‹ Histoire de Frédéric le GrandChapitre 23 sur 32 · I. ÎO · texte numérisé non relu

I. ÎO

AVà) histoire

nu- y comptait plusieui's hommes disUugués. Uu seul bien, mais de tous le plus précieux, manqua ù cette compagnie, rindi^pendance. C^dtait là le vice de sa constitution. Il faut sans doute attribMer à ce motif le singulier jugement quVUe porta dans une circonstance mémorable : chaque classe proposait successivement un sujet de prix ; le tour de la classe de Philosophie spéculative dtant venu» deux de ses membres, Sulzer etBeguelin firent adopter une quostioi) purement métaphysique, et sans application possible. D'Alembert eut le counige de dire h Frédéric que son Académie suivait une mauvaise route; qu'au lieu d'encourager un travers national, il fallait substituer h cette stérile polémique des discussions sérieuses et profitables. Pour donner un exemple de c^s questions telles qu'il les concevait, d'Alcmbert proposa de demander, c< s'il peut jamais être permis de trom|>er le peuple, ou s'il vaut mieux lui découvrir en tout la vérité. »

Enchanté d'une observation dont la justesse Tavait fnippé d'abord, FiHuléric accéda au vœu du philosophe; l'Académie reçut ordre de mettre au coiu*oui*s le nouveau sujet.

Mais, loi*squ'au terme fixé |M)ur adjuger ce prix les Académiciens eui*ent à prononcer entre les divers coiicuiTents, ces messieui-s pmin^ivnt du moins pour celle lois, dit un membre de la même compagnie*, qu'ils st^ connaissaient en politi(pie pratique, aussi bien que d'Aleml>ert en politi((ue morale. Api*i''s avoir déclaré que les

' TliiiMiaiill, A/^A «mrrtiin, vie

nioirps, nq réçpffipensçuç que |(5^ fecjierches ef |e9 toq lents, sans adopte^ pour pela |,es pplQion^ des quteqr^x ils p^rtagèrpjfft le prisf^ entre les de\\% qqyrages qui démqn^rsûènt le mieux, Fun qu^on pQuyajt quelquefois trofpper le pepple^ Y^ulrp qu'op ne le pouvait jamais. C'était sipguljèrefnent répoqdre aii no})le appel du I^oi. Quelque^ pefçonnes se sqnt yiyjBment élevées cQptrja Tobligatipi) if^pqs^^ ps^r pp p^qcje à rAca(|éipie, d'eni-7 ploypr e:i;:cîq9iyeinent dap^ la riédactjqn de ^es (ray^u^ la langue frs^nçaise. Aujourd'hui une telle pie^urç PQ serait qu'un acte vexatoire, une odieuse aiTectation de mépris pour Ticljpme p^{ionalj maiS| quand Ffédériq monta sur le trône, il e\\ était bien aiitreruept; toutes les écoles retentissaient encore de vaines subtilités métaphysiques, qui^en arfôtan^le dévielqppement des esprits^ opposaient aux progrès dp gq^t ^'inexpugnables barrières. A la même époque^ au contraire, la' littérature française, riche des trqphées du gran4 sjècle, avait droit de cité dans l'Europe eplière ; des chefs-d'œuvre en tout genre assuraient sa supréipatie. Frédéric pensa que la communauté de langage, associant TAcadémio à cette considération immense, répandrait au loin ses travaux. De plus, en familiarisant ses compatriote avec une foule d ouvrages remarquables, soit dans les sciences, soit dans les lettres, il ppvrait aux lumières de la France une route assurée vers la Prusse. Son attente ne fut point déçue. Les mémoires de l'Académie de Berlin trouvèrent des lecteurs parmi les hommes instruits de tous les pays. Plus tard, Frédéric-Guillaume II voulut

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I7.S3- toucher a réditica enlevé par son oncle, mais il nVtail pas temps encore; aussi 1* Académie fut-elle réduite à des relations beaucoup moins étendues.

