CHAPITRE III
Lons-le-Saunier {H\ les biens provenant d'un nommé Sam- 90g son et la moitié du pré d'un certain Saimon. Il G l celle distraction en faveur de l'abbaye de Cluny, sous la condition que cette dernière paierait à celle de Gigny un cens annuel ou une rente de douze deniers pour l'investiture ou mise en possession f|5). Le testateur fait tous ses efforts pour prouver qu'il n'y a aucune injustice de sa part à détacher de l'abbaye de Gigny ces divers biens et a les donner à celle de Cluny. Les raisons qu'il en produit sont toutes sentimentales : l.a il a choisi Cluny pour le lieu de sa sépulture ; 2.° ce dernier établissement reste imparfait , à cause de sa mort et de celle du duc Guillaume prédécédé , de sorte que c'est comme un enfant posthume qui ne naîtra ou ne se développera qu'après le décès de ses auteurs ; 3.° il est plus pauvre en biens et plus chargé de famille que celui de Gigny ; 4.° les enfants qui naissent les derniers ne doivent pas être plus déshérités que les premiers , surtout quand ils reconnaissent un père commun, un même patron (saint Pierre), etc..
on acte de foi et hommage en ia7», et ta Fraie dans un dénombrement de • 174.
(14) Le testament de Bernon e«t le titre authentiqueleplus ancien connu, qui perle des s alinéa de Lon»-le-Sauuier. Cependant on lit que, d'api è» de Ticux manuscrits de l'Église de Besançon, l'empereur Lothaire, mort en 85 S, avait déjà concédé un droit sur cctsalines h l'archevêque Ardoic, pour le luminaire de l'église de Saint-Êlienne. Quelques auteurs ont prétendu qu'elles existaient Jé|à avant la conquête des Romains , et que, si saint Oyen, abbé de Condat, mort en S 10, envoya deux de ses disciples s'approvisionner de sel en Toscane ouen Provence, c'est que les salines de Lons-le-Saunier et de Salins étaient iaabordabtes a cause du brigandage des Allemands en Franche-Comté.
<iS) Cette rente perpétuelle de douce deniers, dont le moine Sigebert parle aassi deux siècle* api es, est sans doute indiquée par Paradin et Gollut sous le nom de Mailla a? or, donnée selon eux par reconnaissance. La maille ou obole d'sr était, dans le Xui.* siècle, une pièce de monnaie valant cinq sols tournois on 6a deniers- Il y avait aussi une maille d'argent et une maille de billou de très petite valeur, d'où le proverbe, umoir ni sou ni auulU, eu latiu macula.
20 HISTOIRE DE GICNY.
Q2G reslc » Bcrnon termine son testament en recomman-
dant a ses religieux de persévérer dans robservance de la règle monacale; dans leur esprit d'union et d'unanimité; dans leur genre de vie ; dans l'habitude du silence ; dans leur mode de nourriture , de vêtements , de prières et de psalmodie ; et surtout dans la vie commune et dans le mépris des biens propres ou personnels. Enfin , il supplie les princes et les seigneurs qui rendent la justice sur terre de respecter et de protéger ses dernières dispositions.
Celle charte importante , qui paraît n'avoir pas été inconnue aux moines Sigcbcrt cl Nalgod, est datée de la quatrième année du règne de Raoul , roi de France , laquelle correspond à Tan 92G. Elle est signée de Bcrnon, abbé, d'Odon, abbé, de Guy, abbé moderne (,6> , avec mention de son consentement, de Geoffroy et de Wandalbert. 0*27 S 15. Bernon survécut peu à la confection de son lesta-
\x 4 *!' ment , car il mourut le 13 janvier 927 , et, selon ses désirs , il fut inhumé à Cluny, dans l'ancienne église de Saint-Pierre, derrière l'autel de Saint-Benoît , remplacé ensuite par celui de Sainte-Catherine. Il mourut en odeur de sainteté, mais il n'est pas certain qu'il ait été canonisé ; le contraire est plus probable. Quelques auteurs l'ont qualifié de saint {sancins, sanctimic dccoratits) ; d'autres l'ont seulement appelé bienheureux bcatus).
On célébrait la fète de ce grand chef de moines à Cluny le 13 janvier. Selon le livre des anniversaires du prieuré de Souvigny,on faisait le même jour, dans ce monastère, un office complet pour doin Bernon, abbé, cl on y donnait la réft clion à douze pauvres. Au reste, son nom n'est inscrit que
U*> Que lignifie iri le mot moderne f L'auteur de celte histoire «voue n'en av«;r p iut découvert le aeni. On trouve le même terme qualificatif don lié eu 1787 par une huile aptistolique, au uomhiede >ios preuve», aux religieuse* de T,..i)*-le S mn er, aui clutioiue* de Giguy, cl à l'uffiVial et au piomolcur de l'ô-
v^q'ie <b M Von, m Chrifo filix modem*, filii m»dernit etc.