‹ Histoire de GignyChapitre 146 sur 356 · CHAPITRE XLIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIV

On le trouve désigné assez généralement sons le nom de 1566 Ferdinand de Ryc, et aussi, dans plusieurs titres, sous ceux de Ferdinand de Ryc dit de Longvi, ou Ferdinand de Longvi dîl de Rye. Dans ces dénominations, le mot Fernand ou Ftrwrnde se trouve souvent aussi substitué au mot Ferdinand. Or, il y a ici deux observations à faire : la première, que plusieurs membres de cette ancienne famille prenaient pour surnom le nom d'une de leurs terres, provenant soit de leurs mères, soit de leurs femmes. C'est ainsi que, dans le treizième et dans le quatorzième siècles, on trouve Jean de Rye et Mathée de Rye dits de Neublans. D'un autre côté, le mot Fernand est a remarquer, comme emprunté à la langue espagnole , qui semblait s'introduire en Franche-Comté ; car on rencontre aussi un Fernand de Neufchûtel, seigneur de Montaigu, en 1496 ; un Fernand Seguin, avocat-général au parlement de Dole, en 1561 ; un Fernand de Vergy, mort en 1594.

S *. On lit que Ferdinand de Rye , né en 1556 environ , fut militaire dans sa jeunesse. Cependant il entra d'assez bonne heure dans l'état ecclésiastique, puisqu'à l'âge de 24 ans, il obtint déjà des bulles de nomination pour le prieuré de Saint-Marcel , c'est-à-dire en 1580. Dès-lors, la liste de ses bénéfices et dignités s'accrut rapidement; car, à des dates inconnues , il devint archevêque de Césarée , hautdoyen de Besançon , abbé de Charlieu , et il fut nommé prieur d'Arbois en 1584, prieur de Gigny et deMorteauen 1586, en même temps qu'archevêque de Besançon et prince du saint empire romain. Il devint abbé de Saint-Claude en 1589etd'Aceyen 1615.

S 3. Au mois de janvier 1595 , Henri IV ayant déclaré la 1595 guerre à l'Espagne qui favorisait toujours la ligue, la Franche-Comté eut beaucoup à souffrir des courses, des pillages et des incendies que ce roi, trop loué pour sa bonté (135> t y

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1599 dirigeait en personne , ou y faisait exécuter par ses généraux. Son but, en effet, n'était pas de faire des conquêtes, mais seulement des razzias ou ravages sans gloire , et de mettre à contribution un pays inoffensif et sans armes, étranger a sa querelle.

Le 13 août, il traita avec Poligny , moyennant 20,000 écus. Quelques jours plus tard , après avoir rançonné et saccagé Arlay , après avoir fait incendier dans un moment d'humeur, la ville de Lons-le-Saunier qui avait traité pour 25,000 écus, il passa, le 19 août, àCuiseaux, avec une partie de son armée qu'il y lit rafraîchir, et se dirigea sur Pont-de- Vaux. En même temps , ses autres troupes , sous le commandement du maréchal Biron , parcouraient tout le pays qu'elles rançonnaient.

Du 19 au 25 août, les châteaux de Beaufort, Cressia, Orgelet, Montfleur, etc., furent occupés par elles. Ce fut le 24 août que le corps d'armée principal, commandé par Biron lui-même, en allant d'Orgelet à Saint-Amour, fit composer l'abbaye de Gignal, comme les villes et châteaux qu'elles effrayaient. Cette composition , exigée sans respect pour l'établissement religieux, continua sans doute et fut renouvelée ensuite ; car la ville voisine de Saint- Amour , après avoir été prise, fut occupée militairement durant plusieurs mois.

S 4. La mention des événements peu importants qui suivent prouvera au moins combien nous avons à cœur de ne rien omettre de ce qui concerne notre pays natal :

pour set bonne* qualités morales. Ce qui «tt certain, c'est qu'on ne peut considérer que comme athit ou irréligieux % celui qui a renoncé le coite de son père, pour obtenir une couronne ; comme débauché et immoral, celui qui a rempli la France de scandales et de bâtards; comme barbare, celui qui a fait brûler la ville de Lons-le-Saunicr et les monastères de ses deux faubourgs ; comme chartatany celui qui promettait aux pauvre* cuhivalcurs une aisance qu'il ne voulait ni ne pouvait leur accorder ; comme ingrat et sans générosité, celui qui, au lieu de pardonner au maréchal Biron, ton ancien ami, auquel il devait tant, lui fit trancher la tc.e cl conOiqui ses biens.

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