‹ Histoire de GignyChapitre 18 sur 356 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

gicux du neuvième et du dixième siècle, qu'on cherche, 91s pour ainsi dire, à les lui donner tous, comme on attribue toutes les anciennes routes à la reine Brunehault.

§ 13. Bcrnou passa probable meut le reste de ses jours à Cluny, occupé à administrer ses nombreuses abbayes et à consolider des établissements naissants, dont il sentait toute l'imperfection. Il eut le chagrin de voir mourir, en 918, le duc Guillaume , fondateur de Cluny, et ou voit que cette perte lui fut très douloureuse. Cependant, il lui survécut cocore huit ans, quoique Sigebert, mal informé, rapporte c. 26déjà sa mort à l'année 912.

Les derniers moments de Bemon furent touchants et même 920 un peu dramatiques , si on s'en rapporte à des légendes c sa, a*, presque contemporaines. Accablé de vieillesse et de maladie, et sentant sa fin prochaine, il fit venir lesévéques du voisinage , déposa en leur présence la supériorité abbatiale , confessa avec larmes qu'il en avait toujours été indigne, dit qu'il était temps de remettre le soin du troupeau à un pasteur plus vigilant, et invita ses Frères à se choisir un Père, à lui élire un successeur. Il ajouta ensuite que , s'ils avaient quelque égard encore pour sa manière de voir , s'ils croyaient son opinion un peu sensée , il lui semblait convenable de partager le fardeau abbatial entre deux abbés, l'un pour la mère église de Baume on Gigny, et l'autre pour celle de Cluny, sa fille. Les assistants approuvèrent la sopesse de cetl'î proposition et prièrent son auteur de la mettre à exéculioài en se désignant lui-même deux successeurs. Bernon, cédant alors aux instances des évèques et aux supplications des moines ses frères, ou plutôt ses enfants , désigna dey, son neveu, pour l'abbaye deGigny, etOdon pour ce'.îe de Cluny. Ce dernier résista à sa nomination, se fil apporter violemment par les moines à l'assemblée, et ne céda qu'à l'ordre des évéques et aux menaces de l'excommunication l1*'.

(13) 9(1011 naquit à Tours, eu 8; 9. où il fut d'abord musicien et premier

18 UISTOIRE DE G I G N Y.

926 § 1 i. Quoiqu'on puisse penser de la réalité de toutes ces

circonstances, embellies peut-être par le* hagiographes , il est certain que Bcrnon , prévoyant que sa riche succession pourrait donner lieu h fies prétentions rivales et a des dissensions fâcheuses , chercha a les prévenir en nommant luimême ses successeurs. En cela , il s'autorisa de l'exemple de saint Benoit et autres chefs de son ordre ; mais il est certain qu'il n'en avait guère le droit , puisque les chartes fondatrices des abbayes de Gigny, de Cluny et de Déols réservaient expressément l'élection abbatiale aux religieux de chaque abbaye , et ne permettaient pas à un ou deux individus de c *a cumuler tant de bénéfices. Il fil donc un testament contenant partage de ses monastères, et , dans cet acte , qui est un monument remarquable de l'époque, il se choisit, du consentement des religieux , deux successeurs , savoir Guy , son parent, et Odon, son ami. Il désigna ce dernier pour lui succéder dans les abbayes de Cluny, Déols et Massay, et Guy dans celles de Gigny, Baume et Mouthier, y compris le prieuré de Saini-Lauthcin , avec toutes les dépendances de ces divers établissements. Cependant , il détacha de ce dernier lot le village d'Alafracte (t:,>, le quart des chaudières ou salines de

C. 20. chantre de l'église. C'est par errent que le chroniqueur Sigebeit dit qu'il fit profession monastique en 898, août Bernon, puisqu'il e«t bien établi qu'il ne ▼int à Baume que onse ans plus tard. Plusieurs l'ont qualifié de premier abbé de Cluny, à cause de la grande part qu'il a prise a cet établissement. Il mourut le 18 novembre 94», j a ur auquel ou célèbre aa mémoire. (1 9) Ce village se trouve encore mentionné , sous les noms d'Jlafracta , jtle~ M. fracfa, MaFracfa, la Fr«cte% dans quatre bulles apostoliques de 1089, 1 107, 1 i5S

et 1 190 , portant confirmation de ses biens k l'abbaye de Baume. Deux chartes de l'empereur Frédéric Barberousse des annéea 1 i5S et 1 1 $7 portent aussi que cette abbaye possède des biens à Alafracte, Jllefractar, ta Fronton* Or, je crois reconnaître ce lieu «Uns la commune actuelle de /« Frette* en l'arrondissement de Louhan», oh il y avait anciennement un prieuré et oh l'abbé de Baume nom» mail autrefois i la cure Dans un terrier de iS84« il est encore mention de terres mou.-ati'es de* sieurs de Beulme. Cette commune est nommée la Frocca dans

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