CHAPITRE YLVÏI
femme. Il fut leur plénipotentiaire en 1697, 1698 et 1701, à 1721
Riswick, a Francfort et h Rome, où il soutint les intérêts de
cette princesse contre l'électeur palatin. Le duc d'Orléans,
fils de Philippe de France, puis régent du royaume, continua
celte confiance, en le nommant, en 1708, son secrétaire des
commandements. L'abbé de Thesut ayant même donné sa
démission de cette charge, en 1723, ce prince aimable la
refusa par une lettre qui lui fait autant d'honneur qu'au
démissionnaire, a Le 29 octobre 1723, Monseigneur, petit-
o fils de France, duc d'Orléans, étant a Paris, désirant
c donner au sieur abbé de Thesut, conseiller d'état ordinaire,
« des marques de la satisfaction qu'il avait des longs services
a que lui et le feu sieur de Thesut, son frère , lui avaient
« rendus, et à feu Monsieur, pendant plus de trente-huit
« ans, et de la continuation de son entière confiance et de sa
« parfaite estime, persuadé de son zèle et de son attache-
« ment inviolable pour sa personne et pour ses intérêts, a
« voulu qu'il lui soit toujours attaché, et le retient pour son
a secrétaire des commandements, nonobstant la démission
a qu'il venait de faire de ladite charge. »
Avant d'être nommé prieur de Gigny, Louis de Thesut était déjà abbé de Saint-Pierrc-en-Vallée des ermites de Chartres, de Saint-Martin de Pontoise, de Moutier-Saint-Jean en Auxois, dont il fut le dernier titulaire, et prieur de Jusier près Meulan. Son frère lui avait déjà conféré, avant 1681, le prieuré de Donsurre, et avant 1702 celui de Marboz, tous deux membres de Gigny. Il fut créé conseiller d'état le l.w août 1721 par le roi Louis XV, qui voulut reconnaître ainsi ses services d'une manière signalée, et qui lui confia en même temps la feuille des bénéfices de son royaume. Ce fut aussi en la même année qu'il obtint notre prieuré, après la mort de son frère.
S 2. Les titres de Gigny font peu de mention de L. de Thesut, auquel notre monastère donnait sans doute peu de
270 IIISTOIAE DE GIGNY.
soucis. Le premier où il figure est uu acte d'acensement, 1722 en date du 15 novembre 1722, du moulin de ce bourg, acensement qui donna lieu à un procès avec le meunier censitaire précédent, et qui fut résilié, deux ans après, par une transaction.
1724 Le second titre est la ratification que ce prieur, en personne à Gigny, donna, le 15 février 1724, au concordat de 1554, ratification que les religieux avaient soin d'exiger des prieurs, peu après leur entrée en fonctions. Ce fut probablement la seule visite qu'il fit à Gigny.
Dans la même année 1724, le 30 mai, il figura dans la transaction dont il a été parié, non pas en personne, mais représenté par le doyen J.-G. de Visemal, son mandataire et probablement son vicaire-général.
1726 Enfin, il est encore mentionné avec ses qualités de conseiller d'état et de prieur de Gigny, demeurant a Paris, dans un nouveau bail, fait en 1726, du pré des Étangs, au soir du bois du Moulin, que son frère avait déjà acensé temporairement. Au reste, il sera de nouveau parlé de lui comme prieur de Donsurre et de Marboz.
1729 $ 3. Louis de Thesut mourut à Paris en 1729, 5gé de 65 ans, et en lui finit la branche de MM. de Thesut, seigneurs de Lans, près Saint-Marcel. Il fut inhumé a Saint-Sulpicc dans le tombeau de J.-Fr. -Gabriel d'IIénin-Liétard, archevêque d'Embrun, son cousin germain, selon le vœu exprimé dans son testament, par lequel il institua pour légataire universel Jean-Baptiste-Paulin d'Aguesseau , fils du chancelier de France.
$ 4. On lit dans la description de Bourgogne, par Gourtépéc, que Jacques de Thesut de Givry a été abbé ou prieur de Gigny. Mais c'est une erreur, car la suite de nos titulaires, pendant trois siècles, ne permet pas de l'admettre parmi eux, et d'ailleurs on n'en trouve aucune autre indication. L'auteur a probablement voulu parier de Jacques de Th.,