CHAPITRE LUI. S
son oncle, qui lui avait déjà résigné, en 1760, son prieuré de 178* la Chassagne, pour lequel M. deMoyria passa, en 1768, une procuration afin de faire foi et hommage a l'abbaye de Bourgueil en Anjou , lui résigna encore le doyenné de Gigny. Il fut nommé à cette dignité par brevet du 23 décembre 1783 et par bulle du 20 mars 1784, fulminée par l'oflicial de Saint-Claude, et il en prit possession le 12 mai suivant.
Cette nomination n'obtint pas l'assentiment des nobles chanoines , qui en furent probablement jaloux et virent sans doute avec peine l'esprit de népotisme avec lequel M. de Faletans conservait et perpétuait ses bénéfices dans sa famille. Aussi , l'acte de prise de possession porte que M. de Moyria leur avait présenté les pièces de sa nomination , le jour même en sortant de matines, pour les faire enregistrer sur le livre des délibérations, et leur avait manifesté son désir de prendre possession dans ta journée, en les priant de vouloir y assister. Mais tous s'y refusèrent, à l'exception de . MM. d'Éternoz etdeMeuthon qui l'installèrent, en présence de messire Henri d'Escairac, chanoine, archidiacre et vicairegénéral de Saint-Claude , de M. Emmanuel-Marie-Joseph d'E gland , écuyer , seigneur de Cessia, Varennes et autres lieux, chevalier de saint Louis et lieutenant-colonel de dragons, et de plusieurs autres personnes de considération.
§ 4-. C'est pendant le doyenné de M. de Moyria que le noble chapitre de Gigny fut supprimé, avec union de ses revenus aux abbayes de Lons-le-Saunier et de Migettc. C'est même le seul , mais grave événement dont il reste à nous occuper. On va en faire l'histoire détaillée, soit pour ne rien omettre de ce qui concerne Gigny, soit pour donner une idée des formalités suivies en pareil cas.
Selon une tradition vague , l'auteur de cette suppression aurait été M. de Faletans lui-même , qui l'aurait donné h entendre en 1781, lorsqu'il quitta Gigny, le cœur ulcéré par les procédés de quelques chanoines. Mais, cette croyance
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17*4 n'est probablement pas fondée, soit parce qu'il n'eût pas résigné, en faveur de son neveu, la première dignité d'un établissement qu'il aurait voulu renverser, soit parce que,
1785 en janvier 1785, il écrivait ce qui suit au père de l'auteur de celte histoire, pour lequel il n'avait rien de caché ni de dissimulé : 0 On voulait donner une forte secousse pour le cha- <t pilre de Gigny. J'en ai été averti, et j'ai au moins pro- « longé le coup. Le temps est un grand maître; je crains v cependant qu'à la tin ils ne se détruisent eux-mêmes. »
On pourrait, a la vérité, interpréter ce dernier membre de phrase, en disant que les nobles chanoines, compromettant leur dignité par une conduite irrégulière, amèneraient la nécessité de détruire le chapitre. On pourrait croire que l'abbé Circaud, promoteur apostolique pour celte suppression, y faisait allusion, lorsqu'il écrivait le 19 mai 1788 : a Je ne a parle pas des suiles ordinaires qu'entraîne avec lui ce défi sœuvrement forcé. J'aime h croire que MM. de Gigny ont a constamment employé à l'élude les loisirs que leur laisa saient les devoirs de la vie canoniale. J'aime à croire que a leurs successeurs joindraient constamment, aux exercices « de la prière publique, l'esprit de retraite, la pratique des o devoirs ecclésiastiques, etc. »
Néanmoins, il est plus probable que l'ancien doyen de Gigny voulait parler des tentatives que plusieurs jeunes chanoines faisaient pour sortir d'un établissement où ils se trouvaient à regret, et d'un lieu où l'essor de leurs passions était sans doute gêné. En effet, on trouve dans des notes do l'époque des reproches adressés aux jeunes chanoines, a parce qu'ils sollicitaient eux-mêmes leur suppression , « sous le prétexte spécieux qu'une collégiale est mal placée a dans un bourg, dans une campagne ; que Gigny n'était « pas un champ assez vaste pour exercer leur zèle ; etc. » On lit aussi, dans le brevet du roi qui intervint le 8 février
c. lis. 1787, « que les inconvénients résultant de celte position et