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HISTOIKE DE GIG!tY.
1789 deux d'entr'cux , MM. de Montbozon et de Gonssans, y moururent en 1791. M. d'Éternoz, l'un des premiers, quitta Gigny en 1790, pour se retirer a Salins, puis les autres retournèrent dans leurs familles en 1790 et 1791, peut-être seulement lorsqu'ils virent le temps s'obscurcir et l'orage révolutionnaire grossir. M. de Moyria, doyen, y prolongea sa résidence le dernier de tous , même pendant la tourmente politique. Après diverses absences et divers retours, il n'en partit définitivement qu'en 1795, pour se fixer touta-fait , avec ses frères et sœurs sortis comme lui de leurs abbayes , dans l'antique château de leurs aïeux à Mailla. Mais il continua avec eux à y pratiquer les devoirs de la vie religieuse canoniale , et , après y avoir fait, pendant plus de quinze ans, l'édification des fidèles, il mourut en l'année 1811 , estimé et regretté de tous ceux qui l'avaient connu. Ainsi , c'est par erreur qu'on a rapporté vaguement à Gigny qu'il avait été maltraité , lors de l'invasion de 1814 , par la soldatesque autrichienne. Ce fut son frère aîné, M. Ennemond de Moyria de Saint-Martin , qui faillit à en être victime , et qui montra dans cette occasion un courage et une présence d'esprit qu'on n'aurait guères attendus d'un vieillard qui avait passé sa vie dans le cloître.
Les habitnnls de Mailla, de Saint-Marlin-du-Fréne et du voisinage s'élant insurges contre l'ennemi, avec une imprudence que l'amour de la patrie doit faire pardonner, les soldats autrichiens exercèrent contre eux une terrible vengeance. Les habitants, même les plus inoffensifs, furent livrés au massacre et leurs maisons au pillage et à l'incendie. Le vénérable chanoine reçut lui-même deux coups de lance
Z. Kl.