CHAPITRE XLI1I
la confrérie de Saint-Taurin, dont on peut voir les statuts 1582 parmi les preuves de celte histoire, et dont il sera parlé 13i" dans le chapitre spécialement consacré à ce saint évoque.
S 4. Cleriadus de Ray cessa d'être prieur de Gigny en 1586 l'année 1586 <13*). A cette époque, J.-B. de Ray, son neveu, fils de Claude, baron de Ray , seigneur de Vauvillars, et d'Anne de Vaudrey, dame de Courlaou, Présilly et Saint- Julien, étant mort jeune et sans enfants , cette ancienne maison allait s'éteindre a défaut de successeurs mâles. Or, pour empêcher cette extinction qu'on redoutait si fort , sous le régime de la féodalité , notre prieur succéda par substitution à la baronie de Ray. En conséquence, il quitta l'état ecclésiastique, renonça h ses nombreux bénéfices, rentra dans le monde, devint baron de Ray et de Roulans, et épousa, en 1587, Clauda de Bauffremont. De ce mariage naquirent : 1 .° Rose de Ray, qui se maria avec Alexandre de Marmicr, baron de Longvi ; 2.° Claude-François de Ray, capitaine de cavalerie, qui continua la maison de Ray, mais qui n'eut lui-même qu'une fille, Maric-Célesline, baronne de Ray, mariée, en 1636, avec Albert de Mérodc.
Celte renonciation à l'état ecclésiastique et ce mariage d'un prieur paraîtront étranges à beaucoup de lecteurs de nos jours. En effet , le pape Innocent III , mort en 1217 , avait décidé que les vœux de chasteté , de pauvreté et d'obéissance étaient tellement obligatoires , que le souverain pontife ne pouvait point en relever, ni les délier. Mais, ses successeurs ne furent pas si scrupuleux, et ils ne tardèrent pas à permettre le mariage des ecclésiastiques, puis à sêcu-
034) 6Î l'abbé Baverel, en citant Jean de Saint-Germain comme prieur coramendalatre de Gignjr eu 1S70, cl ai Guichenon, en qualifiant de même le cardinal-archevêque Claude de la Baume t mort en i5t4, n'ont pet commit d'erreurs» il faut convenir que Cleriadas de Ray a renoncé à ton bénéûcc de Gigny, bien avant i586, et que'mémece prieure a encore eu UU titulaire inconnu en i5f 5, ou a été vacant pendant deux an a.
220 HISTOIRE DE OIGHY.
1586 Imiter les moines. Le mariage des gens d'église devint donc chose assez commune , surtout dans la haute classe sociale, et principalement pour continuer les grandes familles féodales. On en trouve des exemples dans Philippe de Savoie, archevêque de Lyon en 1267; dans César Borgia, cardinal en 1 498 ; dans Ferdinand de Médicis , autre cardinal, en 1588; dans l'archiduc Albert d'Autriche, aussi prince de l'église romaine, en 1598; dans Henri de Montpezat, évéque de Montauban , mort en 1619 , l'un des ancêtres d'un de nos religieux ; dans Armand de Bourbon- Conti , abbé de Saint-Seine, en 1650; enfin, pour se rapprocher davantage de notre localité et de notre temps , dansN... Bereur, prieur de Saint-Désiré de Lons-le-Saunier, qui se maria en 1710 avec une demoiselle de Saint-Mauris ; et dans le trop fameux évéque d'Autun , Talleyrand de Périgord, délié de ses serments en 1803, et sécularisé, comme il disait, par le pape Pie VII.