‹ Histoire de Frédéric le Grand (volume 2)Chapitre 18 sur 22 · II · texte numérisé non relu

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marck sera fort fàcliée de renoncer à un arrondissement si désiré, on prétend qu'il a fait proposer un autre plan à la cour de Danemarck, pour réussir dans ses vues. On n'a pas encore pu approfondir en quoi consiste ce plan , de quelle fn^-on il a promis de le seconder, s'il vise même à des moyens violents, et ce qu'il se veut stipuler en retour. Cependant mes avis font conjecturer que, dans ce projet, on n'aura pas oublié le prétexte de la religion grecque, que le grand -duc a embrassée, et qui n'est pas une des religions tolérées dans l'Empire , et qu'on se flatte d'y mêler par ce moyen l'Empire et les garants de la paix de Weslpbalie.

Quoique je ne prétende rien décider sur ce projet, d'ailleurs si conforme au génie du roi de Prusse, et que je ne sois aussi d'opinion que la cour de Danemarek n'en sera pas la dupe, l'idée seule d'un pareil projet parait pourtant être assez importante pour que vous en fassiex confidence au ministère de Russie, quoique avec le ménagement nécessaire, etc.

N. XXIII. — Extrait (Tune lettre du sieur Funk au comte de BriM^ de Pétersbourg^ le 9 juin 1755, traduit.

On rendrait un bon service à la cause commune, si l'on supp(^ditait en conliunce à M. de Gross, qu*il fasse mention dans un de ses rapports en termes généraux , uniquement pour avoir l'occasion de l'insinuer adroitement k Tlmpéralrice , que le roi de Prusse devait avoir trouvé un canal en Gourlande, pour être exaclemrnt informé des secrets de cette cour, etc.

N. XXIV. — Extrait de la dépêche du comte de BrUhl à M. de Funk, du 23 juilUt i755, traduit.

En accusant votre dépécbe du 30 passé, je vous dirai que jo n'ai paa manqué de m'acqultter, envers M. de Gross, de la commission contenue dans votre lettre du 9 passé. Il a reçu avec reconnaissance l'avis qu'on lui adonné, qu'il ne (lourrait pas mieux fuire sa cour qu'en faisant dans s('s rapports souvent et aiIroittMnent mention des vues fiernicieuset <H dis «rtilict*s de la cour de Prusse , qui ne sont quo trop vrais , et il ne manquoru pas de prolitt^r de re conseil, tMr.

JUSTiriCATiVRS. 547

N. XXV. — Ex/rai7 de fa lettre du sieur Funk au comte de BrUht , de Pétersbourg, te 20 octobre i755.

Ce que je puis dire de positif de l'objet des délibérations du dernier Grand Conseil consiste en ceci : qu'en prenant pour base le résultat connu du Grand Conseil de^Moscou, on a établi de nouTeau, comme une maxime fondamentale pour le futur, de s'opposer de toutes ses forces à l'agrandissement ultérieur de la maison de Brandebourg et de se mettre pour cet effet en si bon état, qu'on puisse proflter de la première occasion qui se présentera, t et l'on est résolu d'attaquer le roi de Prusse sans aucune discussion ultérieure, non-seulement dans le cas que ce prince vint à attaquer un des alliés de cette cour-ci, mais cela doit atissi aYoir lieu si le roi de Prusse venait à être entamé p^r un desdils alliés de cette cour. » On veqt établir pour cet effet des magasins pour cent mille bommcs k Riga, Mittau, Liebau et Windau, et l'on (^ trouvé pour cela un fonds de deux millions et demi de roubles et un autre fonds annuel d'un million et demi pour entretenir ces arrangemepts.

N. XXVI. — Extrait de la dépêche du eonUe de Briilh au secrétaire Prasse, à Pitersbourgy du 2 juin nS6.

Pour ce qui regarde la commission secrète, de faire parvenir à Pétersbourg, par des canaux cachés, l'avis des machinations prussiennes en Ukraine , nous sommes encore occupés à trouver un bon et sûr canal, et l'on s'apercevra bientôt de façon ou d'autre de l'eflet de mon inclination personnelle à seconder une si bonne intention, quoique un peu artificieuse.

