‹ Histoire de GignyChapitre 117 sur 356 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

commende ayant été admise, on ne garda plus aucun ménage- 1472 ment, aucun respect pour les conciles. Le pape nomma donc pour chefs des abbayes ou des prieurés des ecclésiastiques étrangers non-seulement à ces monastères, mais encore a la vie monastique, lesquels n'étaient point astreints à la résidence et pouvaient cumuler toutes sortes de bénéfices et de dignités. Ce fia , dit saint Julien de Baleurre, la vraie sape de l'état monastique, la ru me des bons monastères.

Les rois favorisèrent ce nouvel ordre de choses, parce qu'ils y trouvèrent un moyen d'ôter aux établissements religieux leur indépendance et leur puissance, un acheminement à s'emparer de leurs biens, et une occasion continuelle d'enrichir des favoris ou de récompenser des services.

De leur côté, les moines eux-mêmes s'y prêtèrent, à cause du relâchement de la discipline. Ils préférèrent aisément des abbés séculiers et non résidants avec eux, parce que, hors de leur surveillance, ils pouvaient vivre en plus grande liberté. D'ailleurs , lorsque des moines eurent des velléités de reprendre ou de recouvrer leurs droits électoraux, l'autorité royale intervint et mêla les menaces aux prières, ainsi qu'il arriva à Cluny en 1528 {precibus armatis).

§ 2. L'abbé ou le prieur commendatatre n'était donc pas nn moine ou un ecclésiastique régulier, mais ordinairement un ecclésiastique séculier en faveur royale ou apostolique, cumulant déjà le plus souvent d'autres abbayes, d'autres prieurés ou riches béné6ces, et revêtu quelquefois 1 en outre d'une ou de plusieurs hautes dignités dans l'Église, comme d'évéque , d'archevêque ou de cardinal (*19>. Ce cu-

(ii)) Le* eoneiles d'Agile* en Sot, «I de Venise, en 1040, •▼«lent défendu ans abbés de posséder plus d'un monasière. Mai*, dit Mabilhn, de nombreuse! in* factions à cette défense forent commises, en raison de le Yertu de quelquesuns et de U cupidité de plusieurs entre*. Avant le siècle, ce cnmnl était toujours prokibé, et s peu près inusité, de aorte qu'un titulaire qui était nommé

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1472 mul enorgueillissait le titulaire, et tandis que l'abbé régulier se qualifiait ou était qualifié de frère, ou d'humble abbé, ou de vénérable et religieuse personne, l'abbé commendataire prenait le titre de meuve ou de révérend père en Dieu, en faisant un étalage pompeux de toutes ses dignités et de ses bénéfices. Les deux tiers des revenus du monastère appartenaient à celui qui le tenait en commende et formaient la mense abbatiale ou prie orale. L'autre tiers était destiné à nourrir et à entretenir les moines , comme aussi à réparer l'église, l'abbaye, etc.. Il avait, en outre, la collation des bénéfices dépendants de l'établissement, la juridiction extérieure sur les clercs qui en relevaient, les droits honorifiques, celui d'instituer les officiers judiciaires ou de police, si le monastère avait seigneurie , celui de nommer les officiers claustraux, etc.. Mais il n'avait aucune autorité ni juridiction sur les religieux , celle-ci n'appartenant qu'a l'abbé régulier, et à son défaut au prieur clottrier. Enfin, il avait l'administration spirituelle et temporelle du bénéfice , et pour cela , il était qualifié de commendataire admmhtratcxtr perpétuel. Ce dernier mot avait été ajouté, parce que, dans le principe et par ménagement de transition, la commende n'était conférée que temporairement.

L'administration d une abbaye n'étant guère possible ni compatible avec la non-résidence du titulaire , ce dernier était obligé d'avoir un vkahre général dans le cloître. C'était

à une «litre abbaye ou à un évêche Muait aussitôt d'être chef du premier bénéfice, et on pourvoyait à «on remplacement. Mai», depuia l'introduction de la commende, le cumul n'eut plua de bornes, la cupidilé plut de frein. 11 ne fut paa rare dès-lors de voirie même individu couvert du chapeau de cardinal, et titulaire d'un ou deux archevêchés, de trois ou quatre évèchét et d'une douzaine d'abbayes ou riches prieurés. Le célèbre J. Atniot, demandant au roi de France un nouveau bénéfice, et ce souverain lui ayant observé que récemment il lui en avait déjà accordé un, le traducteur de Plutaïque répondit a son élève que rappkii venait en mange»*. Le* roi Charte» VIII, en mourant «sa proposait { de réformer l'abus de ce cumul.

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