‹ Histoire de GignyChapitre 143 sur 356 · CHAPITRE XLIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIII

CLERIADUS de RAY , prieur.

Confrérie de Saint-Taurin.

S 1. La maison de Ray , comme on a vu précédemment, 1556 est placée par le rimeur Jean le Roux au nombre de celles qui possédaient les grandes baronies de Franche-Comté. * Elle est fort ancienne, puisqu'on trouve déjà des tires de Ray dans les onzième et douzième siècles : Ponce en 1090, Othon en 1105, Sevin en 1114 et 1118, Guy en 1170, Eudes en 1175, etc. Mais le plus célèbre de tous est Othon de la Roche , sire de Ray , à cause de sa femme , lequel alla en croisade, en 1302, avec Baudoin, concourut à rétablissement de l'empire latin de Constantinople, et fit la conquête d'Athènes, Thèbes, Argos et autres villes de la Grèce, dont il devint duc et où il séjourna jusqu'en 1220. Avant lui , les seigneurs de Ray portaient : de gueules a l'escarboucle pommelée et fleuronnée de huit rais d'or terminés par une fleur de lys. Or, comme il avait été duc d'Athènes, il substitua aux rais quatre points d'hermine, pour indiquer le rang de prince qu'il avait tenu en Grèce. Toutefois , ce changement ne parait pas avoir été adopté dans les temps postérieurs, et les premières armoiries ont prévalu.

L'adage héraldique de ces seigneurs était gracieuseté de Ray.

1556 Leur baronieélait composée de Ray, dans l'arrondissement de Gray , et des villages voisins Membrey, Teinccy et Vannes.

S 2. Cleriadus de Ray, fils cadet d'Antoine, baron de Ray, et de Jeanne de Viry , fut destiné à l'état ecclésiastique et devint successivement protonotaire apostolique , prieur de Gigny, de Morteau et de Champlitte, puis, en 1579, maître des requêtes honoraire au parlement de Dole. On a écrit dans les derniers temps qu'il avait été évéque de Belley , mais c'est par erreur ; car An t. de la Chambre occupa ce siège épiscopal de 1552 à 1576, et J. Gooffroy-Ginod de 1576 à 1604.

1557 ©eux titres de Gigny seulement signalent Glcriadus de M. Ray comme prieur, l'un de 1557, oii il est simplement men-

1560 donné ; l'autre de 1560, par lequel on voit que, le 4 décembre de celte année, il ratifia le concordat fait en 1554 par son prédécesseur.

1562 S 3. Sous ce prieur, les guerres de religion ensanglantè-

1563 rent toute la France, mais le monastère de Gigny n'eut point

1567 à en souffrir, non plus que tout le comté de Bourgogne. Le

1568 gouvernement sévère et religieux de Philippe II, roi d'Es-

1569 pagne, l'en préserva. L'inquisition qui avait déjà été établie

1570 à Besançon, en 1247, parle souverain pontife, à la demande

1572 de Jean, comte de Chalon et de Bourgogne, y fût renouvelée

1 573 par le souverain espagnol, et c'est à elle que le pays dut d'être 1575 préservé du fléau de la guerre civile pendant de longues

années. Au reste , cette institution y fut sage et modérée , présidée par l'archevêque , surveillée par le gouverneur et jugée par le parlement de Dole. Celui qui écrit ces lignes s'entend déjà reprocher d'être fauteur ou apologiste d'une institution abhorrée, mais il cite un fait et il invite le lecteur à comparer la situation des deux pays à cette époque.

Ce (ut aussi du temps de ce prieur que, le 15 juin 1582 , les religieux de Gigny instituèrent, dans l'église du prieuré,

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