‹ Histoire de GignyChapitre 148 sur 356 · CHAPITRE XL IY · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL IY

mai ne, s'était liguée avec les protestants de h Hollande, *636 de la Suède et de l' Allemagne. Elle avait déclaré, en mars 1635, la guerre au roi d'Espagne, au duc de Lorraine et à l'empereur d'Allemagne alliés, guerre funeste , mêlée de revers et de succès, qui tint pendant vingt-cinq ans l'Europe sous les armes et causa le malheur des peuples. La Franche-Comté surtout, comme province espagnole limitrophe de la France, en ressentit des maux inouïs. L'armée française, commandée par le prince de Condé, y ayant pé- c m. nétré au mois de mai 1636, en violant le traité de neutralité renouvelé peu de jours auparavant, notre prieur, quoiqu'âgé de 80 ans, n'hésita pas à aller s'enfermer dans la ville de Dole, pour coopérer avec le parlement, en sa qualité de co-gouverneur, à la défense de cette ville. Il répondit, selon le conseiller Boyvin , à ceux qui voulaient le détourner d'un si généreux dessein, « qu'il ne se voulait point desjoindre, et « qu'il choisirait toujours plutôt un péril honorable et utile « au service du roi, qu'une retraite honteuse et inutile.» Le siège commença le 28 mai, avec une armée de 30,000 hommes; mais la défense dirigée habilement et effectuée, avec des prodiges de valeur, par les bourgeois et même par les femmes mêlés aux soldats, fut couronnée de succès. Le siège fut levé le 1 5 août, après avoir duré près de trois mois. Le courageux Ferdinand de Rye ne survécut pas long-temps à son triomphe, car il mourut peu de jours après, ou même, dit-on, le lendemain, dans son château de Vuillafans. Il ne put donc pas recevoir les témoignages de satisfaction que le roi d'Espagne donna aux défenseurs de Dole. Ce fut François de Rye, son neveu et son successeur à l'archevêché de Besançon, qui y participa, et pour lequel Philippe IV sollicita un chapeau de cardinal.

Ferdinand de Rye avait fait son testament le 15 juin 1636, par lequel il fit en vain tous ses efforts, au moyen d'une multitude de substitutions, pour conserver à perpétuité dans sa

1 636 famille, comme il le dit, le nom, les armes, et la splendeur de la maison de Rijc Mais, ce testament, connu sons le nom de Majorai de liijc, donna lieu, au commencement du dix-huitième siècle, à un grand procès qui ne fut jugé définitivement qu'en 1723, en faveur d'Elisabeth de Poitiers.

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