CHAPITRE LUI
commissaire à terrier. En conséquence» M. Deleschaux, sub- 1 788 délégué de l'intendant de Franche-Comté dans les ressorts de Lons-le-Saunier et d'Orgelet, vint apposer les scellés, le 22 du mois d'octobre, et mettre en séquestre les biens, revenus et titres du noble chapitre.
S 6- Après cette première et importante mesure , il s'agissait d'obtenir le consentement à peu près unanime des chanoines. La chose était assez difficile, parce que plusieurs
Anne de Bttttx* i«i«-i«o.
Antoinette de Ronchaux, i63o-i«4$.
Anue Suzanne de Uomstiers, 1(47.
Antoinette de Polignj% ifSa.
Louise G« briet le de />r«t, 1674-1711.
Louisc-Gasparine de Pra~B*tl*y~Samix, 1 71S. Jeu nne-Mai guéri le de Betot-fïHtUe, i7Si-i;f a. Marguciile-Françoise de Bouttchou r, 17(1*1719.
Vmbbmye de Notre Dsmtdt MlgeUe était établie prêt de Salins et Levier, au département actuel do Doubs, entre les montagnes de Montmahou et de Sainte-Anne. D'après d'anciens document*, il y avait a Migetle, dana le milieu du douzième siècle, un monastère de religieux 1 tandis que d'un autre coté, on lit qu'en l c'est à-dire à la même époque, l'abbé de Balerne était directeur de femmes retirées dans /# disert de Migell*. Néanmoins, l'opinion la plus accréditée et la mieux fondée est que cet établissement fut projeté par Marguerite de Bourgogue, veuve de Jean de Chalon, baron d'Arlay, morte en tio$. Mais ce dessein ne fut exécuté que par son fils Hugues de Ch., seigneur d'Arlay, Cuuel et Vii teaux. Les religieuses en prirent possession en i3»5. La première abbesse counue est Guillauma de Çhaton~db*ns , vivante en 1 J4S. Guyotte de Boujaifles l'était en «394; Alix de Satins en t3«); Jeanne de Longtvill* en >4°9 • Jeanne à' Un* en 14(9 ; Isabelle de Scey en 1S60 ; Jeanne de Fotignjr en iSf / ; etc.
Les pieuves de noblesse, l'observance de la vie religieuse, la police, la disci- C. 14S. plioe, la règle de saint François sous le régime des Coi deliet s« etc., y étaient les mêmes qu'à Lons-le-Saunier.
En 17I7, cette abbaye était composée d'une abbesse, de six dame* prébendves, dont la plus ancienne appelée doyenne, dedouxe dames demi-prébendées (et de plusieurs autres professes ou novices non prébendées . Yoici les noms de celles qui signèrent la procuration relative à l'union de Gignys N. N. de Fruif cM de Ran, abbesse ; de S.~ Mttut is, doyenne | de JnuffroyConssnns , à' jin*$eyt de Beau jeu % de Franche lt de Germignejr, de M*$tnist0t Dutt de ChaQ'ajrt de Convnaf , de ÇhajfoyUunnn et de Ritlty,
1785 d'entre eux, et surtout les anciens, tenaient à la conservalion de leur antique établissement , ainsi qu'a leurs habitudes religieuses , et ils regardaient comme une espèce d'opprobre la prochaine qualification de chanoines supprimés. Or, je trouve dans une note de l'époque qu'on vint à
1786 bout de leur hésitation et de leurs scrupules, par une espèce d'intimidation. Il y est dit qu'un homme fut envoyé à Gigny par le ministre, et qu'il obtint ou arracha des récalcitrants un consentement forcé, en les menaçant de la disgrâce du roi, en cas de refus. Aussi, par une délibération capilulairc
c. 143. du 21 juillet 1786, nos religieux déclarèrent qu'ils s'en rapjyorlaient entièrement à la justice et à la bonté (le sa majesté, déclaration dont les termes ressemblent plutôt, en effet, à de l'obéissance qu'à un consentement spontané.
Fort néanmoins de celte adhésion, le ministre les fit délibérer , quelques mois plus lard , sur leurs intérêts personnels, pour le cas de suppression projetée. En conséquence, dans un chapitre tenu le 11 octobre, ils demandèrent : la une pension viagère de 3,500 fr. h 4,000 fr. pour chaque chanoine, et double pour le doyen ; 2° le droit de chasse et de pèche dans l'étendue de la seigneurie ; 3° la jouissance, pendant la vie, de leurs maisons canoniales et de leurs jardins 1737 § 7. Le consentement des chanoines obtenu , survint le brevet du 8 février 1787 , par lequel le roi , en accédant à toutes les demandes des religieux sécularisés , donna aussi son assentiment et déclara que son intention était que le chapitre de Gigny fût éteint et supprimé, eu suivaut les formes en tels cas accoutumées. Énonçant en même temps que ses biens et revenus quelconques seraient réunis à perpétuité aux abbayes nobles de Lons-le-Saunicr et de Migeltc, le souverain autorisa les abbesscs de ces deux monastères c. U9, à solliciter une bulle en cour de Rome. On trouvera dans le recueil de nos preuves, ce brevet , qui contient plusieurs documents intéressants.