II. :ir
3. Sa Majesté le roi de Prusse promet de commencer les dispositions nécessaires |)Our une prompte évacuation de la Saxe, dès que le présent traité sera signé, et d'effectuer et achever TéTacuation et la restitution de tous les États et pays, YÎUes, places et forts de Sa lligesté polonaise, et généralement de toutes parties el dépendances desdils Étals que Sa Majesté polonaise a possédées avant la présente guerre, dans l'espace de trois semaines, à compter du jour de Técbange des ratiGcations; bien entendu que les troupes de Sa lligesté l'impératrice-reine de Hongrie et de Bohême évacueront toute la Saxe dans le même espace de temps.
Dès le ii février, Sa Migestéle roi de Prusse fera nourrir ses troupes de ses propres magasins, sans qu'elles soient à charge au pays, et l'on procédera incessamment au règlement des routes que lesdites troupes prendront en quittant les États de Sa Majesté le roi de Pologne, dans lesquelles elles seront conduites et logées par des commissaires nommés par Sa Majesté polonaise, qui auront parfaitement soin des Vorspann dont les troupes auront besoin pour leurs marclies, et qui leur seront fournis gratuitement, à condition que ces Vorspann ne soient obligés de passer les frontières de Saxe que jusqu'au premier gtte.
4. Sa Majesté le roi de Prusse renverra, sans rançon et sans délai, tous les généraux, officiers et soldats de Sa Majesté le roi de Pologne, électeur de Saxe, qui sont encore prisonniers de guerre, et les autres sujets de Sadite Majesté polonaise qui ne voudront pas rester dans le service et dans les États de Sa Majesté prussienne; bien entendu que cliacun d'eux paye préalablement les dettes qu'il aura contractées.
Sadite Majesté le roi de Prusse rendra aussi toute l'artillerie appartenant à Sa Majesté le roi de Pologne, qui se trouve encore en Saxe, el qui est marquée aux armes de Sadite Majesté polonaise.
En particulier, les villes de Leipsick, Torgau et Wittemberg seront restituées, par rapport aux fortifications, dans le même état où elli*s sont k présent, et avec l'arlillerie qui s'y trouve marquée aux armes de Sa M^esté |>olonaise.
Sa Majesté prussienne meUra aussi en liberté les olages et autres personnes qui ont été arrêtées h l'occasion de la présente guerre, et ff ra rendn^ fous les papiers qui apparlienni-nt aux ardiives de Sa Majesté le mi de Pologne, é|pe.leurd«* Suxc, ou autres bureaux du P4)S;
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el, à Tatenir, il n'en sera fieh allégué ou inféré contre Sa Majesté le roi de Pologne, ni contre ses héritiers et Ëtals.
5. Le traité de paix conclu, à Dresde, le 25 décembre n4S est expressément renouYelé et oonûrmé dans la tneilleuré forme, et dans toute sa teneur, autant que le présent traité n'y déroge pas, et que le» obli gâtions y contenues sont de nature à pouvoir encore ayoir lieu.
6. Pour redresser réciproquement tous les abus qui se sont glissés dans le commerce au préjudice des pays, Ëtals et sujets respectifs dés liantes parties contractantes, il est convenu que, d'abord après la paix conclue, on nommera, de part et d'autre, des commissaires qui régleront les affaires de commercé sur des principes équitables et réciproquement utiles.
H sera aussi réciproquement administré bonne et prompte justice à ceux des sujets respectifs qui auront des procès et des prétentions liquides dans les États de Tune ou de l'autre partie : et, quand il y en aura qui auront changé, ou voudront encore dianger de doibicile, et le transférer de la domination de l'une sous celle de l'autre des hautes parties contractantes, on ne leur fera point de difûcullé k cet égard.
7. Sa Majesté lé roi de Prusse consent d'accéder et fera accéder ses sujets, créanciers de la Steuer de Saxe, aux arrangements qu'oïl prendra incessamment, par rapport aux intérêts à payer, et poiir l'éla^ blissement d'un fonds d'amortissement solide et durable, sans aucune préférence.
Sa Majesté le roi de Pologne, électeur de Saie, assure et promet, d*un autre cété, que, conformément auxdits arrangements, tous les sujets de Sa Majesté prussienne, qui ont ou auront des capitaux dans la Steuet de Saxe, recevront leurs intérêts exactement, et que les capitaux leur seront aussi remboursés en entier , sans la moindre réduction ni diminution, et dans un espace de temps raisonnable.
