‹ Histoire de GignyChapitre 17 sur 356 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

incessant. Aux quatre grands monastères de Baume , Gigny, 015 Mouthier et Cluny, il joignit encore , pour les diriger, ceux de DcoU et de Massay, peut-être même aussi ceux d'Aurillac, de Souvigny et de Cliâlcau-surSalins.

La première de ces abbayes, située dans le canton de Châ- 91 8 teauroux, au dépari émeut actuel de l'Indre, nommée encore Bocrgdieu, Bourdeois ( abbalia Doletws, abb. Burgi-Dolensis, abb.Castri Dolavùs), fut fondée, le 2 septembre 918, par Ebbesle-Noble, puissant prince du Berri, en l'honneur de la Vierge et des apôtres saint Pierre et saint Paul. La charte de cette c 29, ni, il, 4a. fondation , insérée au nombre des preuves de cette histoire, à cause de Bernon , est rédigée à peu près dans les mêmes termes que celle de Cluny , probablement parce que notre abbé fut le rédacteur de toutes les deux. Ainsi , il y est dit que cette abbaye aura aussi pour défenseur le souverain Pontife ; qu'elle paiera tous les cinq ans à Rome cinq sous pour le luminaire des apôtres; que les moines y suivront la règle de saint Benoit ; qu'ils seront sous la puissance et la domination de Bernon ; qu'après la mort de celui-ci , ils auront lu faculté de s'élire un autre abbé , etc..

Au reste , celte abbaye ne fut dédiée solennellement que deux ans après, en 920.

Déols est , dit-on , une petite ville ancienne fondée, sous Auguste, par Léocade, gouverneur du Lyonnais, de la Bourgogne et du Berri. Raoul, filsd'Ebbcs, mort en 952, en céda le château à l'abbaye et en fit construire un autre à peu de distance, lequel fut appelé, de son nom , Cluîtcau-Raoul, puis Château- Rmtx. Autour de ce château, il s'éleva bientôt une ville de même dénomination. Les seigneurs qui lui succédèrent prenaient les titres de princes de Déols et de barons de Chateauroux. Ils avaient le droit de frapper monnaie , et on en conserve plusieurs pièces dans les cabinets.

Quant a l'abbaye de Mastay, située au canton de Vicrzon, arrondissement de Bourges, instituée en l'honneur de saint

018 Martin, et désignée sous les noms latins de Masàacensh, de Masriaco , de Matsayo , elle est beaucoup plus ancienne que celle de Déols. On voit qu'elle fut fondée en 738 par le comte Égon ; que saint Benoit d'Aniane y envoya quarante moines en 806 ; que Louis-lc-Débonnaire la fit reconstruire ou réparer avant l'année 840 ; que Bernon en fut abbé et en disposa dans son testament,|aussi bien que de celles de Déols et autres ; qu'elle avait également le droit de battre monnaie depuis l'an 838, etc.. L'abbé Bourlet, prédicateur du roi, lecteur et bibliothécaire du comte d'Artois (depuis Charles X ) , en a été le dernier titulaire ; mais il a peu joui de ce bénéfice , n'ayant été nommé qu'au mois de décembre 1788. c. ». Une chronique estimée du douzième siècle rapporte que Bernon fut encore le premier chef de l'abbaye d'Aurillac fondée par saint Gérald, comte de cette ville, à peu près à la même époque que celle de Cluny. Mais cette assertion n'est confirmée ni par le testament de notre illustre cénobite, ni par aucun autre témoignage. On a même la preuve que saint Odon en a été le troisième abbé, ce qui indique que le fondateur de Gigny n'en a pas été le premier titulaire, à moins qu'il ait donné sa démission avant de mourir.

Quelques auteurs pensent aussi que Bernon a été, en outre, le premier abbé de Souvigny en Bourbonnais , parce que ce lieu, où il y avait une église en l'honneur de saint Pierre, rat cédé en l'an 916 à l'abbaye de Cluny par le comte de Bourbon. Il est certain, en effet, qu'en 994, il y existait déjà une abbaye où saint Mayeul mourut. Cependant le même silence du testament précité fait présumer qu'elle a été établie postérieurement a Bernon.

Enfin l'historien Dunod lui a encore attribué l'érection du . prieuré de ChAtcau-surSalms. Mais, dans notre article consacré à cet ancien membre du monastère de Gigny , on verra combien cette opinion a peu de fondement. Notre célèbre cénobite a joué un si grand rôle dans les établissements reli-

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