CHAPITRE L
toyer le bois de la Ladrerie , en usant de voies comme iinpratiquables.
2. ° En 1753 M. de la Fare figura , comme garant , dans 173.1 un procès contre M. Perrard , seigneur de Saint-Marccllin,
qui prétendait au cens du moulin de Vaux, près Champagna , au préjudice de nos religieux, mais qui se désista en 1754. 1734 Le meunier de cette usine avait été condamné , en 1694. au bailliage de Chalon , à passer nouvelle reconnaissance féodale au profit d'Abr. de Thesut, l'un de nos prieurs.
3. ° En 1756, au contraire , le chef du monastère de Gigny *756 fui condamné au bailliage de Bourg , en sa qualité de gros décimaleur, à réparer le chœur et le clocher de Saint-Nizier«r en-Bresse,
4/ En 1759 , son fermier-général et notaire parvint, par intrigue, à faire dépendre Gigny du bureau d'Orgelet , pour Vmiregistrement des actes, tandis que , depuis l'établissement des contrôlés, il avait dépendu du bureau de Saint-Amour. Ce ne fut qu'en 1802 que les habitants redemandèrent celuici qu'ils ont obtenu.
5.° En 1762 , il intervint, par formalité, comme nous le verrons plus tard , dans le procès que les nobles chanoines eurent avec le curé Morel.
$ 6. Mais le plus grand événement arrivé sous le prieurat de M. de la Fare fut la sécularisation du monastère, demandée en 1756 et obtenue en 1760 , après laquelle ce chef fut comme éclipsé par le hautrdoyen du chapitre et devint encore plus étranger à Gigny que jusqu'alors. Cet événement va être l'objet du chapitre suivant.
$ 7. Nonobstant cette sécularisation , le prieur de Gigny conserva pendant sa vie ses revenus, attributions, titres et prérogatives. Il continua à instituer les officiers de justice et de police de la seigneurie, a présenter aux cures vacantes , et en 1765, il passa procuration au doyen du noble chapitre pour l'administration de l'établissement.
278 HISTOIRE Dl GIGH V.
Eu l'année 1766, il devint abbé de Baume, où il refusa M* généreusement le prix de la liberté de deux frères nés mainmortablcs de l'abbaye et qui s'étaient distingués dans l'armée et dans l'Église. «On ne me doit rien, dit-il, on n'est point este clave quand on a aussi bien servi le roi et la religion.
Au reste , l'abbé de la Fare qui , au commencement , restait à Paris , vint se fixer à tangres où il résida presque toute sa vie. Mais sa passion pour le jeu et les femmes le tint presque toujours plongé dans les dettes. On voit qu'il en contracta déjà à Gigny auprès de quelques particuliers , dans l'année môme de sa nomination au prieuré , et qu'en 1772 il était débiteur de sommes considérables envers le noble chapitre, qui passa procuration pour saisir ses revenus et arrêter les deniers qui pouvaient lui être dus. Il fut victime de sa double passion, car il mourut en janvier 1797 à Besançon, dans un état voisin de l'indigence, et fut inhumé dans le lieu de la sépulture commune. Il ne dut sa subsistance dans les derniers temps qu'à un fidèle et dévoué domestique.