8. L'échange de la ville et du péage de Purstemberg, et du village de Schidio, contre un équivalent an Land und Leuten^ stipulé dans l'article 7 de la paix de Dresde, ayant rencontré beaucoup de difficulté dans l'exécution, on est ultérieurement convenu que, pour le faciliter, la ville de Furstemberg, avec ses dépendances situées en deçà de roder, ne sera pas comprise dans ce troc, et restera à Sa Mi^esté polonaise ; mais que, d'un autre cété, Sadite Mi^d^ 1^ roi de Pologne, électeur de Saxe, cédera à Sa Majesté prussienne, non-seulement le péage de TOder, qu'elle a perçu jusqu'ici k Furstemberg, et le village*
lie Scliiillo, iivec ses apparleoances au delà de l'Otter, luais aussi gênéralcuienl tout ce qu'ulh^ a possédé jusqu'ici des liords ei rives do l'Oder, tant du cAlé de la Lusace que de celui de la llarclie, de sorte que la rivière de l'Oder fasse la limite territoriale, et que la supériorité des deux rives cl bords de l'Oder, et de tout ce qui est au delii de l'O* der, du côté de la Marche, apparlieuao désormais, en entier cl exclusivement, k Sa Majesté le roi de Prusse, ses successeurs et héritiers, à perpétuité.
11 est aussi convenu que l'équivalent à donner à Sa Mi^^l^ P^^^naise ne pourra être évalué qu'k proportion du revenu réel qu'elle a tiré jusqu'ici des possessions qu'elle codera à Sa Migesté prussienne : en conséquence de quoi, Sa Majesté polonaise se contentera d'un équivalent an Land und LeiUen, dont le revenu réel sera égal au revenu réel des possessions qu'elle cédera k Sa UBjesié prussienne.
Au reste, dans tous les autres points relatifs k cet écliangc, l'article 7 de la paix de Dresde sera exactement observé et exéculé.
9. Sa Majesté le roi de Prusse accorde k Sa Majesté le roi de Pologne, électeur de Saxe, le libre passage, en tout temps, par la Silésic en Pologne, et renouvelle en particulier ce «fui a été stipulé Iknlessus dans l'article iO du traité de paix conclu, h Dresde, eu iTiri.
10. Les hautes parties conlraclantes se garantissent réciproquement l'observation et l'exécution du présent traité de paix, et làclinn>nt <ren obtenir la garantie des piiissiinces avec lesquelles elles sont en amitié.
il. Le présent traité de paix sera ratifié départ et d'autre, et li4 ratifications seront expédiées en bonne et due forme, et échangées dans l'espace de quinze jours, ou plus lui, si faire se peut, k ctmipler du jour de la signature.
En foi de quoi, les soussignés, pl('ni|K)tenliaires de Sa Majesté le roi de Prusse et de Sa Mi^esté le roi de Pologne, électeur de Saxe, en \erlu de leurs pleins pouvoirs, ont signé le présent traité de paix, et y ont fait ap(K)ser les cachets de leurs armes.
Fail au château de Ifuberlsbourg, le iS février 1763.
(L. S.; KWALD-KRI-'bÉlUC UE lIlCRTZtKIK;.
[L. S.) Thomas, Imron pi: Fnitscu.
Articles séparén, '
Article 1^. On est oonyenu que, dans les arrérages ou autres près-, talions arriérées, qui devront cesser du ii février i763 , ne sera pas compris ce qui est encore dû sur les lettres de change et autres engagements par écrit, énoncés dans la spécificalion ci-jointe, que Sa Majesté le roi de Prusse se réserve expressément, et que Sa Majesté le roi de Pologne promet de faire acquitter exactement, et selon la teneur desdites lettres de cliange, et autres engagements par écrit donnés làdessus, sans le moindre rabais ou défalcation, et dans les monnaies y promises.