N. XX VII. — Extrait de la lettre du comte de Flemming au comte de BrUhl, de Vienne, le 5 juin i75G.

Je dois encore ajouter qu'il a été e i^oint à M. le comte de Kayserling, par le dernier rescript, do ne ménager ni peines ni argent pour parvenir k une connaissance exacte de l'état des revenus de cette cour-ci. Il y a apparence qu'on en veut être informé, pour savoir au juste si Ton est ici h même de pouvoir soutenir par ses propres fonds, et sans le secours de l'Angleterre, les frais d'une guerre, et si elle peut en oulrc fournir des subsides, etc.

!hi méme^ en date du 9 jttin.

On a Heu de présumer qu'il a été concerté enlre les deux cours impériales de Vienne el de Russie que celle-ci, pour masquer d'autant mieux les véritables raisons de son armement, le fasse sous le prétexte apparent de se trouver par là en état de satisfaire à ses engagements, contractés dans la dernière convention subsidiaire avec l'Angleterre, en cas qu'il en fût besoin, et' quand tous les préparatifs seront achevés, de tomber inopinément sur le roi de IH'usse, etc.

Du méme^ en date du id juin, .

Par les ouvertures générales et obscures qu'un certain ministre a faites au sieur Prasse touchant l'armement de la Uussie, et que Voire Excellence a bien voulu me communiquer par ladite dépêche, j'ai remarqué que ce ministre commence à devenir plus réservé et mystérieux sur les intentions de sa cour. Celte retenue me parait être conforme à celle qu'on garde ici, où l'on se contente également de donner à entendre qu'on a d'autre dessein que de se tenir en repos, et se préparer en attendant ii tout événement qui pourrait arriver dans les présentes conjonctures, etc.

N. XXVIU. — Lettre du comte de Ftemming au comte de BrUhl, Vienne, ce ^ juilUt il^.

Monseigneur,

M. de Klinggratr rerut, samedi passé, un eiprès de sa cour, en conséquence duquel il envoya, le lendemain, un billet k If. le comte de Kaunitz, pour le prier, avec beaucoup d'empressement, de lui marquer une heure où il pourrait lui parler. Ce billet fut remis à ce diancelier d'État, justement lorsqu'il st^ trouvait en conférence avec les maréchaux comtes de Neii|>erg et de Brown, et avec le général prince Piccolomini. Et, comme il était intentionné de se rendre d'abord après la conférence aupn>s de l'Impéralrice-Reine , |)Our lui en faire son rapport, il lit répondre à M. de KlinggrufT qu'il était à la vérité obligé d'aller ii Seliœnbrunn, mais qu'il lui ferait cependant plaisir s'il voulait se hàler de venir dans Tinslanl niémt;; ce que le minisire prussien

n'a pas manqué de faire. M. le comte de Kaunitx m'a dit conGdemment, dans un entretien que j'eus hier matin avec lui, que M. de KlinggraflT, d'abord en entrant chez lui, avait donné à connaître, avec un certain embarras mêlé d'inquiétude, qu'il venait de recevoir un exprès de sa cour, qui lui avait apporté des ordres dont il devait exposer en personne le contenu à l'Impéralrico-Reine, et que, pour cet effet, il lui était enjoint de demander une audience particulière de Sa Majesté, qu'il le priait de vouloir bien lui procurer. Que lui, comte de Kaunilz, avait répondu qu'étant sur le point de se rendre à Schœnbrunn, il se chargeait volontiers de demander pour lui l'audience qu'il désirait, mais qu*ii ne pouvait se dispenser de lui faire entendre qu'il était à propos de le mettre en étal de pouvoir, du moins en général, prévenir l'Impératrice sur la nature des insinuations qu'il avait ordre de faire k Sa Majesté. Que, là-dessus, M. de KlinggralT lui avait dit qu'il était chargé de demander amiealemefU et par voie d'éclaircissement, au nom du Roi, son maître, à quoi aboutissaient les armements et préparatifs guerriers qu'on faisait ici, et si peuirètre ils le regardaient; ce qu'il ne saurait cependant s'imaginer, ne sachant point y avoir donné occasion en la moindre chose. Que lui, Raunitz, avait répliqué qu'il ne pouvait lui répondre d'avance sur cette ouverture ; qu'il ne manquerait pas d'en faire incessamment son rapport k l'Impératrice, et de lui procurer l'audience qu'il désirait. Que cependant il ne pouvait s'empéclier de lui dire qu'il était surpris de Texplication que le Roi, son maître, demandait au sujet des mesures qu'on prenait dans ce pays, après que de ce côté-ci on n'avait témoigné k ce prince aucune inquiétude ni ombrage des grands mouvements et préparatifs qu'on avait remarqués dans son armée. « Ce ministre m'a ajouté qu'étant allé immédiatement après k Schœnbrunn, il avait, chemin faisant, réfléchi sur la réponse qu'il conseillerait k sa souveraine de donner k M. de KlinggralT, et qu'ayant cru entrevoir que le roi de Prusse avait deux objets en vue, qu'on voulait également éviter ici, savoir, d'en venir k des pourparlers et k des éclaircissements qui pourraient d'abord causer une suspension des mesures qu'on jugeait nécessaire de continuer avec vigueur, et, en second lieu, d'amener les choses plus loin, et k d'autres propositions et engagements plus essentiels, il avait jugé que la réponse devait être d'une nature qui éludât entièrement la question du roi de Prusse, et qui, en ne laissant plus lieu k des explicalions ultérieures, fût en même temps ferme et polie, sans être sus-

