‹ Histoire de GignyChapitre 15 sur 356 · CHAPITRE III. tl · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. tl

allégua pour sa défense que les biens réclamés lui avaient ^8 été donnés par le prince Louis, (ils de Boson et roi lui-même. Mais, ni la reine, ni les seigneurs de la cour ne voulurent accueillir ce moyen, et Bernard, condamné à déguerpir, promit de ne plus inquiéter à l'avenir les religieux de Gigny. Cette sentence fut signée de la reine , des évôqucs ou archevêques d'Arles, de Grenoble et de Chalon, et de plusieurs comtes et autres grands personnages.

$ 8. Après cet événement, Bernon et ses moines vécurent sans doute tranquilles dans leurs cloîtres de Baume et do Gigny. L'historien Dunod dit que cet illustre cénobite fit sa demeure à Baume , comme dans son établissement plus considérable. Il se fonde encore sur une bulle du pape Grégoire VU de Tan 1078, dans laquelle il aurait été dit que Bernon avait soumis le monastère de Gigny à l'abbaye de

Baume : Subjuguât monattermm Gmniacum abbuthe Bal"

menû (|0>. Il s'appuie enfin sur ce que les biographes de saint Odon et de saint Adhégrin parlent de la résidence de Bernon à Baume , lorsque ces deux pieux personnages y arrivèrent en l'an 909 environ. Cependant , on peut élever des doutes 909 sur cette assertion, quand on voit dans la charte dn roi Bodolphe, dans la bulle du pape Formose, dans la sentence de la reine Ilermengarde , desquelles il vient d'être question , comme encore dans le testament de Bernon et dans d'autres pièces qui seront analysées bientôt , que Gigny est toujours

891, et ton 6b Louia lui «accéda sous la régence de sa mère jusqu'en 934. Or, on comprend difficilement le règne simultané de Rodolphe et de Louii sur l'abbaye de Gigny. Rodolphe n'aurait il été roi que sous la suzeraineté de Boton et de Louis? Lea qualifications de sêrénistimt, de lèréniti, qu'il prend daoi la charte de 894, analysée ci devant, et dans une autre de 91e. peuvent le faire pensen Le royaume de Boson on de Rodolphe était limité par la Saône à l'occident.

(10) Ce passage de la bulle est ainsi rapporté dans un inventaire des titrée df Baume fa.t en 17S4 : Monasttrium Ginruacum qrtqd $uh}ugtu>U...% Btrno •Uoj t il n'est donc pal ton t-e- fait identique tvee celai que Danod cite.

909 désigné comme l'établissement principal, l'abbaye , le monastère ( abbatia,coenobiumtmonasterium ) , et Baume comme l'établissement secondaire , comme une celle , un prieuré (cella, cellula ). D'un autre côté, dans toutes ces chartes, ainsi que dans la chronique de Sigebert , Bernon est toujours qualifié d'abbé de Gigny et non d'abbé de Baume, remarque qui s'ap- 21, 22,23, si plique aussi a Guy son successeur. A la vérité, les biographies de saint Odon et de saint Hugues d'Autun sont très positives ; mais elles ont été écrites long-temps après les événements , et dès-lors , elles ne peuvent pas, non plus que la bulle peu connue de 1078, inspirer la même confiance que des chartes contemporaines. On peut, d'ailleurs, leur opposer la légcn-

c- de de la translation de saint Taurin , qui constate que les reli-

ques de ce saint évéque furent apportées a Gigny a peu près à la même époque, lorsque Bernon y restait avec ses moines, comme il sera dit amplement dans un chapitre particulier.

S 9. On peut présumer que, vers ce temps-là, Bernon devint le chef ou peut-être le fondateur d'un autre établissement religieux dont il dispose dans son testament sous le nom de monastère d'jEtique , cœnobium Mtkense. Il est comme certain que c'est celui de Mouihier-en-Bretse , dans l'arrondissement de Louhans, lequel, ancien membre de l'abbaye de Baume, a été sécularisé en 1760, en même temps qu'elle et par la même bulle. Il a toujours eu saint Oyen pour vo- M- cable, et dans des titres de 1089, 1 107, 1 1 1 1 , 1 1 53, 1 190, etc., il est désigné comme dépendance de Baume, sous les dénominations de abbeaia, monasterium, eccleâa sancti Eugcndi

G 20. Ethkœ ou Ethkams. Une de nos anciennes légendes le nomme aussi monasterium Eliemc. Ce n'est que dans l'ancien catalogue des bénéfices de Cluny , rédigé au commencement du seizième siècle, qu'il est appelé : Priorattis de monasterio m Brcssia. Sa mention dans le testament de Bernon empêche de croire qu'il ait été fondé en 1050 par les seigneurs de Bellcvèvre, comme on le trouve écrit. Quelques auteurs

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