2. Pour ne laisser aucun doute sur la nature et la solidité des arrangements à prendre sur les aiïaires de la Sieuer^ dont il a été fait mention dans l'article 7 du traité de paix, Sa Majesté le roi de Pologne, électeur de Saxe, déclare qu'elle prendra des arrangements pour qu'aucun des créanciers de la Simer ne perde la moindre partie de son CApital ;
Qu'il est impossible de payer les intérêts arriérés, après que tous les revenus du pays ont été notoirement absorbés par les calamités de la guerre ;
Que la méinc raison doit valoir pour Tannée présente, après toutes les charges auxquelles le pays a déjà été obligé de fournir;
Mais que, pour le futur. Sa Majesté prendra incessamment avec les Ëlats de la Saxe, assemblés en diète, les arrangements nécessaires pour établir un fonds préalable sur les revenus les plus clairs du pays, lequel sera :
1" Principalement employé ftour payer exactement les intérêts, qui ne pourront pas être fixés au-dessous de trois pour <rent, tout comme ils ne pourront pas passer lesdits trois pour cent;
3» Que le reste fera le fonds d'amortissement pour l'acquit successif des capitaux, qui augmenterai proportion de l'acquit des capitaux et de la diminution des intérêts, et dont la distribution se fera annuellement par le sort, sans aucuqe préférence pour qui, ou à quel litre que ce soit ;
3" Que l'administration dudit fonds total, destiné au payement des intérêts et au remboursement des capitaux , sera fixée en la susmentionnée diète prochaine des États de Saxe, de façon que plénière sûreté
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s'y trouve, Sa Majesté le roi de Pologne, électeur de Saxe, promeUanl de donner Ik-dessus toutes les assurances conYeuables.
3. Il a été convenu et arrêté, que les titres employés ou omis de pari et d'autre, à l'occasion de la présente négociation, dans les pleins pouvoirs et autres actes, ou partout ailleurs, ne pourront 'élra cités ou tirés k conséquence, et qu'il ne pourra jamais on résulter aucun préjudice pour aucune des parties intéressées.
[.es présents trois articles séparés auront la même force que s'ils étaient mot à mot insérés dans le traité principal, et ils seront également ratiflra des deux liaules parties contractantes.
En foi de quoi, les soussignés, plénipotentiaires de Sa Ifiû^l^ 1® roi de Prusse, et de Sa Majesté le roi de Pologne, électeur de Saxe, ont signé ces présents articles séparés, et y ont fait apposer les cacheta de leurs armes.
Fait au château de Ilubertsbourg, le 15 février 1763.
(L. S.) EWALD-FaéDÉHIC DE HERTZBEaC.
(L. S.) Thomas, buron de FiiTSCH.
Tous ces documents, d'un haut intérêt historique, furent recueillis par les soins de M. le comte de Ilertzberg : on les trouve dans ses Œuvres politiques^ avec une foule d'autres précieux détails, soit sur le gouvernement intérieur de Frédéric, soit sur les transactions de la politique contemporaine.
ÏAis citations suivantes tem|>^reront un peu l'aridité des pièces diplomatiques ci-d(is.sns rapportées : tout ce qui touche ii l'économie politique est de saison aujourd'hui.
« le me contenterai de dire que nous avons presque toutes les Ikhriques possibles, et que non-seulement nous pou ni 030ns exclusivement les Étals prussieus, mais aussi des pays fort éloignés, comme l'Espagne et l'Italie, en toiles et lainage, et jusqu'à la Chine, où noe pelits draps de Silésie passent par la Russie. Nous exportons tous les ans pour six millions d'écus eu toiles et pour quatre millions de draps et de lainage, ce qui, joint aux ouvrages de fer et dit quincaillerie du comté de la Mark, qui roulent sur un million d'éi-us, aux bois du Brandebourg et de k Poméranic, aux blés, lins et bois de la PrusM, fi au commerce important de la Pologne que nou» faisons par Ko-
tiigsb€rg, Ueroel, Eibing, Danlzid^ elSletlin» uous assure une balance très-fÎEiTorable pour le commerce. Nous avons dans tous les Étals du Roi jusqu'à cent vingl-lrois mille ouvriers qui travnillenl en soie, en laine, en toiles, en coton, en cuir et autres matières, des marchandises pour la valeur de seize millions d'écus, dont il y en a huit pour le débit étranger. En comptant seulement quatre personnes par chaque famille d'ouvriers, nos fabriques donnent la subsistadce à un demimillion d'ouvriers, et, par conséquent, à la douzième partie de la population. On peut juger par là s'il est vrai que l'État prussien soit purement militaire. »
