CHAPITRE XLV
<r Qu'en conséquence, la congrégation de Saint-Maur, qui 1654
« jusqu'alors avait fait tant d'efforts pour s'y introduire, ne
« trouverait plus d'obstacles pour s'en emparer ; que ces
« changements exposeraient nécessairement la noblesse à
« perdre également les abbayes de Baume et de Gigny, de
a Château-Chalon, de Baume-les-Dames, de Lons-le-Saulnier,
« de Migette, de Montigny et de Neuville-les-Damcs, qui sont
« de même affectées à la noblesse ; que les différents arrêts
a obtenus par la noblesse du comté de Bourgogne et par les
« chevaliers de saint Georges, qui la représentent aujour-
« d'hui, prouvaient assez que ce n'était point la première
o tentative faite par les bénédictins réformés, pour s'emparer
« des abbayes ou prieuré de Baume, Saint-Claude et Gigny. »
L'auteur de cette histoire n'a pu connaître quel fut îc résultat de cette opposition. Il a seulement vu qu'en 1710 les chevaliers de saint Georges députèrent à ta cour le comte Claude-Nicolas de Moustters, pour s'opposer aux desseins des bénédictins sur l'abbaye de Saint-Claude, et qu'il eut la satisfaction de réussir. Dès-lors ces religieux, probablement rebutés de tant de résistance, cessèrent leurs tentatives, et la réforme ne put point pénétrer dans le prieuré de Gigny, non plus que dans les autres monastères tic l'ordre de Cluny.
S 11. En revenant à Kordre naturel des temps et h notre jgS7 prieur, Philippe-Louis de Pelouscy, sous lequel commencèrent les tracasseries ambitieuses des bénédictins réformés, r U1 on trouve qu'au mois de janvier 1657, il fut fait un traité avec le roi d'Espagne, souverain de la Franche-Comté, au sujet du quartier de maire que le prieuré possédait sur la saunerie de Salins. On ignore comment, et à quelle époque certainement très ancienne, notre monastère avait obtenu cette rente de sel. On voit seulement que l'historien Gollut place, en 1588, le prieur de Gigny au nombre des seigneurs renfort sur les maires de Salhu, pour un quartier ou un 419/, et l'abbé de Baume pour deux quartiers et demi, chaque
IG57 quartier étant de trente seaux ou ctUet d'eau salée. Or, par le traité dont il est question, Henri du Pasquier, prieur de l'Étoile et sacristain de Gigny, an nom de ses coreligieux et de l'autorité du chef commendataire , vendit au roi ce quartier de muire, moyennant une rente non rachetante de deux charges ou 288'* de sel Rosières, et moyennant, en outre, une redevance annuelle de 100 francs comtois, remboursable au capital de 2,000 francs. Cette rente de 100 francs, équivalente à 66u 16'* 4d* de France, fut réduite, par arrêt du conseil en 1720, 53K6,-8d- de cette dernière monnaie, par retenue du cinquième. Nos religieux ont touché annuellement, jusqu'à la 6n, soit la redevance en argent, soit les deux charges de sel en nature.
% 12. Il reste peu de faits à ajouter à l'égard du prieuratde Philippe-Louis de Pelousey ; nous signalerons néanmoins, d'après les inventaires :
1. * En 1640, un abergeage du moulin de la Pérouse, par Guillaume de Sappel, chambrier du monastère.
2. ° En 1641, un autre abergeage par Guillaume de Thon, infirmier, d'une terre a Loysia, dépendante de son office.
3. ° En 1642, une requête présentée aux religieux par les habitants du Villars, afin d'obtenir l'acensement perpétuel du bois de la Biolée, qui ne leur fut concédé que plus tard, comme on le dira.
4. ° En 1645 et 1646, d'autres requêtes, présentées par nos nobles moines au parlement de Dole, pour faire valoir leurs prétentions sur les dîmes de vin du prieuré de Villemouticr, membre de l'abbaye de Saint-Claude.
5. ° En 1647, la visite de la châsse et des reliques de saint Taurin, dont il sera parlé au chapitre de ce patron.