‹ Histoire de GignyChapitre 154 sur 356 · CHAPITRE XLV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLV

présentèrent au roi et au duc de Duras, gouverneur de 1654 Franche-ComVé, des requêtes pour s'opposer à l'entreprise des KR. PP. bénédictins.

« Comme de tout temps, y est-il dit, il n'a été reçu dans o les abbayes de Saint-Claude et de Baume, et dans le prieuré « de Gigny, aucuns religieux qui ne soient gentilshommes a de nom et d'armes, et qui n'eussent prouvé leur noblesse c de quatre lignées paternelles et autant de maternelles; les c chevaliers, confrères de saint Georges, demandent qu'il « plaise a Sa Majesté iuterdire les PP. bénédictins de la t réforme qu'ils prétendent établir à Gigny. Ils prient le roi c de déclarer que lesdites abbayes et prieuré seront con-

Franche-Comté, et y ayant de tout temps possédé des terres. L'historien Collât dit qu'elle fut instituée, en i J90, au comté de Bourgogne, pir Philibert de Molans, seigneur de Rougemont près Vesoul ; qu'elle tenait d'aboi d ses assemblées annuelles du s S •▼ni dans la chapelle bâtie en ce lieu par ce seigneur» en l'honneur de saint Georges, dont il avait apporté les reliques de l'Orient, mais qu'ensuite elle la» tint dans l'église des Carmes de Besançon» D'autres, au contraire, disent que cette confrérie a été fondée, en U3«S» Saint-Georges, village près Seurre, par Guillaume de Vienne, seigneur de ce lien, et qu'api es l« séparation des deux Bourgognes, elle s'est établie à Rougemont Quoiqu'il en soit, il y avait dans cette confrérie un chef nommé bdfonnier, qu'on réélisait Ions les ans; une parfaite égalité régnait entre tons les membres, et l'ancienneté de réception décidait seule du rang. On n'y était reçu qu'en personne et non par procureur; on jurait d'être ûdèleàla religion catholique, apostolique et romaine, et au souverain de la province, sans jamais s'écarter de son service; les preuves de noblesse du récipiendaiic étaient jurées par quatre geutilshommea de la confrérie. Sur la fin dn xvni.* siècle, les chevaliers portaient encore, pour marque distinct ive de leur association, une petite médailleen or représentant saint Georges terrassant un dragon. Ils la partaient attachée à la boutonnière par un ruban bien. A cette marque, on reconnaissait en cour et à Parts les gentilshommes de la Franche Comté.

11 y avait aussi à Cbalon-S-S. une confrérie de saint Georges, pour la noblesse chalonnaise, an l'on faisait les marnes preuves. Elle y fut établie, en 1 3a5, dans la collégiale de ce nom, deux ans après la fondation de celle-ci. Les chevaliers qui partaient pour la guerre allaient faire bénir leur épéc dans la chapelle,a T entraient, dit saint Julien de Baleurre, tous le* chevaliers d'armes du pays, e hormis ceux qui avaient leurconfrérie particulière aSeinuGeorges-les*Scurret a on à Seint-Gaorges-ds'Mancey, entre Tournus et Saint-Gcugoux.»

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1654 a servés à jamais pour des hôpitaux de noblesse, avec a défense auxdits PP. bénédictins et a tous autres qu'il « appartiendra, de rien entreprendre pour l'introduction de a ladite réforme ou autrement. »

Or, le roi, en son conseil d'état à Saint-Cloud, enjoignit, par arrêt du 13 octobre 1678, aux PP. bénédictins, de justifier par titres produits de leurs droits a établir leur réforme dans ces monastères, et ordonna que les choses restassent en leur état jusqu'à ce qu'il en fût autrement décidé. Cet arrêt fut signifié le 29 octobre aux bénédictins, a Besançon, en la présence du révérend prieur de Gigny.

Il parait que les titres exigés par cet arrêt préparatoire ne furent pas produits, car les réformateurs firent de nouveaux efforts en 1699, 1700 et 4701, pour s'emparer des monastères nobles de Franche-Comté.

M. En effet, on trouve que, le 20 septembre 1700, le cardinal

César d'Estrécs, se trouvant a Rome, fit, en sa qualité d'abbé de Saint-Claude, des statuts pour son abbaye, rédigés par B. de Montfaucon, bénédictin de Saint-Maur, rendus obligatoires en vertu de sainte obéissance et enregistrés au parlement le 7 juillet 1701, ensuite de lettres patentes du roi, du mois de mai précédent. Or, dans ces statuts, on prescrivait : le travail des mains, la lecture de la règle de saint Benoît, son habit régulier, un exercice de piété presque continuel et en commun, des prières, des méditations, des lectures spirituelles, etc...

Les chevaliers de saint Georges, représentant la noblesse du comté de Bourgogne, ne virent en cela qu'un piége, et ils en appelèrent comme d'abus. Ils exposèrent que a c'était un c moyen de chasser la noblesse de l'abbaye de Saint-Claude ; € qu'il ne se présenterait plus de personnes de qualité pour « remplir les places vacantes ; que dès-lors, force serait d'y a recevoir des roturiers ; qu'elle ne présenterait rien qui ne a lui fût commun avec la plupart des autres monastères ;

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