CHAPITRE LVII
Des prieuré» d^pendaots de Gigny.
Dès le dixième siècle, dit le savant Mabillon , les abbayes considérables avaient sous leur dépendance des espèces de colonies désignées sous les noms de celles , obédiences , prévôtés , petits monastères , prieurés, etc.. Il s'y trouvait
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Mes prévAis ou doyens , amovibles h la volonté de l'abbé on Uief du principal établissement, et qui venaient lui payer un n-rtain cens chaque année.
Les prieurés ont eu plusieurs origines. Le plus souvent c'étaient de simples domaines appartenant à l'abbaye, où jL'Ile-ci envoyait des moines pour l'exploitation, avec un re- 1 gicux-prètrc, qualifié de prieur , qui en était le chef et qui faisait W service divin dans la chapelle du domaine. D'autres fois , c'étaient de véritables colonies de religieux envoyés par l'abbaye pour s'établir dans des nouveaux monastères subordonnés a celle-ci. Quelquefois enfin , les prieurés ont commencé par des cellules de solitaires ou par des chapelles de dévotion bâties sur les terres de l'abbaye, auprès desquellcsont été établies de petites communautés de religieux.
On distinguait les prieurés en conventuels et en ruraux. Les premiers étaient ceux où un certain nombre de religieux vivaient régulièrement sous un prieur , avec des revenus suffisants pour fournir à la subsistance de la communauté ; ils étaient a la nomination du roi. Les prieurés ruraux , au contraire , étaient ceux où la modicité des revenus ne permettait d'entretenir que deux ou trois religieux, à la nomination du pape, dans les pays d'obédience, et à celle de l'abbé ou prieur du monastère en chef , dans les autres pays. Divers conciles avaient même statué que ceux qui ne pouvaient entretenir deux moines, y compris le prieur , devaient être réunis à l'établissement dont ils dépendaient, ou à d'autres petites obédiences.
Les prieurés qui n'étaient pas soumis à l'évéque diocésain devaient être surveillés et visités par l'abb * ou chef dont ils relevaient. C'est pourquoi on a vu, au chapitre XXVII ci-devant, un des prieurs de Gigny faire, en 1393, la visite du prieuré conventuel de Chalcau-sur-Salins. Au reste, les titulaires de ces obédiences, ou celles subordonnées, devaient h leur monastère supérieur un cens ou droit de respomion qui,
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à l'égard de Gigny , élail fixé a sept florins d'or. Un line de 1614, relatif h notre prieuré de Chauibornay , port * i|.n» le florin émit évalué à 1 !•• ld# et tiers, ce qui ne porUiil 1rs sept florins qu'à 31* 17" 9d- et tiers. Mais cette évaluation J parait bien faible, car le florin d'or est généralement estimé valoironzefraucsde notre monnaie actuelle* ce qui élèverait les sept florins h 77 francs.
Le nombre d^s prieurés soumis a l'abbaye de Gigny fait juger de l'importance de ce monastère , que Pierre-le- Vénérable, en 1133, qualifiait en effet de grand. On n*en comptait plus que onze dans le dix-huitième siècle, et seize deux cents ans auparavant. Mais l'auteur de celte histoire en a constaté vingt-trois, tant dans les départements de l'Ain, du Jura, de la Haute-Saône et de Saône-et-Loire, que dans la Savoie , le Dauphiué , le Genevois et autres pays inconnus. Sur la fin, tous ces prieurés étaient ruraux, à l'exception de celui de Chatcâu-sur-Salius , ou la vie régulière avait continué d'être suivie ; mais on a lieu de penser que la conventualité avait aussi existé très anciennement dans plusieurs autres, notamment dans ceux de Bellesvaux, de Chûiel, de Marboz, de Mouz , etc.... On va donner une notice sur chacun de ces membres de rétablissement religieux de Gigny , en suivant l'ordre alphabétique.
Abt. I. — Piieuré d'Albin.
Le prieuré d'Albin n'est connu que pour être mentionné dans l'ancien catalogue des bénéfices de Cluny , comme c 13». membre de Gigny, au diocèse de Grenoble. C'est sans doute un de ceux que l'historien Dunod disait avoir appartenu autrefois h notre monastère dans le Dauphiué. Serait-ce le prieuré de Vieux-sur-Albe, dont il sera parlé à la fin de ce chapitre ?...
IIISTOinE un GICSY.
Art. II. — Prieuré de Bcllesvaux.
S 1. Le prieuré de Bellesvaux-en-Bauges , au décanat d'Annecy et au diocèse de Genève , fut fondé , en 1078 , comme on l'a dit au chapitre VII, et donné à l'abbaye de Saint- Pierre de Gigny par Nantelme, riche personnage de Savoie. Ce dernier ayant bâti une église en l'honneur de la Vierge et un monastère pour loger les religieux , dans un alleu qui lui avait été concédé par Humbert II, dit le Renforcé, comte de Savoie, en fit don a notre abbaye, du consentement de ce comte et de Guy, évéque de Genève. Douze ans après , en t. 48. 1090, cette église fut consacrée par Boson, archevêque de Tarantaise, Conon, évéque de Maurienne, et autre Boson, évéque^d'Aoste. Or, à cette occasion, Nantelme et quelques autres personnes pieuses, en présence de ces prélats, dotèrent richement celte église et ce prieuré de différents biens qui leur appartenaient à École , Châtelard, Doucy, Lécherène , Arilh, la Motte, Corn pote, Allon, Sainte-Radegonde, et autres lieux dits en Bauges. Le comte Humbert, par le même acte, fit aussi donation aux religieux de ce prieuré^le divers droits réels, féodaux ou autres.
S 2. Cette obédience dépendait encore de Gigny , dans le
quinzième siècle, mais on ignore comment ensuite elle a cesse de lui être soumise. Voici les noms des seuls prieurs parvenus à notre connaissance :
François de Beacfort, en 1528.
Ch.-Emm. de Diespach, en 1597, qui débouta L. Marin, à qui l'abbé de Cluny avait accordé des provisions.
Thomas PoBEL.de Chambéry, évoque de Saint-PauI-trois- Chateaux, mort en 1608.
Cl. -Nicolas de Reydet, mort en 1622.
François Dlville, en 1....