U19T01EK
laumei à ddfhut de la personne, 6t ne ^UYadt mielix, fit peridre Keith en effigie; il fo^ça le frère de cet offl-* clër, pour avoii* prdcutë des chevaut à Frédéric, à enther, tomme sergent, dans un régiment.
A Berlin, de nouveaux emportements signalèrent rarrivée du despote. Toute la ftimllle royale s'était jetée à ses pieds, en implorant la grâce de Frédéric; le prince repoussa ses enfants avec dureté, et épouvanta la Reine par ces paroles fc^udrôyantes : « Voti*e fils est mbrt. — Quoi ! s*écria cette tndllieureuse ttïbte, vous auriez été le meurtrier de votre fils ! — Ce U'était plustaion fils, reprit le Roi, mais un désehéur qUi méritait la doort. » A ces mots, la heine tomba sâiis ConhaissaiiCe. Ce spectacle, loin d'attendrir Gilillaurfie, semblait redoubler sa fureur. Étant sorti poUr se faire amener Katt, il rentra chez la Reine, saisit la princesse Frédérique, la renversa, et Teût grièvemeilt blessée sans la résistance de la Reihèi il Taccabta de paroles outrageantes, juhint qu'elle jpayerait de sa tête toiis les chagrins qu'elle lui causait. Or, tout le crime de cette princesse était son tendre attachettient pour son frère. Les menaces de Guillaume s'étendirent jusqu'à la Ileine.
Vint le tdur de l'infortuné Katt : aVant de Hnterrogcr, Guillaume lui arracha sa Croit de Saint-Jean, le frappa de sa cannë^ lé fbilla aut pieds. Kail répondit à toutes ses questions avec fermeté, et dit qU*aU t*esteon en saurait davantage eli ôuv^alit la cassetlk" du prihce, cassette que lui-môme, croyant partir pour le rejoindre, avait remise à ia Reine.
Mais tout était prévu : grûce à un cachet entière-
DE l^liÉbÉtltC II. iSS
ttiënt semblable à celui qui la ôbëlluit et qu'un doti^estiqué àVâit trouve dttùB les jârditiè de AldtibijdU; on put briser les liens passés autOlif de Ift bâësëttë et tes rempUdBTi QUiiizë cetits léltt*ëS,ëi)Virbli; tant de la Reine que de la ^riuceteè Ffédëriqùë, furent bràlëe» : dans Un grand nombre, le Roi n'était pas ^J^âi^gné; dand d'Autres, se révélaient tdtités les intrigues avec T Atigletërre ; Une lettre dëFrédéric> datée du Mdië dé mai^ fui devenue une chaire aK^cablâUte. Elle disait : « Je pars, mon cher Katt ; j'ai si bien prié mes précautions, que je n^ai rien à craindre. Je passerai par Leipsick^ où je me ddUherai je nom de ttiarquis d*AmbrevUlë. J'ai déjà fait avertir Kéith, qui ira droit en Angleterre. Né perdez point de temps, éar je Compte vous trouver à Leipsick. Adieu, àyet boit eourage. »
Il y avait aUsâi des billets d'amour^ des réflexions morales; des remarques sur Thistoiré^ de la main du prinëe> une bourse coUteUant mille pistoleé^ des pierreries et bijoux.
Une fois que tout indice compromettant eut disparu> on dut songer à remplir lé vidé; durant trois jours entiers,' la Reine et sa fille écrivirent six à sept cents lettres aussi innocemment insignifiantes que possible > en ayant soin de prendre du papier de chaque aUUée pour établir une parfaite concordance ' .
> Tout né iful pas ÏMAè alôrd, ei )A Pleine coiiâé^à, jû6(iui U ttôrt, une t)arlio de ce» pàpii^rs. Voici t^ (lûo thiébauU rapporté k cé si^'el :
« Lorsque, dil-U, là îlclûo se Vil, en 1737, ptès de sA morl, elle enveloppa c^ lettres danâ de grandes feuillet dé papier, scellée^ de son iMicliet en cire noire k tous les poinU où ce6 feuillet se rcjoighaient.
