‹ Histoire de GignyChapitre 13 sur 356 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

cousin Ltùfin. Ce lieu leur appartenait en propre ; c'était 8<J3 probablement leur patrimoine, et Us eu dotèrent leur nouvel établissement qu'ils mirent sous la protection de saint Pierre , et dont Bcrnon fut en même temps fondateur et premier abbé. Il fut probablement bénit , en cette dernière qualité, par Au rélien, archevêque de Lyon, métropolitain de Gigny, plutôt que par Thierry, prélat de Besançon, nonobstant l'opinion contraire de l'historien ftunod.

$ 5. Bernon ne se contenta pas d'avoir doté cette abbaye de ses propres biens et de ceux de son cousin; il voulut l'enrichir encore davantage dès le commencement. Il s'adressa 894 donc à Rodolphe I.er, roi delà Bourgogne transjuranc, et le pria de faire quelques libéralités au nouveau monastère alors en construction. Et en effet, ce prince lui fit don perpétuel de r. 30. l'abbaye de Baume, du prieuré de Saint-Lauthcin et encore des villages ou domaines de Chavavmefo et de CtêmenceyW, avec toutes leurs dépendances , sans aucune réserve, même en y comprenant les serfs ou esclaves attachés à tous ces biens situés dans le comté de Scoding.

(S) Ce lieu' est probablement relui qui est déjà nommé avec AUèxe dans une chatte de 8691 et qui est situé au voisinage de Vatagna et de Monti-igu piès Lons-le-Saunicr. L'abbaye de Baume y eut ensuite un piicuré sous le vocable de «.int Martin. Mais cette obédience , quoiqu'eucore rappelée dans une bulle de n55, était déjà ruinée vers Pan 1 140, et les religieux allèrent aloi s s'établir pria de l'église Saint Désiré, antre dépendance de Baume- Par un accurd fait, en taoS, entre l'abbé de ce dernier lieu et le comte Étiennejc premier céd» en fief et société au second la mont ag ne de Chrvagnay% en laquelle le comte avait Wti le château dit de Montaigu, sous le condition qu'il y construirait encore un prtorej tel qu'avait été celui de Saint- Martin de Chevannay proche ïatagna. Mais cet engagement ne parait pas avoir été rempli. Les pics et vignes de la loolilé sont restés de la censive des moines de Saint-Dé^iié, et les religieux de Gignyont perçu une partie des dîmes de Montaigu jusqu'à la Gn, sans doute ensuite de la donation du toi Rodolphe. On voyait encore, il y a 4e ans, le puits de fa maison pricurale de Chevannny.

(1/ S'agit- il ici de Clcmeucey, hameau de la commune de Frangy, où l'.-.Lbé de Baume a toujours eu le patronage ou droit dénommer à U cure î S'açU-il au des Pris-Clemencey au* environ* de Lons-le- Saunier ?

8 HISTOIRE DE G1CNV.

894 La cbarlc de cette donation est datée de Neuville le dix décembre de l'an 90* , seizième année du règne de Rodolphe. Mais cette date est erronnée , sinon il faut dire qu'elle a été écrite ou expédiée dix ans après la donation. En effet, celle-ci est rappelée formellement dans une bulle de 895, et dans une sentence de 898 dont il sera bientôt question. D'ailleurs, cette charte dit que l'abbaye de Gigny était alors en construction , ce qui ne peut s'entendre de l'an 90*. A défaut d'admettre la supposition dont il s'agit, on pourrait être conduit à considérer cet acte important comme faux et fabriqué par intérêt par (es moines du douzième siècle ; mais cette opinion aurait aussi ses difficultés.

895 § 6. La fondation de l'abbaye de Gigny avait encore besoin d'être sanctionnée par l'autorité pontificale. C'est pourquoi

c. 37. Bernon fit , en l'an 895 , le voyage de Rome que les moines faisaient fréquemment dans ce siècle. Il remit alors au pape Formose une déclaration écrite ou un acte par lequel il faisait don de l'abbaye de Gigny à saint Pierre, portier du paradis, et il obtint du successeur des apôtres la confirmation ou sanction de son établissement. Le souverain pontife le mit sous la protection de saint Pierre et des papes ses successeurs, ainsi que tous les immeubles qui en dépendaient, même les serfs ou colons des deux sexes qui y étaient attachés M, sans oublier le petit monastère (cellule) de Baume, ni ses annexes , ni les biens déjà donnés a Gigny par de glorieux rois ou par d'autres personnes pieuses. Il défendit a quiconque, quoiqu'élevé en dignité ou puissance, même aux donateurs, de porter violence ou vexation a ce monastère et d'en distraire aucun des biens. Enfin , il déclara par sa bulle

(7) Des le vu» et le vu.« tiède, il y avait des esclaves attachés aux bient des monastères, comme a loua autres, mais seulement chez le* moines l*lin« et non chea les moines grecs. D'après une charte de Cluny de l'an 945, un individu qui avait tué un teif de cette abbaye s'en constitua esclave lui-même en puni* tion de sa faute et se livra aux religieux, corps et Liens.

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