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ceptible d'aucune inlerprélalion ni sinistre ni favorable. Qu'en conformité de celte idée, il lui avait paru suffire que l'Impératrice se contentai de répondre simplement que, dans la forte crise générale où se trouvait l'Europe, il était de son devoir et de la dignité de sa couronne de prendre des mesures suffisantes pour sa propre sûreté, aussi bien que i)our celle de ses amis et alliés. > Que l'Impératrice-Reine avait approuvé cette réponse, et que, pour montrer que la démarche et demande du roi de Prusse ne causait pas ici le moindre embarras, Sa Majesté avait fait Gxcr l'heure pour l'audience de M. de Klinggraiï d'abord pbur le lendemain, qui fût avant-hier, et, après avoir écouté la proposition de ce ministre, comme il l'avait exposée la veille à II. le comte de Kaunitz, Elle lui avait précisément répondu dans les termes mentionnés, et avait rompu, par un signe de tétc, tout d'un coup l'audience , sans entrer dans un plus grand détail. Il est vrai que tout Vienne, qui élait alors assemblé dans l'antichambre de l'impératrice- Reine, h cause du jour de gala, à vu entrer et sortir, le moment d*après, 11. de Klinggratr avec un air assez étonné, le tiens toutes ces circonstances de la bouche de M. le comte de Kaunitz, qui m'a, dans cette rcnc4)ntrc, parlé avec plus d'ouvcrturo et de confiance qu'il n'a fait jusqu'à présent, me chargeant même d'en faire usage dans mes dépêches à Votre Excellence, se réservant néanmoins là-dessus un secret des plus exacts.

Ou doute d'autant moins que cette réponse, aussi énergique qu'obscure, ne jelte le roi de Prusse dans un grand embarras; et l'on prétend ici que ce prince doit être dans de grandes inquiétudes, et qu'il a déjà tiré de son trésor près de trois millions d'écus, que ses préparatifs et augmentations lui ont coûté.

On présume que le but qu'il s'est proposé, par la demande sui-all^guée, a été probablement, que, si l'on avait répondu que c'était lui qui avait occasionné les armements qu'on faisait ici , il aurait tAché de s'en disculper, en donnant pour preuve que, par cette raison, il n'avait pas môme assemblé les camps qu'il avait fait déjà tracer pour exercer les soldats, mais qu'il avait ordonné aux régiments de se séparer, imaginant peut-être de mettre celte cour dans la n^^cessité de suivre ion exemple, en discontinuant également ses préparatifs. Je crois ce|iendiuit qu'il aurait do la peine à la détourner de son dessein par cet sortes d'illusions.

On a su par un exprès, dé|Mk;hé par le comte de Puebla, arrivé la

tances de pait par les plénipotentiaires ttommés de part et d*autre. Sa Majesté l'impératrice-reine apostolique de Hongrie et de Boiième a nommé et autorisé k traiter et conclure en son nom, le sieur Henri Gabriel de Gotlenbacli, son coilseiiter aulique actuel et trésorier de Tordre militaire de Màrle-Thérèse ; et Sa Majesté le roi de Prusse a nommé et autorisé de son côté, pour la même Gn, le sieur Ewald- Frédéric de Hcrl^berg, son conseiller privé d'ambassade; et Tespril de conciliation qui a présidé k cette négociation lui ajrant donné tout le Succès déliré, les susdiu plénipotentiaires, après s*èlre dûment communiqué et avoir échangé leurs pleins pOU\Oirs, sont convenus des articles suivants d'un traité de pait.

