CHAPITRE LIV
sur ce théâtre d'horreur ; mais, tout blessé qu'il était, voyant 1 78» qu'on mettait le feu au château de Mailla, il eut la présence d'esprit de mener à l'écart un officier et de lui mettre dans la main un rouleau de pièces d'or qu'il avait caché dans sa cravate. Protégé alors par cet officier, il put foire éteindre l'incendie et ranimer par des plaisanteries le courage de toute sa maison éperdue. Il disait être resté maître du champ de bataille et vouloir y placer sa tente et y coucher. J'ai mieux gagné la croix d'honneur, ajoutait-il, que beaucoup d'autres, car mon sang a coulé ; etc...
S 2. Les habitants de Gigny, voyant qu'ils n'avaient pu empêcher la suppression de leur insigne établissement religieux, et ignorant sans doute que tous les biens qui en dépendaient en Franche-Comté avaient été attribués aux dames de Lons-le-Saunier, présentèrent au roi et aux dames de Migelte une pétition, pour obtenir que celles-ci, quittant leur séjour sauvage et inabordable, vinssent résider à Gigny et les dédommager en partie de la perte de leurs religieux Or, par une lettre du 4 mai 1789, ces dames leur firent connaître que les biens de Gigny même ne leur avaient pas été donnés en partage, en leur témoignant une vive reconnaissance de leurs bons sentiments pour elles.
Dans la môme année, ils s'adressèrent aussi à l'archevêque de Lyon chargé de la feuille des bénéfices, po«r obtenir soit le rétablissement d'un hôpital à Gigny, soit la création d'une manufacture de droguet ou autres étoffes communes en place de l'établissement de charité accordé par l'art. 16 du décret de suppression. Leur demande était motivée sur ce que les hospices de charité n'occupent pas les gens sans travail et attirent les mendiante. Les événements politiques qui survinrent bientôt ne permirent pas l'exécution d'aucun de ces établissements.
La demande formée à l'évêque de Saint-Claude, au mois de juillet 1789, pour rentrer en possession de l'église prieu-
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1789 raie ou collégiale, fut mieux accueillie. Car au bout de peu de jours, ce prélat leur eu fit remise en interdisant l'église paroissiale.
$ 3. Nos habitants ne se lassèrent pas de demander, sauf à ne rien obtenir. Ils sollicitèrent, le 20 décembre de l'année qui nous occupe, en concurrence avec Saint-Amour , l'établissement d'un district que ni l'une ni l'autre de ces deux communes n'obtint. Il fut concédé à Orgelet, siège d'un bailliage depuis l'an 1546, comme aussi de l'ancienne baron ic de la maison de Cbalon.
1790 II furent plus heureux en demandant, le 21 mars 1790, un canton qui leur fut concédé. Ce canton, ayant plus d'un myriaroèlre carré en superficie et près de 5000 habitants en population , fut composé de dix paroisses, ou des dixsept.communes dont les noms suivent : Champagne, Cressia, Cropet, Gigny, Granges-de-Non, Graveleuse, Grave et Charnay, Loysia, Marigna, Monnctay, Montséria, Morges, Nancuise, La Pérouse, Pymorin, Véria et le Villars. Ce canton assez bien composé subsista pendant onze ans, jusqu'à la inorganisation de 1801. Alors, ses communes furent incorporées dans les cantons de Saint-Julien, Orgelet, Saint-Amour et Cousance. On donnera plus loin les noms des juges de paix de ce canton.
$ 4. La» commune de Gigny avait protesté jusqu'à la fin contre la suppression de son riche chapitre, et elle avait exprimé les regrets les plus sincères en apparence d'en avoir pjrdu les membres. Néanmoins, peu d'années après, on s'y livra comme ailleurs aux excès du fanatisme révolutionnaire, ce qui donne lieu de faire des rapprochements au moins remarquables, sinon pénibles !...
On ne citera pas en preuve l'envoi à l'hôtel des Monnaies, le 20 mars 1790, de plusieurs pièces d'argenterie provenant de l'église paroissiale et livrées par le vicaire lui-même. On ne citera pas non plus la soumission faite par la commune ,