chapitre lvii. Art
dont quelques-unes paraissent avoir subi l'action du feu, des fondations de murs à mortier, et des nombreux débris de grandes tuiles épaisses, dites romaines, ayant un rebord a crochet sur toute leur largeur. On y a trouvé encore quelques pièces de monnaie, une bague ou anneau d'or , des ustensiles en fer, etc. Cependant ces ruines ne sont pas celles de notre prieuré qui, d'après une autre tradition plus certaine, existait au nord et tout près de l'église, sur une partie du cimetière, laquelle porte encore le nom de Priorc. Aussi, on y a découvert, il y a quelques années, des ouvrages en maçonnerie, dont on a même extrait des pierres pour la clôture du cimetière. A l'appui de cette détermination, nos inventaires citent un arrêt du parlement du 13 septembre 1670, qui confirme au prieur de Saint-Vincent de Poilte le droit de passer, avec chars et bestiaux, par le cimetière, pour se rendre en son prieuré. On lit aussi dans le bail de 1781, que le fermier jouira de Y emplacement de la maison prieurale, ce qui ne peut s'entendre du terrain vague et communal de Vicour.
S 2» Le prieuré de Poitte, à la collation du pape, était sous le même vocable que celui d'Ilay, avec lequel il paraît avoir été réuni dès le treizième siècle. Il fut aussi probablement possédé en commende de très bonne heure, du moins déjà en 1546. Omis dans le catalogue des bénéfices de Cluny, sans doute à cause de l'union susdite, il est mentionné, par l'historien Gollut, comme distinct de celui d'Ilay. Ils furent sécularisés ensemble en 1766, et le dernier prieur commun étant mort en 1768, les revenus de l'un et de l'autre furent unis à la mense capitulaire de Gigny et loués dès-lors ensemble par les nobles chanoines. Voici la liste des prieur* qu'on a pu découvrir et qu'on peut comparer avec ccuxd'Iîay. N.... prieur (dePeyto), en 1274.
Guichard de Thoiria, curé de Soucia, prieur d'Ilay et de Poitte [Pelobr), en 1288.
500 HISTOIRE I>E GIGNV.
Jean-Simon de Grahduont, aumônier de Gigny, 154€. Gérard Imjrasd, 1624, 1626* Aimé Matuey, 1653.
Jean Dorival I, chanoine h Besançon, 1663, 1666. Jean Dorivai. Il, clerc a Besançon, 1702, 1737. Louis Dorival, 1750, 1757, 1760, 1768 (déjà coaxjjutcur en 1737).
§ 3. Les revenus de ce prieuré, indépendamment de celui d'Ilay, étaient perçus à Poitte, Ponl-de-Poitte , Blosoay, Mesnois, Buron, Joudcs et Thuron. Ils provenaient de cens, lods et vends rière quelques-uns de ces lieux, et de dîmes en tous eux, lesquelles étaient levées à la 12.* gerbe des gros blés et à la 16.* des grabadis. Mais au reste, le cens considérable, affecté sur le moulin Pcrrin, de Poille, dont il a clé parlé, appartenait à l'office de cellérier de Gigny, puis à la mense capitulairc, et non point au prieur local. Quant au montant des revenus on peut consulter l'article d'Ilay. Le terrier des cens dus au titulaire avait été dressé en 1545.
S 4. L'église paroissiale, désignée peut-être sous le nom de Peyst% dans une charte de 1184, était sous le vocable de saint Brice, évéque de Tours, duquel on fait la fête le 13 novembre, et le curé était h la nomination du prieur de Gigny. Cette église , placée encore sous le vocable de saint Martin, qu'on n'y Tête pas maintenant, a une apparence d'antiquité, avec son toit en laves , ses voûtes en ogives aiguës et une tombe armoriée, offrant une inscription gothique en partie effacée. L'ancienne cloche, qui a été refondue depuis peu , avait eu pour parrain un religieux de Gigny, et pour marraine une dame de Cbûlin.
Outre saint Brice, on féte auss: à Poitte, le 28 août, le bienheureux saint Guérin. Sa féte est chômée avec la plus grande dévotion ; il y a un nombreux apport de tout le voisinage; on s'abstient de tout travail, et on se garde bien surtout d'atteW les bestiaux ce jour la. Tous les cultivateurs