‹ Histoire de GignyChapitre 116 sur 356 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

BENOIT de MONTFERRÀND , prieur.

Mise du prieur* en commeode.

§ 1. Nous sommes arrivés à une époque de grande per- 1472 turbation dans le régime monastique, à l'époque de la mise en commende.

1472 Dans le principe , et conformément à la règle de saint Benoît, les moines devaient choisir l'un d'eux pour abbé, libres de l'influence de toute autorité civile et ecclésiastique. Ils faisaient ensuite consacrer et installer l'élu par un évêque de leur choix. Ce droit d'élection est formellement exprimé dans les chartes de fondation de Gigny et de Cluny, mais les papes n'ont pas tardé a l'usurper, à l'empiéter.

Dès le onzième siècle, ils écrivaient aux religieux des îetiret de recommandation en faveur de ceux auxquels ils voulaient procurer les bénéfices vacants. Dans le siècle suivant, ils changèrent ces lettres en mandements de provision qui contenaient un ordre exprès de conférer lesdits bénéfices a ceux qu'ils indiquaient. Plus tard, dans le quatorzième siècle, on en vint à l'usage des bulles de confirmation avec droit d' annotes, puis au monopole des grâces expectatives et des bulles de réserve par lesquelles les souverains pontifes promettaient, moyennant finance et d'après un tarif proportionné aux revenus, la nomination à telles abbayes qui viendraient à vaquer. On vient d'en voir un exemple dans la bulle délivrée, en 1442, en faveur du cardinal de Térouane. Cet usage persista dans le quinzième et môme dans le seizième siècle, nonobstant sa prohibition par le concile de Baie et par la pragmatique sanction. On se prêta ensuite aux permutations des bénéfices entre titulaires, et ces permutations amenèrent bientôt les résignations en faveur de certains individus, comme aussi les nominations de coadjuteurs, qui perpétuaient la succession des riches monastères dans les mêmes familles.

Le système d'élection se trouva donc supprimé, et son ombre fut seulement conservée comme formalité. Cependant, jusqu'au quinzième siècle, tout en violant le principe électoral, on ne nomma pour abbés que des moines ou religieux réguliers proprement dits et résidants, et on ne permit guère le cumul des bénéfices. Mais depuis cette époque, la

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