182 U18T0IEK
laumei à ddfhut de la personne, 6t ne (iouvailt mieux, (U peridre Keith en effigie; il fot*ça \e frère de cet offl-* ciër, pour avoii* prdcutë des chevûut à Frédéric, à enther, tomme sergent, dans un régiment.
A Berlin, de nouveaux emportements signalèrent r&rrivée du despote. Toute la ftimllle royale s*était jetée à ses pieds, en imjilorant la grâce de Frédéric; le prince repoussa ses enfants avec dureté, et épouvanta la Reine par ces paroles fc^udrdyantes : « Voti*e fils est mbrt. — Quoi ! s*écria cette tndlheureuse ttïbte, vous auriez été le meurtrier de votre (ils ! — Ce li'était plus tiion 111s, reprit le Roi, mais un désehéur qUi méritait la doort. n A ces mots, la heine tomba sdiis ConhaissahCe. Ce spectacle, loin d'attendrir GUillaurile, semblait redoubler sa fureur. Étant sorti poUr se faire amener Katt, il rentra chez la Reine, saisit la princesse Frédérique, la renversa, et Teût grièvemeilt blessée sans la résistance de la Reihè} il l'accabla de paroles outrageantes, juhint qu'elle jpayerait de sa tête toiis les chagrins qu'elle lui causait. Or, tout le crime de cette princesse était son tendre attachement pour son frère. Les menaces de Guillaume s'étendirent jusqu'à la Ileine.
Vint le tour de l'infortilné Katt : aVant de Tlnterrogcr, Guillaiime hii arracha sa croit de Saint-Jean, le frappa de sa cannë^ lé fbilla aux pieds. Kail répondit à toutes ses questions avec fermeté, et dit qu*aU t*esteon en saurait daVanUigë eh ôuVhaiit la cassetlk" du prihce, cassette que lui-môme, croyant partir pour le rejoindre, avait remise à la Reine.
Mais tout était prévu : grûce à un cachet entière-»
DE l'iiÉbÉtitt: II. >I8S
ttiënt Semblable à celui qui la ôbëlluit et qu'un domestiqué ûVâit trouve dttiiB les jârditiè de AlôtibijdUi on put briser les liens passés buWW de Ift bâteëtte et l6d rempldcër^ Qlliiizë Cetits lëltt*ëâ,ëi)Virbli; tant de la Reine que de la priuceteè FfédériqUë, furent bràlëë» : dans Un grand nombre, le Roi n'était pas àp^tf^ùé; danë d'AUtres, se révélaient tdtités les intrigues avec T Atigletëri^ ; Une lettre de Frédéric^ datée du ïAùié dé mai^ fui devenue une chaire aK^cablâttte. Elle dirait : « Je pars, mon cher Katt ; j'ai si bien prié mes précautions/ que je n^ai rien à craindre. Je ^astiërâi pâT Leipsick> où je me donhefai îe nom de miàrqUis d*Ambfevillë. Tâi déjà fait avertir Keith, qui ira dtt)it en Angletéltë. Né perdez point de tempS; ciàf je Compte vous trouver à Leipsick. Adieu, ayez bon ëourage. »
Il y âVâit aUsiii des billets d'amour^ des réflexions morales; dés remarques sUr Thistoiré^ de la main du prinee> une bourse coUteUant mille pistolëé^ des pierreries et bijoux.
Une fois que tout indice compromettant eut disparu, on dut songer à remplir lé vidé; durant trois jours entiers/ la Reine et sa fille écrivirent six à sept cents lettres aussi innocemment insignifiantes que possible > en ayant soin de prendre du papier de chaque aUUée pour établir une parfaite concordance * .
