‹ Histoire de GignyChapitre 9 sur 356 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Synonymie. Horoonjnle. Étymologie.

Lr bourg dont on va lire l'histoire est une commune du département du Jura , dans la partie de l'ancien Comte de Bourgogne désignée, au moyen âge, sous le nom de pays ou canton de Scodmg (•). II est établi dans un vallon agréable , arrosé par la rivière de Suran et dans un site dont la beauté n'a pas échappé à l'auteur d'une ancienne légende.

Ce bourg a été désigné dans les chartes latines par les noms de Gigniantm, Gigmaciu , Gigncacum, G'ujrùum, Ghmiacum, Ginyacum, G'mniacus, Ghùacus, et dans les anciens titres en français , par ceux de G'ujrite, Gigtùè , Gignyc, Gignyê, G'h gney , G'tynal et Gignia.

Les dénominations n'ont pas été données arbitrairement aux choses, et , quoiqu'on en puisse dire, il existe des éty-

(i) Ce canton était Im ité, talon M. tfomier, h l'oii en», par la crête do mont Jurt; à l'occident, par uoe ligne tirée de Verdun à CliaYannes-sui -Sut-an , en passant par Lonhans; an Cad. par une antre ligne tracée du même lieu de Cha- Tannes a Genève ; au nord, par une troisième ligne tendant de Verdun au mont Jura, en passant par Poligny et Nozeroy.

On trouve en effet, dan» les chartes du tx * et dn x.* siècle, les bourgs on

Villages de Baume, Chtimpagnole, ChayêUfVoland% ChAtetUfChalon% Sm'nt-Chrit' tophe% F'eti^njr% Saiitt-Lnmam^ Saint Lauthrin^ Morget et Vincetlett mentionnes comme dépendants du Scoding. Mais, d'un autre côté, on trouve aussi S**int et Drttcon indiqués comme en faisant partie, quoique situés au nord de la ligne i tandis que Pollçny même est cité comme élant du canton du Vareis,

TIISTOinE DE GIGNY.

mologies très certaines. Lo nom de Gigny n'a pas été imposé

non plus sans motif au lieu qui nous occupe , d'autant

mieux qu'il existe en France au moins douze communes

ainsi désignées W. II serait donc satisfaisant d'en découvrir

l'étyniologie ; mais l'auteur de celte histoire avoue n'être

parvenu, au moyen de ses recherches et de ses méditations, à

en trouver aucune qui fût fondée. A la vérité , on pourrait

penser que ce mot signifierait un monastère, si on admettait,

avec le célèbre érudit Ducangc, que GUjnasium , dans le

moyen âge , voulait dire un collège, un séminaire, comme

étant dérivé de Gwnnasium. Mais rien ne justifie ce sens, et

cette dérivation est même contraire aux principes de l'art

étymologique. D'ailleurs , pour confirmer cette étymologie ,

il faudrait qu'il eût existé des monastères dans tous les lieux

du nom de Gigny, comme dans celui dont il est ici question ;

or , il n'en est point ainsi. D'un autre côté , si ce mot eût

désigné par lui-même un établissement monastique, comme

le mot moiuier, on ne trouverait pas dans les plus anciennes

c. 07, 19, .19, 42, chartes les expressions dès-lors redondantes de monasterium 43, t*.

de Gigniaeo, ou loti qui dicilur Gigniaats, lesquelles ressembleraient à celles de monastère de monastère, moutier de moutier. Un auteur , qui a voulu dériver de la langue celtique la plupart des noms de lieux de la Franche-Comté , l'abbé Ballet , a donné pour radicaux à celui dont il s'agit, Ghtntj , Gui, Givin, qui, selon lui , signifient vallon, rivière et pré. Or, notre Gigny est effectivement situé dans un vallon, où coule une rivière à travers une prairie. Cependant , cette étymo-

<a> Gigny, dam les départements du Jura, de Saôae-cULoire, de la Côtc-d'Or, de la Mai ne cl de l'Yonne.

&g"*y% d ns l'art ondiuenicnPd'Êpina! , au dépn-lement de* Vo«*;e«. Giane*-itle. thus l'arrondutement de Mirccourt, au ineme département.] Cigna/, dauc le département du Puy-de-Dôme.

Giçnac, dan» Ici dépailcmeuU de l'Hérault, de Vaucluic, du Lo*. et des Boucbci-du-Ilbôue.

CltAPITRB II. 3

logie n'étant pas applicable au\ autres lieux du même nom, on doit la regarder comme au moins aussi incertaine que la précédente.

Enfin , on a pensé aussi que Gigny dérivait du mot GyftcC€C\ mais M. Monnicr qui a donné cette étymologic , il y a plus de vingt ans, la reconnaissant aujourd'hui peu fondée , on ne s'attachera pas à la réfuter.

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