‹ Histoire de Frédéric le GrandChapitre 20 sur 32 · KI3T0IA1Î · texte numérisé non relu

KI3T0IA1Î

n^ C'est LUriijuo qui, en 1753^ fonda, à Stockljolm, une ucad(!mic des I>elles-lcttres : sous ses auspices, se formèrent aussi la riche bibliothèque du château de Urotihiijgholm', le cabinet d'histoire natur^^lle ilccrit par Linnécp et la belle collection do tableaux qui orne aujourd'hui le musée de Stockholm* Celte princesse aimait à faire rejaillir 6ur le troue Téclat des talents et du giJuie'.

Mais, pour la politesse et le bon goiU, jmlle autre cour n'^îtaitcompuruble alors h la cour de Prusse.

Jusqu'au sein des plaisirs, tout respintit, ii Uerlin, un caractère de grandeur morale ; tout tendait an d^velop|iement de la pousse. Le goût des ai-ts' et d'une (^alantej-ie chevaleresque multipliait, autour de la famille royale, les jeux du tht^Atre, les c:n<rou$eis, des fôtes all(!f;oriques plus <5Idgantes que fastueuses; nobles délassements auxquels présidaient la gloire, les grâces, la beauté ! Un jour que la princesse Amélie

* Loit déiMuillca mortrlJeâ de naUa repowat, avec cvllci do Kltgt^a* ilicm, prts 4e ce cti&teau royal, ild4» un U)mL«au que leur Ut élever U Roi ne.

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* Remarquons ici que I&:

beaucoup \Aus liaul degré tniîulduRit le rente de rt^urafkc. U tiliqur dunl jouiasenl \va payiiaoa * physionomie loute ] ère, * ne te

■ «Le roi de Pn <ientd peiuUes de noire éc* Ca ^

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UR pnl^Dftnic 11.

distribuail les couronnes, Voltaire lui ndivssa les vers jj»suivants :

Jamais dans la Gr^ce cl dans Rome On ne vit de loin jeuXt ni de plus dignes prix. J^ai vu les fils de Mars sous les Iraits de Parts,

Et Vénus qui donnait la pomme '•

A tous ces noms célèbres, il faut en ajouter un nuire, un nom à peine connu dans riiistoîrc^ celui pourtant de la reine de Prusse , Ëlisabeth-Christinû de Brunswick-Wolfenbultel. Cette union, on se le rapjielle, avait été commandée au prince royal par Vinflexible volonté de son père; aussi Fi-édéric, forcé de sacrifier son penchant pour une fille du roi d*Angleterre, ne put-il offrir un sentiment bien vif à une compagne imposée. Mais, appréciant ses rares tpialités, il lui témoigna constamment les plus aOectueux égards- Admiratrice enthousiaste du glorieux époux dont elle excusait mémo, avec une tendre partialité, toutes les actions, cette princesse, par une constante étude, devinait ses moindres désirs pour s*y conformer. Loj^s de la guerre de Sept-Atis^ les dangers, qui menacèrent tant de fors Frédéric, causaient à KUsalieth-Christine les plus vives inquiétudes. Frédéric, le sachant, lui donnait luî-m^me, dans de courtes lettres, la première nouvelle des événements mémorables. Son attache^ ment pour elle était \ * sincère que ne Veut fait croire réloïKnement où il I m\, i* J'apprends^ avec une

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**'**'*tte ft f (tu princf Utnri et Prtm^t Pari*,

i]^ oxti*éme douleur, monsieur, écrivait-il à Un mécle-» ciii, que Sa Majesté la Reine est malade, et que sa maladie pourrait devenir inquiétante et grave, si Ton n'y apiK)rtait un prompt remède. Je vous recommande en conséquence de la voir sans délai, et de vous réunir avec les deux autres médecins de Berlin, aux lumières et à la sagesse desquels vous aurez le plus de confiance, pour lui donner tous les secours qui peuvent dépendre de votre art. Songez bien qu'il s'agit de la personne la plus chère et la plus nécessaire à l'État, aux pauvres et & moi. »

Durant le long règne de son époux, ce fut Elisabeth- Christine qui tint la véritable cour; chez elle, aux jours et heures marqués, se rendaient les ministres, les généraux, le corps diplomatique, les courtisans : chez elle encore, avaient lieu les pi*ésentations d^étrangers. Exact à venir célébrer la fôte de la Reine, c'était là lo seul jour de l'année où Fi*odéric quittait ses grandes bottes, les remplaçant par des bas de soie noirs qui, faute de jarretièi*es, tournaient en plis le long de ses jambes.

Lors()u'il était à Berlin, le Roi paraissait aussi au cercle de la cour avec elle; mais leur intimité n'allait pas plus loin. Jamais la Reine ne fut invitée à venir à Sans-Souci, ni à Postdam, où, chaque été pourtant, Frikléric invitait la famille royale. Elisabeth-Christine ne connut donc point la demeure habituelle de son éiK>u\ ; elle ne s'en plaignait pas; mais voici un fait qui prouve combien cette séparation la blessait.

Le duo Fenlinand de Brunswick étant arrivé h Berlin

sans y être attendu^ et pendant un voyage militaire du i^jo^ Roi| Frédéric lui écrivit que^ 8*il désirait voir Sans-' Souci, il y serait reçu comme lui-*méme, que le choix de da société lui était entièrement abandonné^ et que, si la Reine voulait suivre son frère à Sans^oud, le Roi en serait charmé, tout ayant été prévu pour les rece^ voir.