* Tout né iful pas ÏMAè alôrd, et t ïleiHe coiiâé^à, jû6(îui &à ttôrt, une parlio de ceh pàpii^rs. Voici tè «lùo tliiébàult rapporté k ce si^'el :
« Lorsque, dil-ll, là îlelûo se Vil, en 1737, pi-ès de sA mort, clîè enveloppa dsb lettres danâ de grandes feuillet dé papier, sceûéeft de son racliet en cire noire k tous les poinu où c^ feuillet se rcjoighaient.
4 84 HISTOIRB
Telle étSLîi la terreur de la Reiue, et sou impatieuœ d'en finir, qu'elle acheva de remplir la cassette avec toutes sortes de vieux chiffons.
Au reste, il était temps : car, le soir môme, arriva Frédéric-Guillaume, a Nous accourûmes tous, dit la margrave de Bareitli, pour lui baiser la maiu; mais, à peine m'eut-il envisagée, que la colère et la rage s emparèrent de son cœur. 11 devint tout noir, ses yeux étincelaient de fureur, et Técume lui sortoit de la bouche. i( Infâme canaille, me dit-il, oses-tu te montrer devant u moi? va tenir compagnie à ton coquin de frère. » En proférant ces paroles, il me saisit d'une main, m'appliquunt plusieurs coups de poing au visage, dont l'un me frappa si violemment la tempe, que je tombai à la renverse, et me serois fendu la tête contre la corne du lambria, si madame de Jonsfeld ne m'eût garantie de la force du coup, en me retenant par la coiffure. Je restai à terre sans sentiment. Le Roi, ne se possédant plus, voulut redoubler ses coups et me fouler aux pieds. La Reine,
y mil l'adresse de son OU, et confia ce précieux paquet k une personne sûre, sous la promesse de le présenter au Roi, dès que celui-d serait revenu dans ses Ëtals. En 1763, Frédéric, en rentrant dans le cliàleau de Berlin, passa dans une petite tourelle qui forme uq cabinet avancé» du côté de l'ancienne place, k l'angle qui donne sur le Grand Pont. Ce fut k l'instant où ce Roi jetait de Ik les yeux sur sa capitale, qu'on exécuta les ordres de son auguste mère, il savait, sans doute, ce que ce paquet contenait, car il n'y arrêta pas même set regards; il se contenta d'ordonner de le déposer sur la petite table qui était dans ce cabinet, et c'est là qu'il l'a laissé, durant tout le reste de son règne, sans le déplacer ni l'ouvrir. Je Vy ai encore vu dans le même état en 17S4, lorsque j'ai quitté Berlin. • {FrédérMê' ilramd^ on Mes vingt oju de séjour à BfrUn^ tome 1. )
DE FlIÉOÉniC II. 485
mes frères et sœurs, et ceux qui étoient présents l'en empêchèrent» Ils se rangèrent tous autour de moi, ce qui donna le temps à mesdames de Kamken et de Jonsfeld de me relever. Ils me placèrent sur une chaise, dans Tembrasure de la fenêtre qui ëtoit tout proche. Mais, voyant que je restois toujours dans le même état, ils dépêchèrent une de mes sœurs qui leur apporta un verre d*eau et quelques esprits, à Taide desquels ils me rappelèrent un peu à la vie. Dès que je pus parler, je leur reprochai les soins qu'ils prenoient de moi, la mort m^étant mille fois plus douce que la vie dans Tétat où en étoient les choses. Il est impossible de décrire la funeste situation où nous étions.