Art. I"'. H y aura désormais une pait inviolable et perpétuelle, de mémo qu'une sincère utiion et parfaite atnitié, entre Sa Majesté Timpératrice-reine apostolique de Hongrie et de Bohème , d'une part , et Sa Majesté le roi de Prusse de l'autre , et entre leurs héritiers et successeurs, et tous leurs États et st^eU, de sorte qu*à l'avenir, les deut hautes parties cotitraCUutcS ne commettroili iii hé permettront qu'il se commette aUcUne hostilité secrètement ou publiquement, direclement ou indirectement, et n'entreprendront quoi que ce soit, et sous quelque prétexte que ce puisse être, l'une au préjudice de l'autre; mais elles apporterontplutôtla plus grande attention à maintenir entreelleset leurs États et sujets une amitiéet correspondance réciproques ; et, évitant tout ce qui pourrait altérer à l'avenir l'union heureusement rétablie, elles s'attacheront à se procurer, en toute occasion, ce qui pourra contribuer à leurs gloire, intérêts et avantages mutuels.

2. H y aura, de part et d'autre, un oubli éternel et une amnistie générale de toutes les hostilités, pertes, dommages et torts commis pendant les derniers troubles des deux côtés , de quelque nature qu'ils puissent être , de sorte qu'il n'en sera jamais plus fait mention ni demandé aucun dédommagement, sous quelque prétexte ou nom que ce puisse être. Les sujets de part et d'autre n'en seront jamais inquiétés, mais ils jouiront, en plein, de cette amnistie et de tous ses elTels , malgré les avocatoires émanés et publiés. Toutes les confiscations seront entièrement levées , et les biens confisqués ou séquestrés seront restitu<^s à leurs propriétaires, qui en étaient en possession avant ces derniers troubles.

3. Sa Majesté l'impératrice-reine apostolique dé Hongrie et de Itohétne renonce, tant pour Elle que pour ses héritiers et successeurs

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généralement, à toutes les prétentions qu'Elle pourrait avoir ou former contre tes Ëtats et pays de Sa Majesté le roi de Prusse, et sur tous ceux qui lui ont été cédés par les articles préliminaires de Breslau et le traité de paix de Berlin, comme aussi à toute indemnisation des perles et dommages qu'Elle et ses États et sujets pourraient avoir souiïeris dans la dernière guerre.

Sa Majesté le roi de Prusse renonce également iiour Elle, et ses héritiers et successeurs généralement, à toutes les prétentions qu'Elle pourrait avoir ou former contre les Étals et pays de Sa Miy^^ l'impératrice-reine apostolique de Hongrie et de Bohême , comme aussi k toute indemnisation des pertes et dommages qu'Elle et ses sujets pourraient avoir souiïerts dans la dernière guerre.

4. Toutes les hostilités cesseront entièrement de part et d'autre dès le jour de la signature du présent traité de paix. A cet cflTet , on dépêchera incessamment les ordres nécessaires aux armées et troupes des deux hautes parties conlractantes, en quelque lieu qu'elles se trouvent; et , au cas que , par cause d'ignorance de ce qui a été stipulé à cet égard, il arrivât qu'il se commit quelques hostilités après le jour de la signature du présent traité, elles ne pourront être censées y porter aucun préjudice, et l'on se restituera lidèlement, en ce cas, les hommes et effets qui pourraient avoir été enlevés.

5. Sa Majesté Timpéralrice-reine apostolique de Hongrie et de Bohème retirera ses troupes de tous les pays et États de l'Allemagne qui ne sont pus de sa domination , dans l'espace de vingt-un jours après l'échange des ratilicalioiis du présent traité, et dans le même terme Elle fera entièrement évacuer et restituer à Sa Miy^^ ^^ roi ^^ Prusse le comté de Glalz, et généralement tous les États, pays, villes, places et forteresses, que Sa Majesté prussienne a possédés avant la présente guerre, en Silésieou autre part, et qui ont été occupés par les trou|ies de Sa Majesté rimpérulrice reine apostolique de Hongrie et de Bohême ou |mr celle de ses amis et alliés, pendant le cours de la présente guerre. Les forteresses de Glat^, de Wesel et de Gueidre seront restituées k Sa Majesté prussienne dans le même état, par rapport auxfortilicalions, où elles ont été, et avec l'artillerie qui s'y est trouvée lorsqu'elles ont été occupées.

