‹ Histoire de GignyChapitre 174 sur 356 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

J.-J. de la FARE, prieur.

Arpenfetneni de U ioigneurie. — Route royale.

i 744 S 1 • Joachbn-Joseph de la Fore, prêtre, licencié de la maison et société de Sorbonne, chanoine et trésorier de la cathédrale de Laon, vicaire-général de Langres, abbé de Baume, conseiller et aumônier du roi, dernier prieur commendataîrc de Gigny, était d'une famille très noble, originaire du Languedoc, qui s'était établie à Langres. Un membre de cette ancienne maison était déjà grand du royaume, sous Henri I, dans le milieu du onzième siècle. Un autre membre, né en 1644, mort en 1713, le marquis Ch.-Aug. de la Fare, a été un poète épicurien, aimable, gai, ami de Chaulieu et de J.-B. Rousseau, Ce dernier a dit de lui que, marchant dans les sentiers d'Horace, U nous montrait la vertu parée des attraits de la volupté. Enfin, de nos jours encore, un autre membre de la même famille, d'abord évéque de Nancy, puis archevêque de Sens, a été aumônier de la fille de Louis XVI. Ce fut lui qui, dans la nuit du 4 août 1789, fit, au nom du clergé, le sacrifice des dîmes et des droits féodaux.

Les armes de la maison de la Fare étaient d'azur, à trois flambeaux d'or allumés de gueules, et posés en pals.

S S. L'abbé de la Fare fut nommé prieur de Gigny, peu de temps après la mort de l'évéquc Bouhier, à la fin de 1744

1745 ou au commencement de 1745. On trouve, en effet, que le 18 mars de cette dernière année, étant en son hôtel à Paris, il institua déjà des officiers de justice ou de police dans la seigneurie de Gigny, mais, néanmoins, il ne prit possession du prieuré que le 19 avril suivant.

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Après la mort de J. Bouhier, on avait nommé pour admi- 1745 nistrateur du monastère, pendant la vacance, le grand-prieur cloitrier, M. de Larrians, qui, par acte du 1 janvier 1745, loua les revenus de la mense, moyennant 7,000 fr. , à ses co- religieux

Ce bail fut stipulé pour neuf ans, pendant lesquels le doyen, J. de Mali vert, continua à être le procureur et receveur du chapitre jusqu'en 1752, année de sa mort, et il fut remplacé dans cet emploi, pour la dernière année du bail, par J.-B. de Moyria <U9) . Mais en 1753, le prieur ne loua plus sa mense aux religieux, comme il avait été fait depuis un demi-siècle. Il renouvela l'usage d'un fermier-général, et ce fut Nicolas Clément de Langres, ou plutôt P. Gréa, notaire à Gigny, qui devintle sien, pendant six ans seulement. Car en 1760, il en passa un bail de neuf ans, au prix de 9,000 fr., aux chanoines de la nouvelle collégiale.

$ 3. Ce fut du temps du prieur de la Fare qu'on exécuta 1746 Varpentement général du territoire de Gigny, sujet à l'imposition royale. Les habitants en ayant formé la demande, le 4 mai 1746, en obtinrent l'autorisation en 1747, et cet arpen- 1747 tement fut effectué, en 1748, par Louis Veliey, géomètre aux 1748 maîtrise, bailliage et présidial de Salins. Ce travail fut très bien exécuté, et quoique le plan du territoire n'ait pas été levé, la contenue exacte de chaque fonds a été consignée, avec les dimensions en tous sens, sur un registre ou livre , qui a été bien souvent utile pour retrouver ou rétablir les limites des propriétés, pour constater et faire cesser des anticipations et pour prévenir de grands procès entre voisins.

Les autres villages de la seigneurie imitèrent l'exemple de

(14!) Le prieur* d a Gigny ru p portait à son titulaire loo fr. en 144!, et 5, 000 fr. C. fil. en 17 «C. Il fut loué 0,000 fr. en 1760 par l'abbé de I* Fare.

(149) Hou» avoua trouvé, en «aire, pour procureur! et receveur* du chapitre, M>l. H.-Fr.dt Tartr*, en 167! — 1704, Ferd.-Merit dt IS'ance, ea ifoS— 1714, J -Th. dê UUêimand d*Uvii»jr,*x 17 »4— "7*6.

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Gigny. Aussi, on voit que le môme géomètre Veliey fit l'a rpcntr ment de Lou venue et de Morges en 1751, et C. Darbon d'Orgelet, celui de Graye et Charnay en 1754, de Cropet en 1762, de Mounetay en 1763, et de Montrevel en 1769.

1750 S *• Le chef de notre prieuré acensa, en l'année 1750, aux habitants du Villars, le bois deMarleya, qui avait été reconnu propre et banal au seigneur dans le terrier de 1542, et dont les prieurs successifs avaient toujours eu dès-lors la possession, et avaient fait condamner ceux qui y commettaient des délits. Cependant, les censitaires ayant voulu récéper ce bois, les habilautsde Cropet les assignèrent en justice, prétendant qu'il leur appartenait, comme ayant été acensé par le prieur L. de Rye, pour l'usage de leurs fours. Ceux du Villars appelèrent M. de la Fare en garantie, et par jugement rendu à Orgelet, le 5 janvier 1752, les habitants de Cropet furent condamnés.

$ 5. On a déjà vu que le prieur qui nous occupe avait été

1754 aussi appelé en cause, en 1751, dans le procès de Gigny et du Villars ( chapitre XXX); qu'en 1752, il avait acensé à perpétuité le domaine de la Grange de l'isle Çtbïd.) ; qu'en 1760 il avait loué sa mense aux nobles chanoines (à-dev. $2j; qu'en 1782, il avait donné son approbation a l'affranchissement des habitants de Graye et de Charnay (ehap. XVI ). Il nous reste peu à ajouter sur les choses arrivées à Gigny de son temps ou qui lui sont personnelles.

1.* En 1747 et années suivantes, la route d'Orgelet à Saint- Amour par Loysia fut tracée et établie par corvées , ainsi qu'un embranchement traversant Gigny. Il en résulta que les habitants de ce dernier lieu ne furent plus obligés, pour se rendre a Véria et a Saint-Amour, de passer la rivière, en corbe, où existait l'ancien Pont-de-la-Picrrc , de traverser la prairie , de grimper l'ancien et rapide chemin du Raffourg, qui existe encore sous le bois de Biolière, et ensuite de cô-

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