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vantage de liberté. Le moyen âge avait fini au quinzième siècle 1 756 et avec lui la foi robuste en la règle de saint Benoit. La découverte de l'imprimerie et des Indes , la renaissance des * lettres et des arts et surtout la réforme religieuse préchee par Luther et Calvin avaient amené ces résultats. Dès-lors , les moines ne tenant plus guère à leur règle que par leurs vœux et leur habit, s'ennuyèrent de plus en plus dans leurs cloîtres , et cherchèrent tous les moyens d'en sortir , de rentier dans le monde ou dans le àècle , autrement d'obtenir leur sécularisation.
On lit que l'abbaye de Vezelay fût sécularisée en 1537 , celle de l'Ile-Barbe en 1549, celle de Saint-Pierre de Maçon en 1557, celle d'Aurillac en 1561, celle de Saint-Étienne de Dyon en 1613 , celle de Déols en 1623, celle de Tournus en 1627, celle d'Ainayen 1684, etc. Beaucoup d'autres encore le furent dans le dix-septième et le dix-huitième siècle. L'abbaye de Saint-Claude , destinée à la noblesse comme le prieuré de Gigny, le fut aussi en 1741, lors de l'érection derévéché, et cette sécularisation dans le voisinage enhardit sans doute nos nobles moines , ainsi que ceux de Baume , de Lure et de Morbach , à solliciter la leur quelques années après.
$ 2. Le vrai motif des demandes en sécularisation était certainement le désir de la liberté ; mais on le dissimulait sous d'autres raisons plus ou moins spécieuses. Ainsi , les moines de Vezelay alléguèrent que leur abbaye était trop fréquentée par les personnes pieuses qui y venaient en affluence faire leurs prières et leurs offrandes à sainte Madeleine, dont ils possédaient les reliques, ce qui troublait la solitude prescrite par leur règle. Ceux de Saint-Étienne de Dijon représentèrent qu'étant obligés de faire les fonctions curiales dans plusieurs paroisses de la ville , ils étaient en contact continuel avec des gens du monde , hors de leur cloître, et forcés ainsi de ne plus vivre dans la retraite. Ceux de Tournus firent valoir qu'ensuite de deux incendies an-
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1756 ciens , et à cause du voisinage des provinces soumises à l'Espagne et à la Savoie, leur abbaye, située dans une position élevée , avait été reconstruite plutôt en forme de citadelle que de monastère ; qu'en temps de guerre elle était sujette au guet, aux sentinelles et aux garnisons, comme en temps de paix, au passage de toutes sortes de gens ; qu'ordinairement elle était plus peuplée de soldats que de religieux ; que leur enclos renfermait aussi la prison et l'auditoire ; que les moines n'avaient ni jardins, ni cours, ni eaux, ni préaux pour leur récréation ; que dès-lors ils ne pouvaient plus suivre leur état régulier; qu'en conséquence il était nécessaire de les séculariser pour la sûreté de leur conscience et l'édification du prochain. Les religieux des autres monastères avaient donné des motifs plus ou moins analogues , au nombre desquels les scrupules de la conscience figuraient toujours. Voici ceux que , dans une délibération prise à cet effet et dressée par-devant notaire , laquelle donne une idée de l'état de décadence où était arrivé leur prieuré, ceux de Gigny alléguèrent , pour parvenir au môme but , après en avoir déjà conféré avec l'évéquc de Saint-Claude.
§ S. a Le 4 décembre t756, présents MM. J.-Fr. de Falea tans , grand-prieur ; El.-Al. de Belot de Montbozon , « chambrier ; J.-B. de Moyria , infirmier ; Fr.-Gab. de a Jouffroyde Gonssans, ouvrier, et en l'absence volontaire a de H. de Balay-Marigna , sacristain , le grand-prieur ex- « pose :
« Qu'il voit avec douleur que, depuis un temps immémoa rial, les religieux du prieuré de Gigny , quoique engagés « par des vœux solennels, n'observent point la règle de u saint Benoit ; que la vie commune est entièrement aban- « donnée , tous les religieux ayant depuis si long-temps « vécu en leur particulier, comme des prêtres séculiers ; o qu'il est d'ailleurs impossible de rétablir la vie commune, « n'y ayant ni cloître , ni dortoir , ni réfectoire , pas môme