Et plus loin (page 246) ; « La partie des mines, qui n'existait autrefois que pour le cuivre, devient de jour en jour plus importante sous la direction d'un ministre habile et éclairé. Elle donne déjà un produit national d'un demi million , et doit naturellement procurer la subsistance d'un grand nombre d'ouvriers, ce qui augmentera surtout et deviendra de la plus grande importance par les vastes carrières de charbon que Ton exploite dans le comté de la Mark, pour en faire un grand débit en Hollande, et dans le duché de Silésie, où on les emploie avec avantage dans les grandes fabriques de toiles de ce pays et à leur blanchissage; et l'on a lieu d'espérer aussi qu'en les transportant à Berlin, on pourra s'en servir pour suppléer au terrible manque de bois qui se manifeste presque dans toute l'Europe. »
Ces données doivent inspirer une entière confiance ; M. de llertzberg est un des ministres les plus éclairés, un des meilleurs citoyens qu'ait eus la Prusse. Pendant plusieurs années, il lut dans le sein de l'Académie, et pour l'anniversaire de la naissance du Roi, quelques dissertations historiques, littéraires et morales, à la suite desquelles il plaçait un tableau rapide de l'administration publique ; ces mémoires devaient être et furent toujours écrits par lui en langue française. 11 y règne un ton de franchise, une chaleur de patriotisme, une bonne foi vraiment remarquables.
« On reconnaît de plus en plus, » y dit-il (tome 1, page 268), c que la grande politique ne consiste pas dans le mystère dont les gouvernements se couvraient jadis, mais que ceux qui ogissent à découvert, avec publicité et franchise, gagnent beaucoup plus la confiance des sujets et des voisins.
« Voilà, puisqu'il faut justifier quelquefois les actions les plus innoeentes, les véritables et seules raisons qui m*ont engagé à publier ces
PIKCKS
inriiioin;s. lion premier but est de couserver ainsi, dans les fasles de TAcadt^niie du moins, une parlîe des excellents arrangemenls que le Moi fait chaiiue année dans l'intérieur de son gouvernement, qui ne sont connus que d'un certain nombre de personnes, et dont le souvenir peut se perdre aisément. C'est ainsi que le public est peu instruit de prcHque tout ce que le Itoi a fait dans cette partie avant la guerre de Sept'Ans. Mon second but est de faire voir k d'autres souverains et à la imslérité, par des exemples aussi rares qu'instructifs, ce qu'un bon prince peut et doi^ faire pour procurer et pour assurer ii sa nation toute la prospérité dont elle est susceptible. Mon troisième et mou principal but est de faire connaître aux patriotes et à tous ceux qui s'y intéressent |»ar quels moyens notre grand roi est parvenu ii donner il son Ëtat, aussi médiocre en étendue et |)0ur la qualité du terroir» nu degré de puissance qui le met de niveau avec les premières monar^ tliies de l'Europe , k lui assurer une consistance permanente aussi longtemps qu'on observera les mêmes règles de gouvernement, el k lui faire jouer ce rôle brillant , quoique dangereux et difficile , qu'il est obligé de soutenir dans la position locale de la monarcbie prus> sienne, pour sa propre conservation, et pour celle de l'équilibre de l'Allemagne et de l'Europe. Je crois que des observations de ce genre, faites et publiées d'une manière qui ne blesse ni les intérêts ni la délicatesse de personne, peuvent contribuer k élever l'àme des patriotes prussiens, et k leur inspirer, ainsi qu'aux amis de la Prusse, de la confiance en une puissance qui ne veut et ne peut même, par son intérêt el sa position, employer ses (orcA^ ([ue pour soutenir la justice ei la silreté générale. »
Frédéric avait une haute estime pour M. de llertzberg. Lon du traité d'ilubertsbourg, qui mit iin, après des négociations aussi bien dirigées que rapides, k la guerre iïeSept-Afu : « Vous avez fait la paix, lui dit ce prince, comme J*ai fait la guerre, un contre trois. »
(C) Si M. de Yergenncs n*a pas droit k la réputation d'un grand ministre, du moins fit-il constamment preuve de sagesse et d'habileté. Enti-e ses mains, le département des afl'aires étrangères prospéra; la giK I re d'Amérique eut une heureuse issue. Vivement attaqué par les partisans d'un système de protection prohibitive, son traité de oomnierce avec l'Angleterre a pour lui les trois ou quatre années de iun exécution. Sous ce ministère, la France commença k se relever de l'a-
haissement de la guerre de Sep^Anê; son inlervenlioii dans les difTérends nés de la succession de Bavière; le trailé de Teschen, conclu sous ses auspices, la ligue des puissances neutres pendant la guerre d'Amérique, le traité de commerce avec la Russie; l'assistance donnée à la Hollande contre les prétentions de Joseph 11 : voilà des tit.es qui honorent M. de Vergennes ^
(D) t Dans son respect sincère pour la nature humaine, il regardait toute tentative de corruption comme un attentat; aussi ne fit-il jamais de l'or qu'un usage pur, irréprochable. Il savait que le plus grand crime du pouvoir, c'est de dépraver les cœurs, de fausser les consciences, et qu'avilir les hommes, c'est blasphémer Dieu.
