CHAPITRE L Y i . Art
vieux. La chambre , ou maison de cet officier, en 1411 et 1423, était voisine de l'église paroissiale, mais dans le dixhuitième siècle, elle touchait la place publique et les maisons pian z m du sacristain et de l'infirmier, avec un jardin éloigné de cette maison.
IVr suite du droit de discipline et de correction que les religieux avaient sur ceux qui étaient préposés à la culture de leurs terres, l'ouvrier du prieuré de Gigny devait établir et salarier un blie, blief, blatjer, ou espèce de garde champêtre, chargé de surveiller, prévenir et constater les mésus et les contraventions rurales. On voit que l'ouvrier de 1691 nomma un fonctionnaire de cette nature. En considération de cette charge, l'officier claustral avait, comme il en conste par des titres de 1461,1629, 1691,1e droit de blérie ou gerberie à Gigny, c'est-à-dire, celui de lever une gerbe de froment par chaque ménage de cultivateur.
S 2. L'office d'ouvrier n'était pas richement doté. Ses revenus consistaient en grande partie dans son domaine ou vignoble de Chaselles , composé de bâtiments , pressoir , vergers et vignes, tant à Chaselles qu'à Saint-Jean-des-Treux et Col igny, lesquels lui appartenaient dès 1391, 1403, 1411, 1525, 1528, 1656 , 1682, etc.. C'est à cause de cette propriété qu'il prenait quelquefois le titre de prieur de Chaselles, Aussi, il y possédait encore une directe , des cens divers , des droits de mainmorte, etc., avec des terriers renouvelés en i486 et 1554.
Une autre source de ses revenus était la mareille (lw),ou le droitde marguillerie. Ce droit consistait dans la moitié de la dime des chanvres levée à la dix-septième masse (l'autre moitié appartenant au curé), et dans la perception ou prélèvement fait sur la grosse dime d'une gerbe de froment de cinq pieds etdemi de tour, chez chaque cultivateur tenant charrue.
(18I) Le mot Manille «ignific mirguillerie, et le vulgaire dit encore aujourd'hui mareiltier, marillier, pour marguiUier.
406 tlIfTOlRE DK G I G ST.
L'ouvrier louait ce droit moyennant une somme d'argent, cl, en outre, à condition que le fermier ferait sonner les trois angélus , les offices divins des fêles et dimanches , comme aussi en cas d'imminence d'orage et de tempête. Ce fermier ou marguillier devait, en outre, assister le curé à la confection de l'eau bénite et l'accompagner en portant le viatique aux malades ; il devait distribuer le pain bénit et entretenir la corde de la cloche. L'ouvrier louait la mareillc , à la Boissière, Chambéria , Châtonnay, Clairvaux , Cuisia (Ain), Gigny, Saint-Julien, Marigna, Monnetay, Nancuise, Nantel, Saint- Nizier, Poitte, Pressia, Rothonay, Villechantria , etc.. Il y avait à Gigny un petit pré , dit le pré de la Marguillerie, dont le bedeau de l'église des religieux jouissait sur la fin.
L'officier claustral deGigny avait non-seulement, pour droit de marguillerie, à Clairvaux, une gerbe de froment, mais encore une d'avoine , a prélever sur la dîme , sur chaque cultivateur semant froment et avoine. Il avait, en outre, leMroit d'exiger des époux une pinte de vin et une miche de pain blanc , le lendemain de leurs noces. Mais les habitants ayant prétendu que, suivant les coutumes anciennes, il était chargé de la sonnerie et de l'entretien d'une lampe devant le Saint- Sacrement, il survint un traité en 1677, du consentement du chapitre, par lequel ils se rédimèrent de la mareille, moyennant une rente de 15 francs qu'ils servirent à l'ouvrier, pendant quelque temps, et qu'ils remboursèrent ensuite.
Cet officier avait aussi le patronage de la cure de Joudes , de celle de Cuisia (J.), d'après diverses sentences de 1521, 1528, 1530, ainsi que de celle de Cuiseaux , d'après une reconnaissance faite en 1479 par le chapitre de cette ville et ratifiée par celui de Gigny. Cependant la nomination à ces trois cures ne lui appartenait plus en 1760, mais au prieur eommendataire , à l'exception de la cure de Cuisia , qui se trouvait a la nomination monoculaire du chapitre ; l'ouvrier pcjvcvail seulement les droits de ces patronages.
cnAUTRK lv i. Art. 6. 407
Quant aux revenus et charges de l'office , à la même époque , en voici le détail fourni par les religieux eux-mêmes. Produit du prieuré de Chaselles 900
— de gerberie a Gigny 20
— de blérie à Grave 2
— du patronage de la cure de Cuiseaux. . . 7
— de celui de Joudes 2
Droits de mareille ou marguillerie à Rothonay. . . 54
— à la Boissière 5
— à Chambéria 12
— à Saint-Julien 59
— à Poitte 12
— à Châtonnay .15
— à Villechantria, valeur de six mesures de
froment et quatre d'avoine . . . . v 10
— à Guisia et Pressia , valeur de seize mesures
de froment et vingt-quatre d'avoine. . . 27
— à Monnetay, Marigna et Nancuise, valeur de
trente-trois mesures de froment, mesure d'Àrinthod . 40
Total. 4f»5
Les charges de l'ouvrier étaient :
Le don gratuit 14
Messe et office pour le prieur Ghatard .... 6 Entretien de la fontaine du cloître, environ ... 50 — des toits de la maison prieurale et de l'ancienne maison des novices, environ. . . 50
Total 120
S 3* On rencontre dans les actes les titulaires suivants : Jean de Froctenay, en 1404.
Bertrand de MonTADnoiT, 1424, 1431.
*08 II ISTOIRR 1>F. r.icxr.
N.... BrsKAU-BorvAHT , piicnr de Ghàtonnay , 1474 ,
Pierre de Moysib, 1*99, 1508, 1527.
Denis de la Pallud, 15*6, 1553.
Pierre de Poligïiy, 156*. Pierre d'UGNYE ou d'UcifîA, 1577, 1582.
Jean de Ciiavirey, 1590, 1611, 1612, 1620. Guillaume de Thoh-Ranteciiaux, 16*6, 16*7. Eustache de Balay, 166*, 1685.
Éléonore de Belot, 16/6, 1677.
Philippe-Louis de Balay, de Marujna, 1687 — 1710. Hugues de Balay de Marigna, 1731 — 17**. Louis-François-Gabriel de Jouffroy de Gonxsam, 1751 —
Ary. VII. — De l'Infirmier.
$ 1 . Vmfirnùer, dans les monastères , avait soin des infirmes, des malades et des convalescents. Cet utile officier était déjà institué par la règle bénédictine ; et on lit qu'en 1308, il en existait déjà un au prieuré de Gigny.
Un médecin ou chirurgien attaché h l'établissement traitait les malades et était prébende à cet effet. D'après un titre de 170*, il recevait annuellement du prieur commendatairc quatre pareils ou 32 mesures de fromenr. On lit aussi qu'à Tournus il y avait des prébendes de quatre bichets de blé et de cinq poinçons de vin, pour le médecin, le chirurgien et le couturier. Les temps ont bien change ; la profession médicale est sortie de l'avilissement, et ceux qui l'exercent ne sont plus de nos jours assimilés à des tailleurs, ni rétribués comme eux !....
c. 144. L'infirmier de Gigny avait la préséance après le sacristain pian a. et avant l'ouvrier. Sa maison avait une terrasse qui dominait la place publique et celle du carcan.