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CHAPITRE lyii. Art

l'abbé de Balerne et au prince d'Orange. En la même année, les habitants d'Ilay reconnurent aussi devoir les lods et de plus, en corps de communauté, une mesure de froment pour le droit de four. Nos nobles chanoines pensaient que le prieur avait encore le droit de pèche et de chasse, car leur fermier ayant été condamné, en 1771, pour une contravention de cette nature , ils en appelèrent ; mais en 1772 ils se désistèrent.

Quant aux dîmes , elles étaient perçues , au Franois et a la Fromagerie, selon la même reconnaissance de 1653 et selon les baux du noble chapitre, à la onzième gerbe des grains qui se liaient, et au onzième cuchot de ceux qui ne se liaient pas. Le feurg n'était que de la douzième gerbe et du douzième cuchot a llay et à Chambly, sauf que , dans ce dernier lieu , les habitants donnaient une mesure par pose ou journal, en place de la dime des grabadis ou denrées qui ne se liaient pas. On ne lie guère que le seigle et le froment, dans ces pays élevés ; l'orge, l'avoine, les fèves et les lentilles, sont chargées sur les voitures, comme du foin.

S 7. II existe une chapelle dans le village d'Ilay, laquelle porte le millésime de 1730. Son architecture , en effet, n'est pas antique, et on peut présumer qu'elle a été érigée après que celle du prieuré dans l'île est tombée en ruines. Les religieux de Gigny y faisaient célébrer des messes ; mais, de 1752 à 1773, ils eurent procès avec les habitants d'Ilay, sur le nombre de celles qui devaient y être célébrées. Dans le bail de 1768, les nobles chanoines n'obligèrent le fermier du prieuré qu'à la célébration de 20 messes par an ; mais dans ceux de 1774 et 1781, ils stipulèrent qu'il en ferait dire une chaque semaine , par un prêtre de leur choix, le tout sans doute conformément à la sentence intervenue.

Ilay était autrefois de la paroisse de Bonlieu, qui comprenait Bonlieu, Ilay, la Chaux-du-Dombicf, les Petilcs-Chiettes, Saugeot, le Puits et Denezières. Mais l'église fut transférée,

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en 1749, aux Petites-Chiettes, et aujourd'hui trois paroisses c los. remplacent l'ancienne, dont Vincent était desservant en 1356. Girard d'Islay était religieux à Balerne en 1203, 1209.

Art. XVII. — Prieuré de Saint-Laurent-de-la-Rochc.

S 1. Si on en croyait un diplôme de l'empereur Frédéric, à la date de 1153, et inséré dans la Bibliothèque de Cluny, on serait porté à croire que le prieuré de Saint-Laurent a appartenu d'abord à l'abbaye de Baume, d'autant mieux que le même document recense aussi, dans le voisinage, comme dépendants de la même abbaye, des prieurés a Cesancey et a Sainte-Agnès. Cependant, comme on lit dans un autre exemplaire du même diplôme, qui existe aux archives du Jura, monasterium sancti Laulhetù, au lieu de monastemm sancii Laurenlït; comme aussi, d'un autre côté, beaucoup de chartes analogues du onzième et du douzième siècle ne recensent plus Saint-Laurent parmi les autres possessions do Baume, il faut reconnaître que ce prieuré appartenait d'ancienneté a l'abbaye de Gigny, et qu'il avait sans doute fait partie du patrimoine de Bernon. En effet, on a déjà vu, au chapitre XII, qu'en 1 192, les religieux de Gigny étaient seigneurs suzerains de Saint-Laurent, et que, de concert avec Rodolphe, prieur de ce dernier lieu, ils avaient associé dans

cette seigneurie le comte Etienne de Bourgogne, qui avait fait construire bientôt après, sur le pic d'un rocher, un château-fort célèbre dans l'histoire locale. C'est ce rocher qui a donné le surnom au village de Saint-Laurent. Mais aujourd'hui il ne reste guère plus de vestiges de cette forteresse que de l'ancien prieuré de nos moines. On a vu d'ailleurs que, postérieurement, ces derniers avaient cédé au seigneur leurs droits temporels, moyennant une rente en grains dont il a été parlé.

S 2. A l'égard du prieuré, où l'ancien catalogue de Cluny

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