Un prince dévoué à la prospérité nationale, loin de redouter Tinstruction publique et le développement des lumières, y voit les plus fermes appuis de sa puissance, comme ses plus beaux titres de gloire. Pénétré de cette conviction, Frédéric encouragea, dans toutes les classes de ses sujets, l'émancipation des esprits ^ C'est en 1750 que fut créé le grand Consistoire luthérien dont il rédigea lui-même les statuts et les attributions. Ce tribunal ecclésiastique, exerçant tous les droits épiscopaux au nom du souverain entre les mains duquel réside la suprême puissance épiscopale, cura circà sacra, était chargé de veiller aussi sur l'instruction publique, et d*en accélérer les progrès.

Môme mission fut confiée à M. de Zeidiitz, ministi-o d'État, qui rcHmiss^iit déjà plusieui*s auti*es attributions, comme les cultes, la mendicité, etc. Mais, aux yeux du Roi, (le telles précautions ne suflisaient pas; il faisait concourir d'autres personnes encore à la prosi)é-

■ « On donna les mêmes soins à la réforme de tous les colli^ges fondés pour l'inslrucUon de la Jeunesse ; les pédagogues ne s'appliquaient qu'à remplir la mémoire de leurs élèves, et ne tniTaillaienl l>oiiit ii former et k perfectionner leur jugement. Cet usage, qui était une coiilinualion de l'ancienne pédanterie tudesque, fut corrigé ; et, sans négliger ce qui est du département delà mémoire, les iostitutours furent chargés de familiariser, dès la jeunesse, leurs élèves avec U diaU'cliquo, alin qu*ils apprissent k raisonner, en tirant des conséquences justes des princi|»es qu'ils avaient établis et prouvés. ((Kuvrea di- KriMlrrii-, Mémoires de M^\ à Mir%.)

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rilé des écoles publiques ; c'était surtout des membres nsade l'Académie. Ainsi Sulzer inspecta plusieurs provincesi et fut nommé directeur du collège de Joachim, à Berlin ; plus tard, Mérian, qui le remplaça dans cette direction, remplit aussi l'office d'inspecteur du collège français. Or, ce n'était point là de vains titres honoriflques : sous Frédéric, il n'y eut jamais de sinécures.

Tel était le zèle du Roi pour l'éducation de la jeunesse, que, durant la guerre de 1763, au milieu du tumulte des armes et des plus graves préoccupations, il écrivit aa chef du grand Consistoire qu'il venait d'engager huit maîtres d'école en Saxe, contrée où l'on trouve fort peu de paysans qui ne sachent lire. Plus lard, il rédigea, de sa propre main, dans le plus grand détail, une méthode élémentaire à l'usage des enfants.

Ce fut surtout après la guerre de Sepl^Ans que Frédéric put donner un libre cours à son zèle. Chaque année on mettait sous ses yeux les noms des villages sans écoles primaires, et, autant que possible, il y pourvoyait. Dans certaines années, ce prince a fondé jusqu'à soixante écoles.

Les catholiques de Berlin ayant fait entre eux une souscription pour ajouter un établissement de ce genre à leur église, le Roi leur témoigna tout le plaisûr que lui causait cette louable intention, mais en ajoutant : , « Pourvu qu'on ne fasse pas de prosélytes, car je ne le souffrirais pas. »

Dans un i*oyaume où la tolérance éUiit assise sur le trône, chaque religion avait, outre les gymnases et collèges, ses écoles particulières. U existait aussi à Ber-

|7S3- llh un institut appelé Y École réelle, ^wce que renseignement y reposait sur la présentation mâme deS objets. Cette méthode obtint en Allemagne, surtout à Dessau, Un plein succès. En eiTet, des notions qui arrivent à Tesprit par le tact et les yèul s'y gravant en cai-actèi-es inèfTaçableSy les ehfaiits apprennent ainsi, non des motSi mais des choses.

L'exemple du Roi forçait les gentilshommes à le suivre, et rexemj)lc dos gentilshommes entraînait une Ibiile d'alittes imitateurs. Obligés de conéourir à Tentrclieii des écoleà de village, tous, pour plaire au monarque, faisaient plus encore qu'il n'exigeait d'eux. Ailleurs, la rivalité des courtisans tarit les sources de la vie sociale ; en Prusse, elle tournait à l'avantage de h patrie.

Quelques années plus tant, voulant former des hommes propres à la guerre et a la polifHpie, Fi*édéric civa Y Académie Civile et Militaire des jeunes gentilshommes; luimônle en rédigea tous les statuts. L'extrait suivant de cette Instiruction indique comment il concevait les études historiques :

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