(( La Reine poussoit des cris aigus, sa fermeté Tavoit abandonnée ; elle se tordoit les mains et couroit éperdue par la chambre. La rage défiguroit si fort le visage du Roi, qu*il faisoit peur à voir. Mes frères et sœurs, dont le plus jeune n'avoit que quatre ans, étoient à ses genoux et tâchoient de l'attendrir par leurs larmes. Madame de Jonsfeld soutenoit ma tête toute meurtrie et enflée des coups que j'avois reçus. »
Trompé dans son espoir, le Roi ne connut plus de mesure : « J'en sais assez, dit-il à la Reine, pour faire voler la tête de Fritz et celle de votre indigne fille. » Celle-ci eut ordre de ne plus quitter sa chambre. « Dans trois jours, ajouta Guillaume, je saurai la mettre en un lieu où elle aura tout le loisir d'expier ses fautes. »
Quiconque avait servi ou connu le prince devenait suspect; les uns furent exilés, les autres envoyés à
Spandaw) ses domedtiques fturènt chasses ou rois en prison. Du Ilan, son précepteur, fiit relégué à Mémel, sur les confins de la Courlande.
De Spam, lieutenant aux gendarmes delà Garde, saiis être aussi avant que Kalt et Keitli dans Tintimité de Frédéric, aVait facilité au prince des entrevues avec Katt, lorsqu'il était de garde à Postdam : arrêté aussitôt après rinterrogatôire de Katt, Spam fut, sans autre forme de procès, renvoyé de l'armée, et condamné, par le Roi, à un an de détention à Spandaw '.
On éspéhiit que le ressentiment de Guillaume se calmerait après cette première explosion; mais Timplacable despote, sourd au cri de la nature> pré])arait sa vengeance; la mort lui semblait Tunique châtiment dû à une faute qu'un autre monarque eût punie de quelques joul's d^arrét^ que tout autre père eût pardonnée. Toutefois, la condamnation de son fils Tembarrassait; car ses ministres et ses plus intimes conseillers lui avalent représenté, avec toutes les précautions convenables, que nul tribunal sur la terre n'avait le droit de juger Hiéritier du trône. Enfin , après avoir épuisé toutes les ressources de son esprit, ou plutôt de sa dureté d'Ame, il résolut, laissant le prince royal
* Après M peine, éUni passé en Hollande, il y dctinl roi^or-génèrai. ^ En 1763, Frtdiric, voyageant alors dans les Provinces-Unlei, alla loger clièt lui, k Clèves) et ibt, pour 11. de Spam, d'une amabilité parfaite. Mais, tout en se plaisant h lui rappeler mille souvenirs de jeunesse, le Itoi garda sur ré%éncnicul de 1730 un alutolu silence; aussi le général disait-il gaiement : « Sa Uajesté a une mémoire admirable jusqu'en 1730. •
DE fMbttac 11. 487
de côté, dé de p\\i6 vdii* en Bon fils que le colonel de ses garàegj corhtne si Id tête de Tun n'était pas celle de Vautré. Un conseil dé guerre fut donb assemblé le 1*^ Uovëmbre, Uiais uoû sânS beaucouii dé peine; car^ chacun s'étant eicusé^ il Mut ti^er les meuibres au sort dans toute l'armée; Le Conseil était cbnipbsé de deux généraux, deux colonels, AbùH lieutenants-colb^ nels, deux majors) deux capit^néS) deux lieutenants. Katt fut condaniné à nlon^ Qutmt à Fl*édéric^ au moment dé )%cUétllif iëS voit cOhinié présideht^ le ))rince d'Anhàlt^ déjà brouillé ai^ee M. de Grumkow, et ré^ concilié avec là Reiuej opifaa pour l'innocence du pHUcei et, tirant son Sâbre^ u qùibonque, s'écria-^t^il, né vbtera pas comme mbi) je lui abatà les oreillesi » Frédéric Ait acqUltté à l'unâtiimité.
