‹ Histoire de GignyChapitre 265 sur 356 · CHAPITRE lyii. Art · texte numérisé non relu

CHAPITRE lyii. Art

démembrement du riche prieuré de Marboz ; car on voit , parles baux de ce dernier, passés en 1769 et en 1778, que la portion congrue du curé de Foissia était à la charge du prieur de Marboz et non a celle de l'aumônier de Gigny.

§ 2. Ucgiise de Foissia, sous le vocable de saint Denis, était du patronage de notre officier claustral, et M. de Faletans en nomma encore le curé en 1773. Le chœur seulement est en ogives et parait antique, ainsi que la porte d'entrée à soir. A côté de cette porte , et en témoignage de gratitude bien mérité , la société d'agriculture du département de l'Ain a érigé, en 1830, un marbre en l'honneur de Pierre Meysson, cultivateur de Foissia , qui a introduit l'usage de la marne dans cette commune et dans le voisinage.

S 3. Les religieux de Gigny n'étaient pas seigneurs de Foissia et n'y avaient point de revenus féodaux. Guillaume de Foissia, en 1272, fit hommage de la Poype de Foissia au comte de Savoie. Cette terre étant ensuite devenue cha telleoie, fut donnée, en 1355, h Guillaume de la Baume. Dès-lors elle est toujours restée dans la maison de Montrevel.

Art. XV. — Prieuré de Saint-Hilaire.

Ce bénéfice n'est connu que par indication renfermée dans nos inventaires, o d'un titre en latin contenant provia sion du prieuré de Saint-Hilaire, en 1532, en faveur de « noble Jean-Michel de Rye. » S'agit-il ici du prieuré de Saint-Hilaire, dépendant de Cluny, dans la commune de Saint- Romain, près Beaune, réuni en 1681 aux bénédictins anglais de Saint-Emond de Paris, où devaient résider deux moines, y compris le prieur ? S'agil-il de celui de Saint-Hélier ou Saint-Hilaire en Auxois, démembré de l'abbaye de Saint- Seine et uni, en 1689, au séminaire de Dijon? On l'ignore entièrement. Ce prieuré n'est point inséré dans le catalogue

468 HISTOIRE l»K flIC ITT*

do Cluny, et, d'ailleurs, les généalogistes de la maison de Rye ne citent point le titulaire en question.

Art. XVI. — Prieuré <f Ilay oit de la Motte.

S 1. Ilay était autrefois une petite commune du canton de Saint-Laurent-cn-Grand-Vaux; ou des Petites-Chiettes, dans l'arrondissement de Saint-Claude. Ce n'est aujourd'hui qu'un hameau de la Cuaux-du-Dombief , à laquelle il a été réuni depuis plus de vingt ans. C'est la que commence la zone des sapins et des grands hêtres. On n'y voit plus croître les frênes élevés, ni cultiver le mais ; la terre y est carbonisée ou éeobuce. au mois de juillet, pour la fertiliser ; le bœuf y est attelé avec un collier, comme le cheval; les blés, orges et avoines y sont coupés, au milieu du mois d'août, avec la faux, comme le foin. Là aussi , on fabrique les bons fromages des montagnes ; on sale et on dessèche les viandes pour les conserver, sous le nom de brcàl ; on voyage sur la neige en traîneau pendant l'hiver ; on commence enfin h trouver les mœurs, les usages et la vie des hautes montagnes.

Au nord et a quelque distance de ce petit village, existe un lac qui s'étend jusqu'au village du Frasnois, nommé lac d'Ilay, lac du Frasnois, eldans les titres du dix-septième siècle, lac de la Motte, C'est dans une hic ou Motte rocheuse, vers le bord oriental de ce lac , qu'était un prieuré dépendant de Gigny, nommé, à cause de sa position, prieuré à' Ilay, prieuré de Saint-Vincent de la Motte. L'eau servait de cloître aux moines qui l'habitaient ; mais, pour arriver h leur pieuse et pittoresque solitude, une chaussée en pierres avait été pratiquée depuis le bord du lac. Cette chaussée existe toujours, beaucoup enfoncée dans le sol tourbeux, de sorte qu'aujourd'hui on ne peut parvenir dans l'Ile, au moyen de cette chaussée, qu'en marchant h près d'un mètre dans l'eau. Cet enfoncement a donné lieu de dire dans le pays

Page 1