‹ Histoire de GignyChapitre 12 sur 356 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Bourgogne, et qu'il avait quitté le monde el la cour avec leurs grandeurs et leurs plaisirs , pour servir Dieu dans les austérités du cloître. Us ont encore soupçonné ou même prétendu qu'il était fils d'Audon ou Alton, comte de Bourgogne et beau-frère du roi Louis-le-Bègue, et qu'il était fils ou petit-fils d'Yve ou Ève, comtesse de Bourgogne et de Mâcon, et petite-fille elle-même de l'empereur Lothaire ; que dès-lors il descendait doublement de la race rovale carlovingienne par son père et par son aïeule. Ils sont allés jusqu'à dire qu'il avait gouverné lui-môme le comté de Bourgogne , et qu'il avait eu pour successeur Hugues-le-Noir, fils du duc Richard-le-Justicier.Or, il faut convenir que ces assertions sont purement conjecturales, que quelques-unes sont même démenties par l'histoire, et qu'il n'y a de grave que le témoignage du moine Sigebert , qui dit que de comte , Bernon c. » , sa, devint abbé de Gigny, monastère fondé par lui. Les autres 8r7«<* chroniqueurs ou légendaires n'ont fait que répéter à satiété le passage de cet auteur qui écrivait déjà deux siècles après l'événement.

S 2. On ne sait rien des premières années de Bernon. 11 est seulement présumable qu'il est né en 850 environ , ou 850 dans la première moitié du neuvième siècle , puisqu'il l'époque de sa mort, en 927, il était, dit-on, accablé de vieillesse. c.i». A la vérité on lit cà et là qu'il a pris l'habit religieux à Baume, et qu'il y a été disciple de saint Euliquc; qu'il est devenu moine dans l'abbaye de Saint-Savin en Poitou , et qu'en l'année 886 , saint Hugues de Poitiers, chef de ce mo- 886

(4) On ignore où Paradin, puis GolIutvont trouvé quel» mère ou l'aïeule de Bernon s'appelait Tra On voit bien que la femme de Warin, comte de Maçon, e»t nommée Araou Avon* dans une charte de SaS ; que la sœur do comte Guillaume, fondateur de Gluuy, mortecn S91, est appelée A*>a Al>bntitta dans dea charte* de, 89» et §07, A*>an* dans l'acte de fondation de Cluny en 909, Ava Comitissn d» us une charte 9S 1 et dans la chronique de Sigebert ; qu'une comtesse de même nom, fille de Gérard de Roui ii lion, a signé en Stj l'acte de fondation de l'abbaye de Vexelay. Mais, en tout cela, ou ne Toit désignée aucune parente de Bernon.

6 HISTOIRE DE CICPCY.

886 nastère , l a envoyé , avec seize autres religieux, dans l'abbaye de Suint-Martin d'Autun qui venait d'être rétablie. Mais ces assertions ne sont étayées d'aucun document positif, ou sont même des erreurs palpables. Si on en croit seule*

"t. ment une légende du onzième siècle assez suspecte d'ailleurs , il est établi que Bernon a été effectivement moine à Autun ; que de là il a été envoyé à Baume avec saint Hugues d'Autun , pour y remettre en vigueur la discipline monastique , et qu'après avoir rétabli convenablement ce monastère f il en a fondé ou réformé plusieurs autres célèbres,

S 3. Bernon n'a donc pas été le fondateur de l'abbaye de c. sa. Baume , quoiqu'en dise une légende de saint Odon. Il n'en a été que le restaurateur et le réformateur; il l'a seulement c. 39. rétablie de fond en comble , pour parler comme une charte contemporaine. Aussi, cette abbaye est bien plus ancienne, soit qu'elle remonte à saint Désiré , patron de Lons-le-Saunier , mort avant l'an 390 , ou a saint Lauthein , décédé en S47 ; soit qu'elle reconnaisse pour fondateurs saint Colomban, mort en 615, ou saint Eutique , autrement saint Benoît d'Aniane, en 821.

$ 4. On a attribué , avec assez de fondement, l'établissement des monastères et la retraite dans les couvents , aux guerres, aux calamités publiques et aux malheurs des temps en général. Mais il ne faut pas croire que ces causes aient été les seules ; il convient aussi de tenir compte des idées du siècle , de ce qu'on appelle la mode , et du goût de certains individus. Or , Bernon avait certainement un zèle dominant pour instituer ou rétablir les monastères. Ce zèle était donc trop grand pour se borner à la restauration de celui de Baume , et pour s'étouffer dans l'enceinte de ce cloître et dans la vallée étroite de la Seille. Ce grand zélateur de la 893 vie cénobitiquo s'occupa , en 893 ou 894 au plus tard , de ss, 37, 3». ' fonder et d'ériger une abbaye à Gigny , de concert avec son

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