‹ Histoire de GignyChapitre 167 sur 356 · CHAPITRE XI. VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. VI

82 ans affirme que son père se souvenait d'avoir encore vu 1712 cel ermite de la grotte. Ce qui est certain aussi , c'est que , le lundi de Pâques, après avoir parcouru la Baume, et y avoir mangé les œufs cuits durs et teints [voyez noie 137), on va encore rendre une pieuse visite a celte ancienne habitation de l'anachorète ; c'est ce qu'on appelle <i//er à l'ermitage. Cet usage, d'ailleurs, n'est pas propre h Gigny seulement, il est pratiqué de même par les habitants de Cùiseaux. Lons-le-Saunier, Conliége et autres lieux, lesquels visitent aussi leurs ermitages le lendemain de Pâques.

Le premier ermite dont les litres fassent mention à Gigny esl Claude Berrod, qui , avant 1712, « dans le dessein o*c se « faire religieux ermite, pour se donner au service de Dieu, « avait cultivé et mis en labour quelques cantons de ler- « rai u communal , entr'aulres l'un au lieu des Combcx , de « la contenance de vingt mesures. Mais, le 14 juillet 1712, a ayant reuoncé à son dessein pour des raisons qui lui « étaient personnelles , il se désista de ce terrain au profit a des habitants de Gigny, sous condition qu'il serait vendu « au plus offrant enchérisseur d'entre eux, et que le quart « du prix lui appartiendrait pour son travail de défricheo ment et de mise en culture. » Cependant, malgré sa renonciation, cel individu- prenait encore, dans des actes publics de 1741, le litre d'ermite h Gigny.

Peu d'années après sa démission, Claude Bôrrod eut pour 1715 successeur frère Thaurhi , natif de Gigny, en faveur duquel <les habita nu postulèrent et obtinrent de M. de Larrians, aumônier du prieuré, une somme en valeur de cinquante mesures de froment, afin de lui aider à achever la construction de sa cellule et de son oratoire. Or, on voit, par l'apostille mise par l'aumônier en marge de cette requête, le 23 décembre 1715, que cet officier claustral avait bâti l'ermitage à ses frais, et que, pour ce motif, il se réservait, et aux aumôniers ses successeurs, le droit de nommer a

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1715 l'avenir les ermites, Rengageant à préférer les habitants de Gigny à tous autres, s'il les en trouvait dignes.

Cet ermitage était établi tur la Craie, presque au sommet de cette montagne pelée et rocailleuse ,l47\ à matin ou un peu au sud-est de la source de la Surrazine. 11 subsistait encore en 1748, ainsi que l'ermite ; car on trouve, sur le livre d'arpentement rédigé a cette époque, que le jardin de frère Thaufm, ermite, qui existait près de l'emplacement où a été construit ensuite le nouvel hôpital, fut dismensuré et qu'il contenait cinq perches carrées. Les vieillards actuels n'ont cependant pas vu ce religieux mendiant, mais ils en ont entendu parler a leurs pères, et ils disent avoir appris qu'il portait la croix aux cérémonies de l'église du prieuré.

S 22. A peu près à la même époque, c'est-à-dire, en 1715 ou 1716, deux savants religieux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur , Edm. Martewne et Urs. Durand, qui faisaient des recherches sur l'histoire ecclésiastique de France, se présentèrent au monastère de Gigny, pour en consulter et dépouiller les archives. Or, un accident survenu au prieur (probablement M. H. de Balay, prieur cloîtrier, plutôt que M. de Thesut, prieur commeuda taire) fut cause qu'ils y reçurent un mauvais accueil et que nous nous trouvons privés aujourd'hui du fruit de leurs précieuses recherches. Ce chef du prieuré s'étant brisé la tête par une chute et venant d'être trépané, les deux savants voyageurs n'obtinrent qu'une audience du chambrier, qui leur communiqua une légende de saint Odon, dont ils ne purent même prendre que le prologue. C'était sans doute la légende dont un extrait, publié dans l'histoire de Tournus, par P.-Fr. Chi filet, se

(147) «ne origine eelliqoe on hébraïque, tel mots Creia et Crm» signi* fient lieux de pierres, de rocher», démailles. Bien effet, cette étymolope convient très bien à notre montagne de le Crm», 1 Gignj, au village de la Crau, prêt Taurnus, au hameau de la Crmit ou la Crmu dépeudant de Plombières Ter» Dijon, et a la plaine de la Cm», en Provence, on Jnpiter, dit-on, secourut Hercule combattant des géants, en faisant pleuvoir des pierres sur eux.

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