t^urieOJtdecejUgeménti le Roi l'annullci choisit un autre conéeil, et ^oûte enfin la satisfaction de voir son fils condamné à mon. Seulsi pai*mi les jugesi les généraux Denhoff et Linger s'étaient prononcés pour l'acquittement^
Depuis ion malheur^ toute la conduite de Katt avait été dighe> noble, résigiiée : il éntetidit l'arrêt tons changer de couleur i « Je me soumets^ dit-^il, aUx or>dres du Roi et de la Providence j je ^ii mourir poUr une belle cause^ et j'envisage le trépas sans frayeur, n'ayant rien à me reprochei*. >>
Une fbis seul, il appela Mi Hartenfeldi de garde auprès de sa personne et son ami : « Tene2, dit-il> en
1 Voyez pièces jusUûcaliycs à la fln du volume (U),
488 IIISTOIRB
lui donnant la botte qui renfeimait le portrait de Frédéric et de sa sœur, gardez-la, et souvenez-vous quelquefois du malheureux Katt; mais ne la montrez à personne; cela pourroit encore faire du tort, après ma mort, aux illustres personnes que j'y ai pemtes*. m
Il écrivit ensuite trois lettres, à son aïeul, à son père, à son beau-frère.
Le soir, un ecclésiastique étant venu le visiter : (( Je suis, lui dit Katt, un grand pécheur; ma trop grande ambition m'a fait commetti*e bien des fautes, dont je me re])ens de tout mon cœur. Je me suis reposé sur ma fortune; les bonnes grâces du prince royal m'ont aveuglé à tel point que je me suis méconnu moi-même. A présent, je reconnais que tout est vanité; je sens un vif re|>entir de mes péchés, et je désire la mort, comme le seul chemin qui puisse me conduire à un bonheur stable et éternel. »
Toute cette journée et la suivante se passèrent en pieux entretiens.
Dans la soii*ée du lendemain, le major Pchenck vint l'avertir que le supplice aurait lieu à Kustrin, et qu'à deux reprises le Roi lui avait ordonné d'y assister. Connue cet officier, en lui exprimant ses regrets dune pareille fission , appelait aussi de tous ses vœux la clémence royale : « Vous avez trop de bonté, lui i*épondit Katt, mais je suis content de mon sort. Je meurs pour un mattre que j'aime, et j'ai la consolation de lui donner, par mon trépas, la plus forte
> àiémoire* de la luarip'ave de BareiUi, lome 1.
DE FRÉDÉRIC II. >i89
preuve d'attachement qu'on puisse exiger. Je ne regrette point le monde : je vais jouir d'une félicité sans fin. »
Puis il se mit en route, le front calme, à pied, par une sombre matinée de novembre, vêtu d'un simple sarrau de soldat, les mains garrottées derrière le dos. L'infortuné touchait à peine à sa vingt-deuxième année. Son âge seul eût mérité quelque indulgence ; mais ses qualités privées lui donnaient d'autres droits à la commisération. Tous furent méconnus; ni les glorieux services de son père, lieutenant-général, ni ceux du feld-maréchal de Wartensleben, son aïeul, ni les larmes de ses amis ne purent désarmer le monarque; Frédéric-Guillaume ordonna l'exécution.
Un échafaud avait été élevé sur la plac« même de la citadelle, de plain-pied avec la chambre du prince, pour qu'on pût y arriver parla fenêtre; ce triste passage était tendu de noir. Chaque coup du marteau des ouvriers retentissait à l'oreille de Frédéric, qui luimême attendait la mort. Dans ces lugubres préparatifs tout était calculé avec un art ingénieusement féroce.
Le jour suivant, Loçpel, commandant de la citadelle, entra dans la chambre du prisonnier. La tristesse répandue sur son front annonçait un message sinistre. Frédéric avoua depuis qu'alors il avait cru toucher à son heure dernière ; mais un sort plus cruel lui était réservé. Le commandant lui annonça qu'il fallait assister au supplice de Katt; tel était Tordre formel du Roi.
