‹ Histoire de GignyChapitre 118 sur 356 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

ordinairement le prieur claustral ou tout autre officier ou 1472 religieux de la confiance du commendalairc. Le prieur cloitrier était qualifié, dans quelques chartes, de vicaire général né de l'administrateur perpétuel. Quelquefois, il y avait deux vicaires, l'un pour la spiritualité , l'autre pour la temporalité.

S 3. Dans les monastères de notre voisinage, la commendc fut établie à Arboisen 1358; h Chateau-sur-Sallns en 1361 ; à Saint-Marcel en 1412; à Vaux-sur-Poligny en 1454; à risle-Barbecn 1481; à Saint-Pierre de Cbalon en 1492; à Châtil Ion -sur- Seine en 1494; à Toumus en 1498; à Saint- Etienne de Dijon et à Saint-Claude en 1510; a Saint- Vincent de Besançon en 1521; à Saint-Seine en 1524; a Cluny en 1529; h Saint-Bcnigne de Dijon en 1532; à Saint- Germain d'Auxerrc en 1539; au val Saint-Benoît d'Épi nac en 1541 ; au Miroir en 1557, etc.

Quant a notre prieuré de Gigny, on pourrait en considérer le cardinal Lejcunc comme le premier commendataire, nommé par la bulle de 1442. En effet , il ne fut jamais religieux régulier ou profès, il ne résida aucunement et cumula un grand nombre de dignités et de bénéfices. Cependant , comme il n'a pas été qualifié tel dans la bulle précitée , comme ses deux successeurs paraissent avoir encore été prieurs réguliers, on peut penser que la commendc ne fut introduite dans notre monastère qu'en 1472 , après la mort de Bernard de la Muysancc , et que Benoît de Moniferrand , évoque de Lausanne , en a été le premier commendataire , ainsi qu'il est qualifié dans plusieurs de nos chartes.

$ 4. « La famille de Montferrand, dit Guichenon, origi- « naire, dit-on, de la Guyenne, existait déjà en Bugcy dans « le commencement du treizième siècle. Ses armes étaient o pallées d'argent et de sable de six pièces, au chef degueu- « les, avec un lévrier de sable pour cimier. Le château de

178 HISTOIRE DR CICNT.

« la maison de ce nom existait près de Saint-Rambert, sur « l'Albarine. *>

Notre prieur était fils de Pierre de Mon tferrand, chevalier, qui, en 1453, fut l'un des 200 gentilshommes qui jurèrent pour Louis , duc de Savoie, le traité qu'il avait fait avec Charles VII, roi de France. On Ut qu'il était déjà abbé de Saint-Antoine de Viennois en 1460, et archevêque de Tarentaisedès 1469. L'historien de la Bresse le qualifie aussi, en 1483, d'évoqué de Lausanne et de Constance, en mlnie temps que de prieur de Gigny et de Lustrin. Cependant, deux de nos titres, aux dates de 1476 et de 1488, ne le qualifient que d'cvéque et comte de Lausanne et de prieur commendataire de Gigny.

**76 Le premier de ces titres est relatif au prieuré de Château-sur -Salins, membre de celui de Gigny, au sujet duquel notre prieur figura encore dans d'autres actes de 1480, 1481 et 1482. Il en sera question dans un chapitre particulier.

1 m* Le second lait connaître qu'avant 1489 , ce prieur avait acensé aux habitante de Cropet et de Louvenne des bois appelés Malais$ardy aujourd'hui en prés, et situés aux territoires actuels du Villars et de Louvenne. L'acte ne fait pas connaître la date précise de l'acensement, mais il donne à croire qu'elle est bien antérieure à 1489. Au reste , cet acensement, fait moyennant une rente annuelle de 12 gros, donna lieu, quelque temps après, a un différend entre nos religieux et les habitants de Gigny d'une part, et ceux de Cropet et Louvenne d'autre part , lequel nécessita un bornage par des arbitres. Le titre en question est la sentence qui fut prononcée et qu'on a insérée parmi les preuves de cette histoire, soit parce qu'elle contient les noms de quelques religieux de l'époque et de quelques habitants de Gigny, Cropet et Louvenne, soit parce qu'elle est utile à la connaissance de plusieurs localités de ces communes et à

Page 1