Sji Majesté le rui de Prusse reliiera, dans le même espiicede vingt-uu jours après l'échange des ralilications du présent traité, ses troupes de tous les pays et États de rAllenmgue qui no sont pas de sa dominatioo.

et Elle évacuera et restituera, de son cûté, tous les États et pays, villes, places, forteresses de Sa Majesté le roi de Pologne, électeur de Saxe, conformément au traité de paix qui a été conclu, ce même jour, entre Leurs Majestés les rois de Prusse et de Pologne, de sorte que la restitution des provinces, villes et forteresses occupées réciproquement doit être faite eu même temps et à pas égaux.

6. Les contributions et livraisons, de quelque nature qu'elles soient, ainsi que toutes demandes en recrues, pionniers, chariots, chevaux, etc., et en général toutes les prestations de guerre, cesseront du jour de la signature du présent traité ; et tout ce qui sera exigé, pris ou perçu depuis cette époque, sera restitué sans délai et de bonne foi.

On renoncera, de part et d'autre, à tous les arrérages des contributions et prestations quelconques; les lettres de change ou autres promesses par écrit qu*on a données de part et d'autre sur ces objets seront déclarées nulles et de nul effet, et seront restituées gratuitement à ceux qui les ont données. L'on relâchera aussi sans rançon les otages pris ou donnés par rapport à ces mêmes objets, et tout ce que dessus aura lieu immédiatement après l'échange des ratiûcations du présent traité.

7. Tous les prisonniers de guerre seront rendus réciproquement et de bonne foi , sans rançon et sans égard à leur nombre ou à leur grade militaire, en payant toutefois préalablement les dettes qu'ils auront contractées pendant leur captivité. L'on renoncera réciproquement à ce qui leur aura été fourni ou avancé pour leur subsistance et entretien , et l'on en usera en tout de même à l'égard des malades et blessés, d'abord après leur guérison. On nommera pour cet efl*et, de part cl d'autre, des généraux ou commissaires qui procéderont d'abord , après réchange des ratifications, dans les endroits dont on conviendra, k réchange de tous les prisonniers de guerre.

Tout ce qui est stipulé dans cet article aura également lieu à l'égard des Étals de l'Empire, en conséquence de la stipulation générale exprimée a Tari. 19. Cependant, comme Sa Majesté le roi de Prusse et les Étals de l'Empire ont eux-mêmes fourni à l'entretien et à la subsislanco de leurs prisonniers de guerre respectifs, et qu'à cette (in des particuliers pourraient avoir fait dos avances, les hautes parties contractantes n'entendent point déroger, par les stipulations ci-dessus, aux prétentions desdits particuliers à cet égard.

8. Comme l'on est daccord de rendre mutuellement les sujets de

l'une dos hantes parties contractantes, qui pourraient avoir été obligés d'entrer dans le service de l'autre, l'on s*entcpdra, après la paix, amiablement sur les mesures nécessaires à prendre pour exécuter cette stipulation avec l'exactitude et la réciprocité convenables.

9. Sa Majesté i'impératrice'reine apostolique de Hongrie el de Bohême fera iidèlcmenl restituer h Sa Majesté le roi do Prusse tous les papiers, lettres, documents et archives, qui se sont prouvés dans les pays, lerrtts, villes et places de Sa Majesté p^ussi^noe, qu'on lui restitue par le présent traité de paix.

40. Il sera libre aux habitants du comté et de la ville de Glalz, qui voudront transférer leur domicile ailleurs, de |M)uvoir le faire pendant l'espace de deux ans, sans payer aucun droit.

il. Sa Majesté le roi de Prusse confirmera et maintiendra la collation de toutes les prébendes et bénélices ecclésiastiques, qui a été faite pendant la dernière guerre in Turno Clioensi au nom de Sa Majesté l'impératricc-reine apostolique de Hongrie et de Bohème, ainsi que h| nomination qu'Ejle a faite aux places de Drossard, qui sont devenues vacantes pendant cette guerre, dans le pays de Clèves et deGueldre.

12. ]xs articles préliminaires de 1a paix de Breslau, du il juin i749, et le traité définitif de la même paix , signé à Berlin le i8 juillet de la même année, le recès des limites de l'année 1712, et le traité do paix de Dresde du 25 décembre 1745, pour autant qu'il n'y est pas dérogé par le présent traité, sont renouvelés et confirmés.