A cette nouvelle, le prince qui, jusqu'alors, avait
490 III8T0IBB
ignore la condamnation de son ami, s'élance yen U^ fenêtre, et aperçoit Katt, conduit lentement au lieu ft<» tal. A cette vue, s'adressant aux gardes, il les supplia dans les termes les plus touchants de suspendre l'exécution : a Permettez-moi, demande-t-^il en fondant en larmes, permettez**moi d'écrire un mot, un seul mot à mon père ; oui, je le déclare k la face du oiel, je renonce à tous mes droits k la couronne, mais que Katt, que mon cher Katt soit sauvé, m Tous les cœurs ^ont atten^ dris, mais qui oserait croire seulement possible la moindre retard dans l'accomplissement des volontés de Guillaume. Le cortège funèbre continue sa marche en silence. « 0 mon ami, s'écrie Frédéric, lorsque Katt est assez près de lui pour l'entendre, jamais je ne me conso* lerai de ta mort; hélas! j'en suis la seule cause! Cher Katt, me pardonnes-tu? Dis-moi que tu me pardonnes I Ah ! que ne suis-je à ta place I » Et il lui tend les bra« avec désespoir.
Vivement ému par ces paroles, le malheureux ofll* cier envoie au prince de tendres adieux : « Ah ! Mon* seigneur, si j'avais mille vies, je les donnerais pour vous. » En achevant ces paroles, Katt se met à genoux. Un de ses domestiques veut lui bander les yeux : (f Non, dit-^il, ce n'est pas nécessaire. » Puis il ajoute en ra-* gardant le ciel : u Mon Dieu, je remets mon Ame entra vos mains ; » présente sa tête pu bourreau» et, en tombant, l'infortuné dirige encore ses bras vers son ami. Frédéric roule à terre sans connaissance.
On le porta sur son lit, où il ne reprit ses sew qu'avec beaucoup de peine. En proie à une fièvre brûlante et à
DE FIIÉDÉ}IIG If. i9i
deyiplente§ oonyulsions^ jl ypuljijt se tiipr. On ne le calma (ju'eu liii parlaqt de sa noèrç e\, de 9a sœur Frér dérique. Enfin, après une fpr^ cri^p 4@ Uwft^s et ui) long évanouissement, il sembla moins agité fit ne cher-? cha plus à attei^ter à ses joprs. I^^is UQe profonde mélancolie s'empara de lui. Cpiprnç si Tépreu^e qu'il venait de isubir n'eOt ppjnt été gssez forte, pp laissa, un jour entier, ;siir l'éçhafau^ » devant sa fepétre, le corps sanglant de son ami, qui fut ensuite euti^rr.^ dans un des bastions de la forteri?sse. Le lepdepfiaiQ; 4îgni^ complément de toutes ce)3 horreprs, le l>puri*PaH 91U denaander au |fnaréchal de yV^artppsleben^ psM^ept 4p Katt, le salaire de cette e^écutipp.
Ces affreuses scèpes ne cpptri)?nèrent p^as peu à inspirer à Frj^déric T^yerslpp prpfopidQ qu'il put tou^ s^ yiepour la peine capitalp. ^
Cependant la fapfiille royale et la p.atipn étaient dans Teffroi. Quillaunie avait déclaré que ]ç pri9qnnier (il ne donnait plus d*autre nom au prince depuis SPP arrestation) périrait comme son coniplice S
La Reine, qui chérissajt sop fils, s'ét^jt vainement jetée de popyeau, avec tous ses autres enfants, aux' genoux du pipnarque. Le çH de la patprp av^it été impuissant, mais les frpids calculs de )a politique triomphèrent. Ce fut une réclamation de TEippereur qui obtipt la grlce du prince royal, obstinément refusée aux spllipitations des autres qqui^ étrjstpgères. Seckeu-
< On ne lira peul-èire pas sans inlérôl le portrait que rhjslorien-roi a tracé d'un père dont il avait eu tant à se plaindre. Voyez pièces justificatifes (1).
