CHAPITRE LI
« des traces qu'il y en ait jamais eu ; et les religieux ne 1756 a pouvant être visités par des supérieurs majeurs , attendu « l'indépendance de toute autre maison , et attendu leur a exemption de la juridiction de l'ordinaire ; qu'ils ne por- « tent pour toute marque de l'état régulier qu'un pelit a scapulaire sur leur soutane ; qu'ils ne récitent pas même a l'office de saint Benoit, et qu'il n'y a chez eux aucun veste tige de la règle établie par ce saint , telle qu'elle est a en usage dans les maisons de son ordre ; que les religieux a ne peuvent continuer de vivre dans un état aussi incero tain qui agite et trouble leur conscience par des scru- « pules et des remords continuels ; que d'ailleurs , nul ne « peut être reçu religieux dans ledit prieuré, qui ne fasse « preuve de seize quartiers , huit du côté paternel et huit « du côté maternel ; qu'il est impossible de trouver des su- « jets de cette qualité qui veuillent embrasser l'état régua lier , tellement qu'ils sont réduits aujourd'hui au nombre a de cinq seulement , quoiqu'il y ait douze places et huit « officiers claustraux ; que , depuis plus de vingt ans , on « est obligé de recourir à des prêtres séculiers pour faire a l'office et acquitter les fondations ; que cette disette de « sujets réduit le monastère à l'instant d'être détruit et a expose la noblesse a perdre cet asile qu'il est cependant a précieux de lui conserver ;
« Que dans cet état, et pour prévenir de si fâcheux incon- « vénients , il n'y avait d'autre moyen que de supplier le roi a de consentir à la sécularisation du prieuré de Gigny, pos- « sédé actuellement en commende, sur sa nomination, par « M. l'abbé de la Fare , et de permettre au chapitre de solor liciteren cour de Rome ladite sécularisation et l'extinction « et suppression desdites places et offices claustraux, ainsi a que des titres des prieurés de Donsure, Marboz et Oussia, « étant à la collation de M. le prieur de Gigny, en sadite qua- « lité, et de ceux de Clairvaux-les-Vaux-d'Ain, Poittc, Saint-
282 HISTOIRE DE CIONT.
1756 « Laurent-la-Roche , Chatonnay et Chambornay , étant à la a collation du pape , pour être les revenus réunis et former « la mense capitulaire d'une collégiale que S. M. permet- <r tra de demander à N. S. P. le pape d'ériger dans ladite « église de Gigny, sous la juridiction de l'ordinaire.
a II fut aussi délibéré qu'on demanderait au pape d'ab- « soudre , dispenser et décharger les religieux profès dudit t monastère de toutes observances de la règle de saint Be- « nolt et des vœux solennels par eux faits , excepté celui « de chasteté, de sorte qu'ils ne soient plus tenus de porter a l'habit régulier, ni aucune marque extérieure de régulaa rité, et qu'ils soient en tout conformes aux prêtres sécu- « liers, et réputés tels ; de permettre que lesdits religieux a sécularisés puissent, à l'instar des autres prêtres séculiers, «r acquérir , posséder et retenir toutes sortes de bénéfices a séculiers en titre et réguliers en commende , de quelque a nature et qualité qu'ils soient, qui leur seront canonique- « ment conférés, comme aussi de percevoir et exiger toutes « sortes de pensions annuelles , etc.. enfin, de conserver « pendant leur vie, après qu'ils seront sécularisés, tous les « bénéfices réguliers qu'ils possèdent aujourd'hui canoni- « quement , sans qu'ils soient tenus d'en preudre de nou- « velles provisions , quand môme ces bénéfices dépendraient d'autres monastères; qu'ainsi M. de Faletans a continuerait de tenir en commende son prieuré de la « Chassagne, an diocèse de Poitiers, M. de Bclot-Montbozon « celui de Donsure, au diocèse de Lyon , et M. de Jouffroy a de Gonssans ses chapelles érigées tant à Gonssans que a dans l'église de la Madeleine, a Besançon.
« Il fut encore délibéré qu'on demanderait également au « saint Père qu'il érige l'église régulière du monastère de <r Gigny en église séculière collégiale, sous le titre et invo- « cation de Saint-Pierre , avec chapitre, chœur, mense ca- « pitulaire, et avec toutes les marques, privilèges, honneurs,