CHAPITRE IL
De Gigny avant son abbayo.
Les religieux de Gigny disaient, en 1762, a Que , dans le a principe, Gigny était un lieu désert, boisé, marécageux , « et, à cause de cela, choisi pour rétablissement d'un moa nastère de bénédictins ; que tel était l'esprit du temps et a de l'institut ; que le village ne s'était formé qu'ensuite a et autour de l'abbaye ; qu'il en avait été de même de « Baume , de Saint-Claude , de Cluny, de Luxeuil, etc. »
Cette opinion est au moins bien spécieuse , si elle n'est point établie en réalité. Néanmoins, on peut avoir des doutes à cet égard , et présumer que Gigny était déjà un lieu plus ou moins habité , lorsque l'abbaye y fut fondée. En efTet, 1.° ce nom donné, comme on a dit, à douze communes de France qui n'ont point de ressemblances topographiques ou autres, ne s'applique vraisemblablement pas à un lieu désert ; 2.° une légende du onzième siècle au plus tard c. so. mentionne des habitations à Gigny , lorsqu'en Tannée 912 environ , c'est-à-dire , peu de temps après la fondation de l'abbaye , les reliques de saint Taurin y furent apportées ; 3.° une charte de 1 517 déclare positivement qu'il y existait dé- c. K». jà un bourg ou village avant cette même fondation ; 4.° le
4 HISTOIRE DE GIONT.
nom de Sonatine, que porte la belle et excellente source qui fournit d'eau les fontaines de ce lieu , prouverait peutêtre qu'il a été envahi, en 731 environ , par les Sarrasins, lorsqu'ils s'emparèrent de la Bourgogne et qu'ils pénétrèrent jusqu'à Besançon , Luxeuil , Gray , Dijon , Auxerre et Sens l».
Au reste , a supposer l'existence de Gigny à une époque reculée, aucun document ne ferait connaître en quoi ce lieu aurait consisté alors , ni quels événements s'y attacheraient , et il faut convenir qu'on ne peut commencer son histoire que par celle de son abbaye.