chapitre un. Àrt
qu'une partie de l'Ile s'était engloutie sous l'eau avec l'église du prieuré, et que Ton entendait encore la cloche appeler quelquefois, du fond du lac, les moines a matines. Mais laissons ces contes pour ce qu'ils valent, ainsi que les traditions scandaleuses recueillies et conservées par le P. Joly et par M. Monnier. Contentons-nous de dire qu'actuellement cette île est envahie par des broussailles, du boisetdeux noirs sapins d'un aspect assez pittoresque ; qu'on y voit encore les ruines du prieuré, ses fondations et même des pans de murs, avec des pruniers et antres arbres fruitiers de l'ancien jardin des moines.
$ 2. Les habitants d'Ilay disent par tradition que leur prieuré a été fondé dix-sept ans avant la chartreuse de Bonlieu, c'est-a-dire au milieu du douzième siècle. En efTet, celle-ci parait avoir été établie peu avant 1172, année où Thiébert de Montnioret lui fit une riche donation. Elle fut ensuite enrichie par sou fils et son petit-fils, et les seigneurs de Clairvaux en conservèrent la garde. Les religieux de cette chartreuse ont eu jusqu'à la fin la pèche du lac même dans lequel le prieuré d'Ilay existait. D'un autre cdté, les nobles chanoines de Gigny, dans un procès qu'ils eurent avec les habitants d'Ilay, de 1753 a 1773, interpellés d'affirmer par serment s'ils n'avaient pas en leur pouvoir de titres favorables a ces habitants , passèrent procuration pour prêter ce serment négatif, en déclarant qu'ils n'avaient d'autres titres que celui produit au procès et à eux remis parles vénérables chartreux de Bonlieu, dont les droits étaient communs avec les leurs. On peut donc penser avec quelque raison que le prieuré d'Ilay et la chartreuse avaient une origine commune et contemporaine , et qu'ils provenaient tous deux des libéralités de la maison de Montmorot. Cette opinion nous paratt mieux fondée que celle qui attribuerait rétablissement de ce prieuré, sur la fin du onzième siècle, à saint Simon de Crespy, moine de St.-Claude, et même que celle qui suppose des bénédictines
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h Iiay et des chanoines réguliers à Boolieu, dès le commencement du sixième siècle.
S 3. Quoiqu'il en soit, le titre le plus ancien sur ce prieuré, qui soit parvenu à notre connaissance, est un titre en latin, analysé sur nos inventaires, « contenant donation faite par 0 le seigneur d'Andel, prieur de Gigny, à l'abbaye de Baa lerne, en 1176, de tout ce que l'église d'Islay possédait a dans le vallon de Chambly, depuis le guay d'Apel, suivant c que se termine la montagne de Cuire de Saua*Claude il*), a tout ce qu'elle possédait dans les terres, prés, étangs et a bois, dès la roche de Dulcia (Doucier), depuis le lac de JMac rignet (Marigny) , au-dessus du mont vers Jura (bois qui « domine Chalin) , les usages et granges dites es Satflott « (Saffloz), dans les terres, prés, bois, décimes, pour 14 « tournoises et pour le service annuel de trois sols, monnaie a de Lion (Lons-le-Saunier), payables le jour de l'Exaltation a de Sainte-Croix au prieur d'Islay, ou a Gigny, au prieur e cloîtrier. »
c & On a aussi analysée, au chapitre XII, une charte de 1204 contenant acensement, par le prieur de Gigny, a celui de Bonlieu , des dîmes et de tout ce que le prieuré possédait à Islay, Chiettes, Saint-Cloud, Collondon, etc...
On lit, en outre, qu'en 1233 une partie du territoire du village du Frasnois futacensée aux habitants de ce lieu conjointement par le prieur de Saint-Vincent de la Molle, par l'abbé de Balerne et par les seigneurs de l'Aigle el de Chàtel-Neuf.
Dans le quatorzième siècle, il s'éleva un différend entre
(198) L'analyste de cette charte a confondu ici saint Claude svec saint Cloud dcDeoexicrcs ou du Fr*«uo i, «en* doute p*rce qu'ensuite d'une oithographe viiicute, en Usait dans ce litre auiii l>ieu que dans celui de lao4, Claudug au lieu de CtoHut. Le culte de saint Claude est bien postérieur su douzil-me siècle, et l'abbaye deSaim-Oyen a changé cncoie plus lard de nom. On reviendra sur celte confusion à l'article du prieuré de M«y ual.
CHAPITEB LVII. Art. 16. 471
Pierre de Champdivers, prieur dllay, et Jean, prieur de Bonlieu, concernant la propriété de Ut Chaux-Louvrière. Ce procès durait depuis plusieurs années et était instruit pardevant Michel de Chevrel , bailli de Béatrix de Viennois , veuve de Hugues de Cnalon, sire d'Arlay. Or, en 1328, cette c. toi, dame nomma deux arbitres pour le terminer à moindres frais ; mais la procédure n'en avança guère plus vite, car ce ne fut que trente ans plus tard, au mois de décembre 1357, que ces deux arbitres, Alexandre de Noserey et Vésin de Montaigu rendirent, en forme de transaction, une sentence par laquelle il fut dit que, a dès le Saut-Girard, en tirant le a long du ruisseau, jusque vis-à-vis des bornes plantées « où soûlait être le moulin des Platelles, la Chaux-Louvrière « appartiendrait à la chartreuse, tandis que, dès. le saut du a val de Chambly, jusqu'au Saut-Girard et jusqu'à l'arête « de la montagne des Platelles, elle appartiendrait au prieuré a d'Islay a dont Étienne de Montfleur, religieux de Gigny, était alors titulaire.
§ 4. Ce petit monastère était sous le vocable de saint Vin-, cent, et les habitants d'Ilay en faisaient la fête le 22 janvier, avant leur incorporation à la commune de la Chaux ; mais, depuis cette époque, ils chôment celle de saint Point, patron de. celle-ci. L'ancien catalogue des bénéfices do Quny dit qu'il c isi. devait y résider un moine avec le prieur. Il était du diocèse de Besançon, à la collation du pape et de la paroisse des Petites-Chieltes. Il fut uni, presque dans le principe, à celui de Poitte ; car dès 1288, les prieurs sont reconnus les mêmes, ainsi que le vocable. La mention distincte des deux établissements, par l'historien Gollut, donnerait à penser que l'union fut bien postérieure ; mais , d'un autre côté, l'omission de celui de Poitte dans le catalogue précité donne encore lieu de croire que cette union est très ancienne ; Us furent sécularisés ensemble en 1766, et réunis au chapitre c. iw* de Gigny, après avoir été possédés en commende pendant au moins quatre siècles.