<r Toigours fidèle à cette noble conviction, Joseph s'est fait en cela un rôle à part, une gloire à lui.
<c De son vivant, ce prince eut pour ennemis les privilégiés de toute espèce; race implacable contre quiconque ose réduire son immense curée. D'une extrémité de l'Empire à l'autre, ils organisèrent le mécontentement, semèrent la haine et la calomnie, préparèrent les rési • stances. Aussi, quand des réformes prématurées soulevèrent impi udein ment les peuples, tout était prêt ; un des souverains qui ont le plus honoré le trône, fut combattu comme un tyran farouche.
« Ces mêmes ennemis ont poursuivi Joseph au tombeau *.
t Mais la mémoire de ce monarque est sous la sauvegarde du genre humain.
n Si l'histoire a dû relever et déplorer ses fautes, elle doit aussi justice entière au souverain longtemps méconnu ; elle peut, sans adulation, inscrire le nom de Joseph parmi ces noms d'élite que bénit la postérité.
tt Aujourd'hui, à l'heure qu'il est, l'Autriche vit des mêmes idées qu'elle repoussa : tout imprégnée de l'esprit de Joseph, elle prosr»^re avec calme, h l'ombre de ses réformes. Un homme d'État, dont nul ne peut récuser la longue expérience et la haute autorité, a dit qu'rn inoculant ce germe salutaire au corps de la monarchie, Joseph l'a préservé, pour longtemps, de toutes révolutions.
> Lêttrei et in»truction» de Louis XVIH nu romlt de Sninl-PrieiH, prAr^dée» iluHe Sotir.i par If. de Bavante.
• Voir /»i>retjiiifi7ira</r^«, IcUrwN rH).
!(70 PIÈCES iCSTIPICAYtVEB.
n Heureux les peuples que leurs rois dispensent de reeourir à ees terribles ressources. »
(Histoire de Joêeph 11, li?re IV.)
(E) c Sire, plein de respect et de crainte pour rÊlre-Suprème, je ne puis m'empéclier de rappeler à Votre Majesté le plus grand et le plu» nécessaire des trésors, qui peut seul tous rendre heureux. Ce trésor, c'est la foi qui vient de Dieu Le plus sage lui-même ne saurait se la donner; Dieu seul le peut. Mais la haute intelligence de Votre Majesté sentira Lien que, s'il s'agissait d'avoir une chose de cette importance, et qu'elle pût conduire avec certitude à la vie étemelle, il serait nécessaire de la demander à Dieu par la prière, les bonnes œuvres et la méditation de la parole de Dieu. Cette certitude, Dieu, le père des miséricordes, la donnera à Votre Majesté, si Elle veut reconnaître la médiation de son fils Jésus-Christ, cette médiation d'amour et de charité; si Elle veut adopter les sentiments qu'elle inspire, et désirer sincèrement d'avoir son saint esprit p^ur guide. Le bonheur éternel vaut bien la peine qu'on y pense. On l'obtient de la grâce de Dieu en s*humiliant devant lui. t Si vous ne vous convertissez, dit Jésus, el ne devenez semblables k des (letils enfants, vous n'entrerez point daiu le royaume des cieux. • La chose est sans doute difficile à Votre Migesté; mais, avec l'aide de Dieu, tout est possible! Puisse son divin Fils avoir pitié de vous !
« Je suis avec le plus profond respect et une cliarité toute chrétienne, etc.
c Le chrétien simple et fidèle,