là régénérer , et d'y fonder sur les débris de Tempire une nouvelle et grande monarchie ; il pressentit peutêtre que Tunion des Armoriques avec les plus belliqueux des barbares, avec les Francs , pouvait seule faire réussir uue telle entreprise ; la fortune favorisa ses premiers pas ; mais le sort réservait à un Franc , à Clovis , l'honneur de cette régénération projetée par un Gaulois.
Childéric avait succédé dans l'année 4^7 au belliqueux Mérovée. Il parait qu'à cette époque Tournai était devenue la résidence des rois saliens , et qu'une autre tribu de Francs possédait Cambrai. Égidius , comte de Soissons et mattre de la milice dans les Armoriques , trouva le vrai moyen de s'attirer l'estime de ces Francs passionnés pour la gloire militaire ; il les vainquit. Childéric ^ au contraire , choquait leurs mœurs , en s» livrant à la o^«
leflse , et en l'abandonnant aux vices ; ion peuple le ^<fposa et donna sa couronne au bravo Egidiui : ^ioii cet îtluitre patrice , réunissant |oui son autorité les Francs et les Gaulois » Aut alors espérer que la Gaule reisuscitée chasserait bientôt au delk du Bbin et des Pyrénées les Yisigotbs et les Bourguignons.
Ou ne conçoit pas comment plusieurs auteurs graves ont pu traiter de fable le ri'gne d^Egidius sur les Francs ; k diflEércnce de religion (|u'ils allèguent ne s'opposait point ^ cette réunion des deux ppuplei) i récemment on avait vu Geisus , païen, commander les légions romaines, et. 1*00 iâit que Clovis , avant sa couver-»
si(ni , fut plutAt secondé que traversé par les évéques de la Gaule t on objecte «ncore la djfficglté de gouverner des peuple dont on n'entend point le langage , mail )à langue romaine était alors uni-* verfellement répf i)idue ', depuis long-temps les princes des Francs revêtus des dignités de l'empire , upis souvent aux Romains pqr des traités et combattant dans leurs rangs, s'étirent fimiliarisésavec U langue des mattref du monde s les anneaux de
nos premiers rois portaient des ioscriptioDslatines. On lisait sur celui de Ghildéric ces mots : Childerici régis. Enfin Priscus raconte que dans la cour d'Attila il entendit plusieurs Scythes parler latin. D'un autre cote comment croire qu'Egidius ignorait la langue tudesque oujranque , lorsqu'il est dit, dans nos anciennes annales, que Us chefs francs et germains craignaient de flaire des fautes dans leur propre langage, en parlant devant Syagrius , fils de ce mém« Egidius.
L'incrédulité ne peut pas plus ici s'appuyer sur l'éloignement des deux peuples; les mêmes critiques n'admettent ce motif que pour soutenir leur système contraire à toute idée d'établissement des Francs dans les Gaules avant Clovis : mais tous les faits parlent contre eux -, les combats cTe Ghildéric au milieu des Armoriques et le tombeau de ce prince retrouvé â Tournai anéantissent toutes ces objections. Enfin l'élévation d'Egidius au trône des Francs parait incontestablemçnt démontrée par le récit de Grégoire de Tours If qui , né soixante-trois ans après la mort de Ghildéric , dijit connaitr|B dans sa
do5
jeunesse plusieurs contemporains de et prince.
Quant au titre de roi » un homme tel qu*Egidius l'honorait plus qu*il n*en était honoré , et ce titre ëtait depuis long- temps regardé comme inférieur k la dignité de patrice , puisqu'on avait vu un grand nombre do rois francs et visigoths occuper dans les camps et dans les palais impériaux des emplois et des charges moins considérables.
Ennodius , évéque de Pavie , contemporain d'£gidius , raconte que y sous les drapeaux de Théodoric , on comptait au^* tant de rois que le district oii se trouvait Tarmée pouvait nourrir de soldats. Quoi qu'il en soit , Egidius , secondé par les Francs , repoussa glorieusement les VisigotliH que Kicimer était parvenu à armer contre lui pour soutenir Sévère , fantôme d'empereur , couronné par ses ordres^ et dont les Armoriques avaient refusé de reconnaître l'autorité.
Egidius ne put rt^gner que quatre années sur les Francs. (Je guerrier , trompé par ses habitudes ou par les conseiU perfides d'un ami secret de Childcric , voulut