13. Sa Majesté l'impératrice-reine apostolique de Hongrie et de Bolième, et Sa Majesté le roi de Prusse, s'engagent mutuellement de favoriser réciproquement, autant qu'il est possible, le commerce entra leurs Étals, pays et sujets respectifs, et de ne point souiïrir qu'on y mette des entraves ou chicanes; mais Elles tâcheront plutôt de l'encourager el de l'avancer de part et d'autre fidèlement pour le plus grand bien de leurs États réciproques. Elles se proposent de faire travailler, pour cet efl*et, h un traité do commerce aussitôt que faire se pourra; mais, en attendant, et jusqu'à ce qu'on ait pu convenir sur cet objet, chacune d'Elles arrangera dans ses États, selon sa volonté, tout ce qui a du rapport au commerce.

14. Su Majesté le roi de Prusse conservera la religion catholiqujs en Silésie dans l'état où elle était au temps des préliminaires do Breslau el du traité de jmix de [lerlin, ainsi qu'un chacun des habi* tanls de ce pays dans les possessions, libertés et privilèges qui lut

apparlieniienl l^gilimemenl, sans d^Togcr touicrois h la libcrlô entière de conscience de la religion proteslante el aux droits de souverain.

15. Les deux hautes parties contractantes renouvellent les engagements qu'elles ont pris dans Tarticle 9, et dans Tarlicle séparé du traité de Berlin, du 28 juillet i742, relativement au payement des dettes hypothéquées sur la Silésie.

i6. Sa Majesté l'impéralrice-reine apostolique de Hongrie et de Bohême, et Sa Majesté le roi de Prusse, se garantissent mutuellement, de la manière la plus forte, leurs États, savoir : Sa Majesté Timpératrice-reine, tous les Étals de Sa Majesté prussienne sans exception; et Sa Majesté le roi de Prusse, tous les Élals que Sa Majesté Timpératrice-reine de Hongrie et de Bohême possède en Allemagne. •

17. Sa Majesté le roi de Pologne, électeur de Saxe, doit être comprise dans cette paix sur le pied du traité de paix que Sadite Majesté a conclu ce même jour avec Sa Majesté le roi de Prusse.

18. Sa Majesté le roi de Prusse renouvellera la convention faite, en 1741, entre Elle et l'électeur palatin, au sujet de la succession de JuUiers et de Bergue, sous les mêmes conditions sous lesquelles elle a été conclue.

19. Tout TEmpire est compris dans les stipulations des articles 2, 4, S, 6 et 7 ; et, moyennant cela, tous ses princes et États jouiront en plein de l'efiet desdites stipulations; et ce qui y est arrêté et convenu entre Sa Majesté l'impératrice - reine apostolique de Hongrie et de Bohême et Sa Majesté le roi de Prusse aura également et réciproquement lieu entre Leurs dites Majestés et tous les princes et États do TEmpire. La paix de Westphalie et toutes les autres constitutions do l'Empire sont aussi conGrmées par le présent traité de paix.

20. Les deux hautes parties contractantes sont convenues de comprendre dans le présent traité de paix leurs alliés et amis, et elles se réservent de le^ nommer dans un acte séparé, qUi aura la même force que s'il était inséré, mot à mot, dans ce traité, et il sera également ratifié par les deux hautes parties contractantes.

21. L'échange des ratiGcations du présent traité de paix se fera à Hubertsbourg, dans quinze jours, à compter du jour de la signature, ou plus tdt si faire se |>cut.

En foi de quoi, nous soussignés plénipotentiaires de Sa Miy^^sté l'impéralrice-reine apostolique de Hongrie et de Bohême et de Sa Majesté le roi de Prusse, en vertu de nos pleins pouYoirs qui ont ét4

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échangés de part ei d'autre, aYoas signé le présent traité de paix, et y avons fait apposer les cachets de nos armes. Fait au cliàteau de llubertsbourg, ce i5 février de i'annécf i763.

(L. S.) EwALD-FaÉDéaic de Hertxbbrc.

L'exemplaire de la cour de Vienne est signé t

(L. S.) Henri-Gabriel de r40Li.BNRACH.

Traité de paix entre Sa Majesté le roi de Prusse et Sa Majesté le roi de Pologne , électeur de Saxe , conclu et signé au château de HubertS" bourg ^ le i5 février i7G3.

