‹ Histoire de GignyChapitre 119 sur 356 · CHAPITRE xxxir · texte numérisé non relu

CHAPITRE xxxir

celle de notre prieur. On ajoutera ici qu'en 1599, les habi- 1476 tants de Cropet remirent à ceux du Villars leur moitié des bois de Malaissard acensés , moyennant une somme de 60 francs, et a la condition de servir la moitié de la rente due au prieur.

S 5. Pendant que Benoît de Montferrand était titulaire 1477 à Gigny , le dernier duc de Bourgogne , Charles-le-Téméraire, périt misérablement devant Nancy, elle roi Louis XI, profitant de cet événement, porta la guerre avec toutes ses horreurs dans la Franche-Comté. Le pays éprouva alors, et principalement en 1478 et 1479, des malheurs inouïs, le pil- 1 478 lage , l'incendie , le carnage et une extrême dépopulation. 1479 Celle-ci fut même portée à un tel point que , suivant un auteur très grave {Ch. Dumouhn ) , plus de dix mille Picards ou Normands y furent appelés et reçus , dans le seizième siècle , pour repeupler les eampagnes et cultiver les terres sous la condition mainmortable. A cette époque aussi furent démantelés plusieurs des châteaux forts du comté de Bourgogne et tous ceux du duché qui résistèrent pour la princesse Marie. Les troupes de Louis XI occupèrent ensuite assez pacifiquement la province, pendant plusieurs années, durant lesquelles ce roi prenait le titre de comte de Bourgogne. Les hostilités ne recommencèrent qu'en 1492 , sous Charles MU, de la part de l'archiduc Maximilien , roi des Romains, qui recouvra la dot de Marie de Bourgogne, après la bataille de Dornon , et que la paix de Senlis du 23 mai 1493 lui confirma.

Il esta croire que le prieuré de Gigny eut beaucoup à souffrir de ces guerres de dévastation , aussi bien que les autres monastères. En effet , les deux villes voisines , Cuiseaux et Saint-Amour, en éprouvèrent toutes les calamités , et les abbayes de Saint-Claude , Vaux-sur-Poligny et Aceysur-l'Ognon, etc. , furent pillées , saccagées , incendiées , et leurs moines rançonnés ou dispersés. Cependant plusieurs

1480 litres de 1478, 1479, 1480, 1461 et 1482, prouvent que nos

1481 religieux résidaient dans leur clottre. L'un d'eux établit

1482 même qu'en 1482, ils s'y trouvaient au nombre de dix-huit au moins.

S 6. On a déjà dit que Guichenon mentionnait Benoît de

1483 Montferrand, comme prieur de Gighy, à la date de 1483. 11 est encore connu plus tard par une note des litres de l'abbaye de Saint-Claude, d'après laquelle il aurait autorisé,

1487 en 1487, la cession de différentes dîmes faites par le prieuré de Gigny à cette abbaye. Cette cession des dîmes de Marboz, Foissia , Etrée , Dommartin et Epy, aurait été consentie moyennant une somme de 3,000 flr. Mais il parait qu'elle n'eut pas d'exécution, puisque les religieux de Gigny ont joui de ces riches dîmes jusques dans les derniers temps, comme on le verra par la suite. Quant au prieur B. de Montferrand , il ne tarda pas à être remplacé par le titulaire suivant, car la charte de 1488 précitée donne à penser qu'il ne l'était déjà plus a cette époque, et une note de la même année prouve que le prieur suivant l'avait remplacé. Au reste, son vicaire général fut Alexandre d'Or* nans, prieur cloîtrier, qui, en 1476, nomma Étienne de Raynans titulaire du prieuré de Cbateau-sur-Salins.

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