CHAPITRE LTII. Art
jourd'hui qu'un hameau de la commune du Pont-d'Ain. C'est au-dela du liautOussia qu'existaient l'église et la maisou prie u raie, dans un site très élevé, d'où l'on jouit d'un charmant coup-d'œil sur la Bresse, le bas Bugey et la rivière d'Ain, qui roule des lits de graviersavec ses flots torrentueux. L'église a été démolie en 1831, et la charrue passe aujourd'hui sur son emplacement, ainsi que sur celui du cimetière. Elle était grande et vaste, quoique sans collatéraux ; avec voûte et fenêtres en ogives, vitraux peints ; cancel entre le chœur et la nef; trois ou quatre chapelles; .bénitier, au milieu duquel une croix en pierre, haute de deux mètres, était implantée.
La maison prieurale, d'assez petite étendue, existait au midi de l'église, dont elle était peu distante. On en voit encore quelques restes ou débris ; mais elle a été démolie, même avant l'église ; et sur son emplacement, on a reconstruit une maison de cultivateur ou de vigneron. Tout près se trouve un clos de vigne, appelé aujourd'hui la Vigne au prieur. Un mur d'enceinte renfermait l'église, le cimetière, le prieuré et ses dépendances.
L'église était sous le vocable de saint Didier, qu'on y fêtait autrefois le U février, on ne sait pour quel motif. L'abbé Rigolet, dernier curé, transporta cette fétc au 23 mai, jour réellement consacré au saint évêque, martyrisé, en 608, par ordre de la reine Brunehaut. Actuellement les habitants d'Oussia fêlent le même patron que ceux du Pont-d'Ain ; mais il y a toujours, le 23 mai, une vogue, un apport, une fête de plaisir à Oussia. Le prieur de Gigny nommait à la cure.
§ 4. Le bourg du P<mt-<?A'm est un lieu moins ancien qu'Oussia. Il a pris son nom d'un pont détruit dans le seizième siècle, remplacé d'abord par un bac et aujourd'hui par un nouveau pont en fil de fer. L'église, sous le vocable de Notre-Dame d'août, patronne de toute la paroisse, est
d'uBg construction moderne, et a sa porie d'entrée ouverte à l'orient, à cause de la place publique. On y remarque un tabernacle singulier au mailrc-autcl. C'est un vaste soleil rayonnant, embelli de figures d'anges à la circonférence, et surmonté d'une croix portant une couronne royale, le tout en belle dorure, il a été donné à l'église par un officier de marine, auteur du plan de cet ornement.
§ 5. Les revenus du prieuré d'Oussia, évalués nets à 625 f. en 1760, étaient loués sur la (in, moyennant environ 1000 f., par M. de Faletans. Us provenaient 1.° de l'enclos du monastère ; 2.° d'un bois dit au Prieur, actuellement défriché ; 3.° de beaux prés; 4.° de dîmes perçues à la vingt-deuxième gerbe, sur le seigle, le froment, l'orge, l'avoine, les fèves et le chanvre, mais non sur le maïs ni sur le sarrazin. On percevait ces dîmes dans tout le territoire d'Oussia et du Pontd'Ain, même h Toile, lia me au réuni maintenant à la commune de Neuville. On n'en percevait point à Varambon ni à la Madeleine.
Le prieur devait aux religieux de Gigny, comme a dit Guichenon, sept florins d'or pour droit de responsion annuelle. Sur son refus de satisfaire à cette charge, il fut appelé en justice en 1572, et condamné, en 1603 et encore en 1652, par sentences du bailliage de Bresse. En conséquence, M. de Faletans paya jusqu'à la fin 10u 10'* au noble chapitre. Il paya aussi annuellement, au clergé de Bresse, une somme variable de 12 à 15 fr., pour décimes ou don gratuit.
Art. XXII. — Prieuré de Poitte.
g 1. D'après une tradition locale, le prieuré de Saint- Vincent de Poitte aurait existé à un kilomètre environ au sud de ce lieu, dans un pâturage communal qui port ' le nom de Vicour. Ou trouve, en effet, dans cette localité, des indices de plusieurs habitations anciennes, des monceaux de pierres