Sa Majesté le roi de Prusse et Sa Majesté le roi de Pologne, électeur de Saxe, animées du désir réciproque de mettre fin aux cahimités de la guerre, et de rétablir l'union et la lionne intelligence entre Elles, et le bon voisinage entre leurs Ëtats respectifs, ayant réfléchi sur les moyens les plus propres pour parvenir à un but si salutaire, et Son Altesse Hoyale le prince royal de Pologne et électoral héréditaire de Saxe» s'étant employée à concerter une assemblée de plénipotentiaires qui fût suivie d'une négociation, pour l'avancement de laquelle, et pour écarter les retardements que l'éloignement aurait pu faire naître, Sa Mi^eslé le roi de Pologne, électeur de Saxe, lui a confié le soin d'y ménager ses intérêts, on est convenu de faire tenir au ch&teau de IIubertsbourg des conférences de paix.

En conséquence de quoi, Leurs Mi^^l^s ont nommé et autorisé des plénipotentiaires, savoir : Sa Majesté le roi de Prusse, le sieur Ewald- Frédéric de llertzberg, son Conseiller Privé d'ambassade; et Sa Majesté le roi de Pologne, électeur de Saxe, le sieur Thomas, baron de Fritsch, son Conseiller Privé, lesquels, après s'être dûment communiqué et avoir échangé leurs pleins pouvoirs en bonne forme, ont arrêté, conclu et signé les articles suivants d'un traité de paix.

Art. i", n y aura une paix solide, une amitié sincère et un bon voisinage entre Sa Majesté le roi de Prusse et Sa Majesté le roi de Pologne, électeur de Saxe, et leurs héritiers. États, pays et sujets; en conséquence de quoi, il y aura une amnistie générale, et un oubli éternel de tout ce qui est arrivé entre les hautes parties contractantes k l'occasion de la présente guerre, de quelque nature que cela puisse avoir élé, et il n<* sf^a i>oint demandé de dédommagement de part et

d'autre, sous quelque prétexte ou nom que ce puisse être; mais tontes les prétentions réciproques occasionnées par cette guerre demeurcroiil entièrement éteintes, annulées et anéanties.

Les hautes parties contractantes et leurs héritiers cultiveront à l'avenir entre elles une bonne harmonie et parfaite intelligence, en tâchant d'avancer leurs intérêts réciproques, et d'écarter tout ce qui leur pourrait pr^udicier ou y donner la moindre atteinte.

Sa Majesté le roi de Crusse 'promet, en particulier, que, dans les occasions qui se présenteront de pouvoir procurer des convenances à Sa Majesté le roi de Pologne, électeur de Saxe, ou à sa Maison, sans que ce soit aux dépens de Sadite Majesté prussienne, Elle y contribuera avec le plus grand zèle, et se concertera à cet effet avec Sa Majesté polonaise et avec leurs amis communs.

2. Toutes les hostilités cesseront enti^rcimmt, ii compter du 1i février inclusivement; et, depuis le même jour. Sa Majesté prussienne fera cesser entièrement et pleinement toutes contributions ordinaires et extraordinaires, toutes livraisons de provisions do bouche, fourrages, chevaux et autre bétail, ou autres effets, toutes demandes de recrues, valets, travailleurs et voitures, et généralement toutes sortes de prestations, de quelque nature et dénomination qu'elles puissent être, et sous quelque titre ou prétexte qu'elles pourraient être demandées et exigées; comme aussi toute coupe de bois et autres endommagements dans tout l'électorat de Saxe, et toutes ses parties et dépendances, y compris la Haute et Basse-Lusace. Si les ordres que Sa Majesté le roi de Prusse a donnés là-dessus n'arrivaient pas, ledit jour, en tous les endroits occupés par les troupes de Sa Majesté prussienne, et que, par cette raison ou sous d'autres prétextes, il dût arriver qu'on eût pris ou exigé encore quelqu'argent , ou quelqu'autro prestation, de quelque nature ou prix qu'elle pourrait être, des caisses ou des sujets de Sa Majesté polonaise, ou qu'on eût causé d'autres dommages. Sa Majesté prussienne fera restituer sans délai tout ce qui aurait été pris ou exigé, et boniûcr tout dommage et perte. En conséquence de celle cessation générale de toutes sortes de prestations. Sa Miy^lê prussienne renonce également à tous les arrérages des contributions, livraisons, et autres prestations antérieurement demandées et exigées, et déclare que toutes les prétentions y relatives seront et demeureront entièrement éteintes, annulées et anéanties ; do sorte qu'il n'en sera jamais plus fait mention.

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