Ferdinand s^empressa de montrer la lettre à sa sœur : « Non^ répondit celle-ci, avec une noble fierté, le Roi ne m'a jamais invitée à aller à Sans-Souci; je ne veux pas profiter de don absence pour voir ce château sans lui. »

Cette princessci dont TéduCatiofi avait été fort âoi*^ gnée, aimait Tétude; très-pieuse, elle préférait les Oii-^ vrages de religion, sans négliger pourtant la littérature; les bons écrivains allemands et français lui étaient familiers. A ses yeixx, les deux vrais titres d'honneur (F un homme, c'était le mérite et la probité. Aussi ad^ mettait-elle à sa table Lambert, Mérian, Formey et d'autres académiciens. La Reine a laissé des traduc-» lions françaises de plusieurs ouvrages allemands. Voici les plus remai*quables : l"" Le Chrilien dans la solitude, par Cruchot, Berlin, 1770; 2* De ta Destination de Vhomme, par Spalding, Berlin, 1776; 3" Considirationê sur les œuvres de Di>u,parSturm, 5vol., La Haye, 1777; -4" Manuel de la religion, parHermes, 2 Vol., Berlin, 1789; 5** Hymnes de Gellert, ibid., 1790. On lui attribue un autre ouvrage intitulé : Riflesiom smr Vitat des affaires politiques en 1778, adressées aux personnes craintives.

Bien que ses principes religieux différassent beau-

ÀOG , llIbTOIHE

J^^^ A bien couBidérer les choses» le 1*0! de Prusse u*avait point trop à se plaindre du traite d'Aix^la-Qiapelle : presque toutes ses possessions lui étaient conservées; le sacrifice de quelques petits États dont la perte ne Ae^ vait pas rafTaiblir, garantissant son nouvel ordre de succession, eu faisait une loi générale et autbeotique de TEurope.

Louis XV avait, durant la guen*e et lors du congrès, donné des preuves éclatantes de désintéressement; mais ce désintéressement coûtait cher au royaume, et le dispendieux établissement de don Philippe dans les duchés de Parme, de Plaisance, de Guastalla, ne pouvait rien ajouter aux forces réelles, ni à la considération de la France et de TEspagne. Pi*otectrice d*uu prince trop faible pour se défendre lui-môme contre ses voisins, la Maison de Bourlion s'imposa un lounl fardeau. II est vrai qu'en consolidant entre les mains du roi de Prusse la possession de la Silésie, elle suscitait, en Allemagne, un redoutable rival à l'Autriche.

Poui*quoi le cabinet français, oubliant que, dans le Nord, Frédéric était son plus utile alliéi abjura-t-il

renl des conlestalions, que reproduisil ud arlide du traité d'Aii-U- Cliapclle, |>ortant : « Que toutes choses seraient remises sur le pied où elles étaient avant la guerre. » L'Angleterre, invoquant les ooomii»» sions mêmes des officiers français et les traités précédents, réclama donc tout le territoire qui s'étendait entre le fleuve Saint-Laurent, la rivière de Penlagonet ou de Penobscot et TOcéan atlantique.

ne son c6\^y la France voulait restreindre l*Acadiek la partie méridionale do la péninsule, partie comprise entre li» caps de Saiiila-llaric el de Canseau.

DE FUÉDÉniC II. 407

plus tard uno aussi sage politique ? Pourquoi aussi la 1748 France victorieuse souffrit-elle que l'article 17 renouvelât la clause humiliante du traité d'Utrecht relativement au port de Dunkérque?

C'est uno noble et sainte chose que la modération, mais un sentiment plus noble et plus saint encore, c'est le sentiment national.

ÀOÙ ^ lllSTOIHfi

J^^^ A bien considérer les choses^ le roi de Prusse n'avait point trop à se plaindre du traité d'Aix-la-Oiapelle : presque toutes ses possessions lui étaient conservées ; le sacrifice de quelques petits États dont la porta ne de^ vait pas TafTaiblir, garantissant son nouvel ordre de succession, en faisait une loi générale et authentique de TEurope.

Louis XV avaiti durant la guerre et lor3 du congrès, donné des preuves éclatantes de désintéressement; mais c^ désintéressement coûtait cher au royaume, et le dispendieux établissement de don Philippe dans les duchés de Parme, de Plaisance, de Guastalla, ne pouvait rien ajouter aux forces libelles, ni à la considération de la France et de TEspagne. Prolectrice d*uu prince trop faible pour se défendre lui-même contre ses voisins, la Maison de Bourlion s'imposa un lourd fardeau. Il est vi*ai qu'en consolidant entre les mains du roi de Prusse la possession de la Silésie, elle suscitait, en Allemagne, un redoutable rival à TAutriche.

Pourquoi le cabinet français, oubliant que, dans le Nord, Frédéric était son plus utile aUié, abjura-t-il

renl des conleslalions, que reproduisit un article du traité d'Aîi-la- Chapelle, )H)rtant : « Que toutes clioses seraient remises sur le pied où elles étaient avant la guerre, i L'Angleterre, invoquant les oommi»sions mêmes des ofliciers français et les traités précédents, récUupa donc tout le territoire qui s'étendait entre le (leuve Saint-Laurent, la rivière de l^enlagonet ou de Penobscot et l'ik-éan atlantique.

De son côt^, la France voulait restreindre TAcadtek U partie méridionale do la péninsule, parlio comprise entre les caps de SaiiilA-Marie e| de Canseau.

plus tard uno aussi sage politique? Pourquoi aussi la 1748 France victorieuse souffrit-elle que l'article 17 renouvelât la clause humiliante du traité d'Utrecht relativement au port de Dunkérque?

C'est uno noble et sainte chose que la modération, mais un sentiment plus noble et plus saint encore, c'est le sentiment national.

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