490 III8T0IBB
ignore la condamnation de sou ami, a'ëlance yen 1^ fenêtre, et aperçoit Katt, conduit lentement au lieu ft« tal. A cette vue, s'adressant aux gardes, il les supplia dans les termes les plus touchants de suspendre l'exécution : a Permettez-moi, demande-t-^il en fondant en larmes, permettez-moi d'écrire un mot, un seul mot à mon père ; oui, je le déclare k la face du oiel, je renonce à tous mes droits k la couronne, mais que Katt, que mon cher Katt soit sauvé, m Tous les cœurs ^ont atten^ dris, mais qui oserait croire seulement possible le moindre retard dans l'accomplissement des volontés do Guillaume. Le cortège funèbre continue sa marche en silence. « 0 mon ami, s'écrie Frédéric, lorsque Katteat assez prèsdehii pour l'entendre, jamais je ne me conso^ lerai de ta mort; hélas! j'en suis la seule cause! Cher Katt, me pardonnes-tu? Dis-moi que tu me pardonnes I Ah ! que ne suis-je à ta place I » Et il lui tend les bra« avec désespoir.
Vivemont ému par ces paroles, le malheureux officier envoie au prince de tendres adieux : « Ah! Mon* seigneur, si j'avais mille vies, je les donnerais pour vous. » K)n achevant ces paroles, Katt se met à genoux. Un de ses domestiques veut lui bander les yeux : a Non, dit-il, ce n'est pas nécessaire. » Puis il ajoute en regardant le ciel : u Mon Dieu, je remets mon Ame entro vos mains ; » |)résente sa tête pu bourreau, et, en tombant, l'infortuné dirige encore ses bras vers son ami. Frédéric roule à terre sans connaissance.
On le porta sur son lit, où il ne reprit ses seiis qu'avec beaucoup de |>eine. En proie a une fièvre brûlante et à
DE ntùÈ^ic II. i9i
de violente^ oonyulsions^ jl yoi|)$)jt se tiipi*. Ou ne le calma ({n'eu lui parlaqt de sa noèr^ e\, de aa sœur Fré-r dérique. Enfiu^ après uue fort^p cri^p 4@ I^npes et un long évanouisseinent, il sembla moips agité fit ùe cher-? cha plus à attester à ses joprs. I^^js UQe profonde mélancolie s'empara de lui. Cpmmç si l'épreuve qu'il venait de subir n'eOt ppjut été gssez forte, pp laissai un jour entier I ;sur Téçhafau^ » devant sa fepétrei le corps sanglant de sou ami| qui fut ensuite eH|;err^ dans un des bastions de la forteri^sse. Le lepdefnaiQ^ 4îgPP complément de |;putes ces horr.eprs, le bpurrpap ^ll^ deniander au ptiarécbal de yy^artppsleben^ psprept 4p Katt; le salaire de cette e^s^écutipp.
Ces affreuses scèpes ne cpptn)?uèrent pas peu à inspirer à Frédéric l'^yers^pp prpfopidç qu'il put ^u(e s^ yie pour la peine capitalp. ^
Cependant la fapiille royale et la p.atipn étaient dans l'effroi. Quillaunie avait déclaré que ]ç prifonnier (il ne donnait plus d'^utrp nom au prince depuis SPP arrestation) périrait comme son cppiplice \
La RcinC; qui chérissajt sop fils^ S*ét^jt vainement jetée de popyeaui avec tous ses autres enfants, aux' genoux du pipnarque. Le çH de lu patprp av^it été impuissant; mais les froids calculs de )a politique triomphèrent. Ce fut uue réclamation de l'Epipereur qui oblipt la grâce du prince royal, pbstinépient refusée aux spllipitatiops dps autres qqui^ étrjsu^gères. Seckeu-
< On ne lira peut-être pas sans inlérôl le portrait que 1* historien-roi a tracé d'un père dont il avait eu tant à se plaindre. Voyez pièces juslificatifes (1).